Pour Roland Lescure, LREM, les voix pour Macron comptent plus que les vies

Politique, Portraits

mise à jour le 14/04/22

Roland Lescure, député LREM des Français établis hors de France, défend le candidat Macron face à Myriam Palomba dans TPMP du 12 avril 2022: « Le QR code que vous mentionnez a sauvé des milliers et des milliers de voix… de vies, pardon. » Loin de se démonter, l’homme valide son lapsus en affirmant que oui cela a sauvé des voix. (Voir vidéo ci-dessous.) Qui est cet amoureux du genre humain qui confond les vies et les voix ?

Pantouflage et magouillages

Roland Lescure est tout d’abord un pantouflard. Il a évolué du ministère de l’Economie et des finances, à l’Insee, à la Caisse des dépôts et consignations. Ensuite il passe au privé — c’est la définition du pantouflard type — directeur général délégué de Natixis Asset Management, puis, en 2006, directeur général adjoint de Groupama. Il termine son ascension en 2009 comme premier vice-président d’un des plus gros fonds de pensions du Québec, la Caisse de dépôt et placement du Québec (revenus : 3,7 millions d’euros bruts/an). En 2017, il « assume totalement » avoir doublé ses investissements dans les paradis fiscaux.

Élu député sans représenter personne

En 2017, Roland Lescure est candidat LREM à la députation. Il est élu au premier tour dans la première circonscription aux États-Unis, mais le taux d’abstentions record de 81,36 % nécessite un second tour. Il le remporte alors que le premier record est battu avec 86,93 % d’abstentions. Ce député a été élu en toute démocratie avec 9,82 % des inscrits de sa circonscription.

Roland Lescure représente BlackRock et Cie

On ne peut que saluer son désintéressement : démissionner d’un des plus gros fonds de pension pour n’être plus qu’un simple député ! Porte-parole de La République en marche (LREM) et président de la commission des affaires économiques à l’Assemblée, Roland Lescure appelle la majorité à « aller plus loin et plus fort ». Premier tabou à détruire : les retraites par répartition. « Nous devrons enfin mettre en œuvre la réforme des retraites, en y intégrant un fonds de pension public. » Pour cela, BlackRock a les portes ouvertes à l’Élysée depuis le 25 octobre 2017. Dans la même vision mondialiste, Roland Lescure, à l’occasion du forum de Davos de 2018, plaide pour « simplifier radicalement la vie des entreprises françaises, pour leur permettre d’investir, de créer de la valeur et des emplois et d’atteindre ainsi la taille critique permettant de bénéficier de la mondialisation ». Les PME lui ont été très certainement reconnaissantes de se pencher sur leur sort…

Roland Lescure, le 14 avril 2021, à la question « La loi PACTE est-elle donc le reflet d’un changement de fond de la perception de l’entreprise ? » répond en novlang (la langue de Davos) : «  Ce mouvement existe déjà ailleurs, un peu partout dans le monde, avec un cercle vertueux dans lequel l’ensemble des acteurs (entreprises, investisseurs, actionnaires, consommateurs) sont embarqués. Vous avez cité plus haut BlackRock. On aurait pu mentionner la Caisse de dépôt de placement du Québec ou encore le fonds souverain Norvégien en avance sur ces sujets – et notamment sur celui du climat. […La loi Pacte] doit se lire comme une véritable stratégie Française de compétitivité au sein de l’Europe mais comme pouvant devenir une stratégie européenne au sein du monde afin de faire émerger un modèle capitaliste européen dans lequel la responsabilité sociétale des entreprises fait partie de la marque de fabrique de l’Europe. » C’est beau comme du Klaus Schwab !

Voilà, on a fait beaucoup de détours pour vous présenter le maladroit qui a répondu à Myriam Palomba que les voix comptaient plus que les vies, mais quand on connaît son parcours, on comprend mieux son lapsus.

Jacqueline pour Le média en 4-4-2.

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