Xavier Moreau – Stratpol : Bulletin N°76. Censure YouTube, bataille du Donbass, nouvel ordre économique

Géopolitique

mise à jour le 02/04/22

Au sommaire de ce bulletin N°76 proposé par Xavier Moreau, analyste politico-stratégique installé à Moscou : la guerre, les négociations, les sanctions et le rééquilibrage du monde.

Le point sur la guerre en Ukraine

Quelques succès de l’armée ukrainienne : à Berdiansk, un bateau a été touché et incendié ; en Russie, à Belgorod, 80 km au nord de Kharkov, deux hélicoptères ukrainiens volant à basse altitude ont incendié un dépôt de carburant)
Quelques faux succès concernant des localités libérées sans avoir jamais été prises par les Russes, comme Irpen et Kiev qui n’a jamais été un objectif.

Le front principal, à l’est

Le conseiller militaire de Zelenski, Arestovich, l’a avoué : la Russie a pratiquement détruit l’industrie militaire de l’Ukraine. L’aviation russe n’a plus rien à craindre de l’aviation ukrainienne. Kharkov est tenu par les ukronazis. Moins violemment qu’à Marioupol car les habitants, non russophones, ne sont pas considérés comme des sous-hommes.
À Marioupol les combats sont presque terminés. Il y a eu une tentative d’évacuer les chefs ukonazis de Marioupol. Sur 5 hélicoptères envoyés, 3 ont été détruits — dont 2 au retour,un tombé en mer, l’autre en zone contrôlée par les Russes. Il y a deux survivants

Les négociations

Le 29 mars, à l’occasion des négociations Ukraine-Russie en Turquie, les Ukrainiens voulaient un cessez-le-feu pour accumuler des ressources, de mobiliser davantage d’hommes. Les Russes ne sont pas tombés dans le piège et ont continué leur offensive. Ils ont fait croire à un geste de bonne volonté en enlevant des troupes autour de Kiev et en les repliant vers la grande offensive à l’est (Donbass, Dniepr et Zaporoje). Personne n’y a cru, car outre un redéploiement, c’était une rotation des unités (au bout d’un mois). Encerclés, les Ukrainiens, eux, ne peuvent pas être relevés. Les médias occidentaux ont interprété la relève comme une défaite russe (même les Russes y ont cru). Pour l’instant les négociations ne servent à rien qu’à laisser ouverte la porte vers de vraies négociations. Poutine les a confiées à Medinski, ancien ministre de la Culture russe, ce qui prouve qu’il n’y attache pas beaucoup d’intérêt actuellement.

L’échec des sanctions économiques occidentales

Sanctions financières : les exportations russes seront payées en roubles
Le gaz sera payé en roubles dans quinze jours par les pays hostiles. Ainsi, en France, Engie pourra acheter du gaz russe après avoir acheté des roubles. Idem pour les achats d’acier et de blé (en Algérie). Crypto monnaies, transferts d’argent informatisés, il est toujours possible de contourner les sanctions financières.

La Russie va produire ce qu’elle importait (plan de 2 à 4 ans)

Dans deux ans le remplaçant de l’A-320, le MS-21 sera produit avec le moteur PD-14. Plus aucune pièce détachée ne sera importée d’Europe. La cadence de production des super jet100 sera accélérée. En attendant, les avions en leasing en Russie, séquestrés par l’Etat russe, continuent à être loués, mais en roubles, donc la société irlandaise qui les possède ne sera pas payée.

Le rouble se stabilise

Les conséquences économiques et industrielles pour l’Europe sont graves. En revanche les États-Unis continueront à importer des engrais, de la potasse. Dans quelle monnaie ? en roubles ?
Le rouble est stabilisé au niveau d’avant le début de la guerre. Le problème est que la banque centrale russe a fixé un taux d’intérêt très élevé (20 %) pour empêcher l’inflation. Conséquence : cela paralyse la vie économique.

Rééquilibrage du monde

Symbole du rééquilibrage des alliances, la tournée de Sergueï Lavrov l’a conduit en Chine où il a rencontré, outre son homologue chinois, son homologue pakistanais. Il vient d’arriver en Inde.

Les sociétés françaises sont le premier employeur étranger en Russie (170 000 salariés). Muniez, Renault ont été menacés par l’Occident, mais ils restent en Russie. BASF a déclaré que l’Allemagne ne pouvait pas se passer des hydrocarbures russes.
Zelensky n’a menacé aucune société italienne ou allemande, mais en France il a été agressif, car il sait que le Parlement français est parfaitement soumis à Washington. La totalité des députés s’est levée pour applaudir Zelensky qui menaçait nos entreprises.

Pourquoi l’intervention russe en Ukraine ?

Comme les États-Unis, l’Allemagne a aussi expérimenté dans des laboratoires en Ukraine. Hunter Biden, le fils de Joe, était mêlé à la fabrication d’armes bactériologiques destinées à être pulvérisées par des drones Bayraktar. Tout contribue à justifier l’intervention de la Russie en Ukraine.
Même BFMTV a dû reconnaître que les Russes sont 83 % à soutenir la politique de Vladimir Poutine.

Le Média en 4-4-2.

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