Les aventures de Macron. Épisode 1 : de l’enfance à la commission Attali

Politique

mise à jour le 30/03/21

Macron et Attali

« Une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. »
Discours du 29 juin 2017, à Paris, pour l’inauguration de la Station F, Emmanuel Macron

Lors de la fête de passation de pouvoirs à l’Élysée, un invité, qui trouve à Jean-Michel Macron une vague ressemblance avec « Emmanuel », vient se présenter à lui

– Ça n’arrive pas à tout le monde d’être le père d’un président qu’on installe…
Non, sans doute, répond Jean-Michel Macron, glacial. Puis, regardant sa montre : « Vous savez si ça dure longtemps ? »

Pas de mère, mais une grand-mère

En 1976, les parents d’Emmanuel Macron perdent une petite fille mort-née. Un an après, le bébé qui naît n’arrive pas à la remplacer. C’est sa grand-mère maternelle, une femme au caractère écrasant, qui l’élève comme son fils. Manette (Germaine Noguès), qui fut principale de collège, lui enseigne le goût du travail et la discipline. Elle lui fait découvrir la littérature. Il se voudra écrivain pour lui plaire. Fille de paysans illettrés, elle l’éduque dans l’idée qu’on s’élève dans la société en coupant avec ses racines. Gaffes révélatrices de préjugés de classe, expressions désuètes, parfois inusitées, Manette continue de parler à la place d’Emmanuel. D’où les ouvrières « illettrées » et les gens « qui ne sont rien ».

Pas de père, mais un grand-père

Quand Emmanuel se marie avec Brigitte Trogneux, professeur de lettres, de 24 ans son aînée, il est à la fois le fils de Germaine Noguès, 91 ans, et de Henry Hermand, 83 ans, qui est son témoin. Ce millionnaire, rencontré lors d’un stage effectué dans le cadre des études à l’ENA, l’emmène en vacances à Tanger…, lui offre son carnet d’adresses, finance le mouvement En Marche, le dirige et… l’infantilise, s’il en était besoin. Son père et sa mère, tous deux médecins, réprouvent l’union à cause de la différence d’âge. En revanche Manette l’approuve. Ce mariage dans le milieu enseignant permet à Emmanuel, en restant à la place de l’élève, d’éviter les responsabilités d’un adulte.

Je mens, donc je vis

A 15 ans, il joue (mal) l’épouvantail bourré de paille (dans « La comédie du langage » de Jean Tardieu). Après son élection à la présidence, son père, toujours bienveillant, déclare : « Emmanuel est un grand acteur, un séducteur. C’est utile en politique » avant de terminer de fustiger l’omniprésence de son fils dans la presse people par c’est « son problème ».
Voici le portrait qu’en dresse une de ses anciennes camarades de classe — sans doute un peu amoureuse pour être aussi indulgente : « C’était quelqu’un qu’on remarquait pour son amour sincère et réel de la langue, de la poésie, de la culture. Il avait cette tignasse blonde, un peu échevelé, ses yeux clairs, habillé souvent en noir. On avait étudié Ruy Blas de Victor Hugo. Il était volontaire pour le lire à voix haute. Il avait cette voix chaude… Je le voyais un peu en auteur dramatique, en poète maudit. »

Une couche de vernis culturel

Après deux échecs au concours de l’Ecole normale supérieure, un bref secrétariat (référencement, correction) chez Paul Ricœur, il prétend avoir soutenu une maîtrise de philosophie auprès d’Etienne Balibar qui n’en a aucun souvenir. Quelques citations erronées de philosophes n’en feront pas un philosophe.

Un des premiers de l’ENA… dans un classement truqué

Sorti en 2004 parmi les tout premiers de l’ENA dans la promotion « Léopold Sedar Senghor », Emmanuel Macron rejoint à 27 ans la très élitiste Inspection des finances.
Cette arnaque a été dévoilée par un arrêt du 10 janvier 2007 du Conseil d’État qui a annulé le classement. Les sujets d’examens avaient été donnés aux élèves privilégiés, ceux qui sont sortis les premiers. Officiellement Macron ne fait donc pas partie de l’Inspection générale des finances. « En même temps » il en fait partie…

Aucun ami, mais un réseau rentable

« Emmanuel est capable de tirer de chacun ce qui peut lui rendre service à lui… », analyse dans Le Monde le père du chef de l’État. En 2007, Emmanuel Macron à la Commission Attali « pour la libération de la croissance » (sic) se constitue un carnet d’adresses qu’il utilisera à la banque Rothschild. Yves de Kerdrel, un ex-membre de la commission, l’avait observé : « On voyait bien le futur banquier d’affaires qui avait compris qu’il y avait des personnalités, le président de Nestlé Monde, Peter Brabeck, Xavier Fontanet, président d’Essilor, Claude Bébéar, l’ancien président d’AXA, Philippe Tillous Borde, le président de Sofiprotéol. Il était comme un poisson dans l’eau. Il cherchait vraiment à se rapprocher des membres de la commission Attali. Il allait bien plus loin que son simple rôle officiel qui était celui d’être un rapporteur général adjoint. »

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.

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