Olivier Véran sur la vaccination : « Les complotistes, on ne peut pas les forcer, ce serait trop compliqué ! »

8 juin 2021 | Société

6 juin 2021 – Olivier Véran : « Il y plus de 80 % des Français à être convaincus par la vaccination, mais il y a une part d’eux qui hésite, mais qui se feront vacciner bientôt. »

Si près de 28 millions de Français ont reçu au moins une dose, pourquoi Olivier Véran compte-t-il 80 % d’hésitants ? Sans doute parce qu’ils sont moins de 14 millions à être entièrement vaccinés. Donc notre ministre a raison : ce sont 80 % des Français qui hésitent à subir la première ou la deuxième injection. 

Il y a les bons Français et… les autres (mais très peu)

« Ceux qui ont peur, dit-il, il faut les rassurer. Leurs médecins traitants sont là pour ça. Les autres, très peu nombreux, mais très visibles, sont les complotistes. On ne va pas les forcer, parce sinon ce sera, ce serait, à mon avis, très compliqué. En revanche il faut ne pas leur donner une caisse de résonance trop importante, parce que leur objectif, c’est créer de l’inquiétude et de l’angoisse, faire partager ce qui confine parfois au délire collectif. »

Comment faire disparaître l’opposition : ne  pas en parler

Quant aux complotistes qui refusent par principe le vaccin anti-Covid, « on ne va pas les forcer, parce sinon ce sera… ce serait ». Le futur usé de prime abord, c’est ce qui nous attend, mais, pour l’instant, Véran préfère  employer le conditionnel. Pour l’instant ! Forcer des gens à se faire vacciner n’est pas un problème moral, c’est seulement trop « compliqué ». Et surtout ne jamais employer le mot « difficile » — car une difficulté peut être morale ou dépasser les compétences, tandis qu’avec quelque chose de compliqué on trouve toujours une solution. Véran l’a d’ailleurs trouvée cette solution : pas de « caisse de résonance aux complotistes », ne plus leur donner la parole. Et hop ! disparus les problèmes ! 

La vaccination, pas la révolution

Les complotistes font peur. Pas Macron, puisqu’il a troqué les LBD contre des directives sanitaires qui font moins peur. La solution est la vaccination. Surtout pas la révolution. Cette fois, ce ne sont plus les Gilets Jaunes qui sont visés, mais les enfants. Ils sont les premières victimes de l’angoisse diffusée par les médias et les administrations. Une psy analyse la situation : « Et que dire de ces messages véhiculés dans les médias, les réseaux sociaux, les affiches dans la rue, le métro, les publicités en tous genres dans lesquels les enfants sont considérés comme potentiellement responsables de la contamination de leurs parents ou grands-parents, et éventuellement de leurs morts ?  Qu’intègrent ces jeunes à travers ces messages effrayants ?  »

Des psy comme à la télé, des vaccins… sinon pas de vacances 

Macron avait promis des consultations pour les 3-17 ans par télétransmission — quels beaux jeux en perspective lors d’une séance avec un petit ! Et surtout quels psy vont être assez irresponsables pour accepter de travailler dans ces conditions ? Aux 12-18 ans, plus sérieusement, Véran offre un vaccin à partir du 15 juin. Ils pourront partir en vacances tranquilles, sinon gare au virus et surtout aux douaniers et contrôleurs divers !

La vaccination, un choix démocratiquement imposé

Avece 8,6 millions de voix au 1er tour, le dynamique Macron a acquis le droit de vie ou de mort sur la totalité des Français. (Les 20,7 millions de voix au 2e tour n’ont pas voté pour lui, mais plutôt contre Le Pen.) Par exemple, c’est Macron qui décide ce que les médecins ont le droit de prescrire. Avec 14 millions de personnes vaccinées, le virus — un peu essoufflé — a tout aussi démocratiquement droit de vie ou de mort sur les Français. Pourquoi pas ? on a pris l’habitude.

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.