Le plan de relance économique de Macron : éviter les faillites massives avant la présidentielle de 2022

Économie, Politique

mise à jour le 08/05/21

plan de relance pour les présidentielles de 2022

D’après l’économiste Philippe Herlin, le plan de relance économique de Macron ne serait qu’un calcul politique visant à éviter les faillites massives d’entreprises avant l’élection présidentielle de 2022.

Alors que seulement 30 milliards d’euros sur les 100 du plan de relance ont été engagés et que la France n’a toujours pas reçu le premier versement au titre du plan de relance européen, Emmanuel Macron évoque déjà un possible soutien supplémentaire.

Le gouvernement n’écarte plus un deuxième plan de relance
➡️Bien sûr, il faut éviter que l’inévitable tsunami de faillites ne se produise avant l’élection présidentielle ! Alors allons-y, endettons-nous encore plus…https://t.co/wZqebUijx0

— Philippe Herlin (@philippeherlin) May 3, 2021

« L’objectif de Macron n’est pas de relancer l’économie »

Des conditions permises par la politique monétaire ultra accommodante de la BCE qui, en plus de garder des taux proches de zéro, a acheté « la quasi-totalité » du surplus de dettes causées par le Covid-19, note Philippe Herlin. Le bilan de l’institution dirigée par Christine Lagarde avoisine les 7 500 milliards d’euros. Une somme qui représente les deux tiers du PIB de la zone euro.

« Ma conviction est que l’objectif de Macron n’est pas de relancer l’économie. Il veut éviter une vague de faillites avant la présidentielle », estime pour sa part Philippe Herlin.

Philippe Herlin met en avant le différé d’un an accordé pour les remboursements des prêts garantis par l’État (PGE). De quoi, selon lui, gagner du temps et éviter un certain nombre de faillites. Au 16 avril, 137,3 milliards d’euros avaient été accordés par les banques avec une garantie de l’État. La très grande majorité des prêts avaient été octroyée à de très petites entreprises (88,48%).

De très nombreuses sociétés françaises avaient cependant contracté de précédents prêts, s’ajoutant aux PGE.

Le 28 avril, François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), y allait d’une triste prévision:

« Sur douze mois glissants à partir du moment où on va commencer à débrancher les mesures de soutien, on estime que la sinistralité peut osciller entre 65 000 et 100 000 défaillances d’entreprises. »

D’après Philippe Herlin, le gouvernement en est bien conscient et cherche des moyens de distribuer davantage d’argent public. Dans le cas contraire, « cela pourrait condamner Macron ».

« Les faillites interviendront après »

Il n’y a pas qu’au sommet de l’État que l’on appelle à remettre la main à la poche. A l’instar de Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, et de Jacques Creyssel, patron de la Fédération du commerce.

Quoi qu’il en soit, Philippe Herlin pense que la vague de défaillances d’entreprises est « inévitable ».

Il prévient que ces orgies de liquidité permises par « la planche à billets » des banques centrales ne sont pas sans risques et pourraient conduire à « un dérapage des prix ». « On le constate déjà sur les matériaux de construction, les matières premières ou le pétrole », alerte l’économiste.

« Une crise obligataire ou économique et sociale »

Il rappelle qu’un tel contexte engendrerait une montée des taux qui obligerait les États à réduire la voilure budgétaire. De quoi mener à une crise de la dette comme celle qui a touché plusieurs pays européens à la suite de la crise financière de 2008 ?

« Difficile d’en prévoir la forme. On pourrait avoir affaire à une crise obligataire ou économique et sociale. Car il faudra fermer le robinet […]Il suffirait de tout rouvrir tout de suite sans contraintes pour relancer sainement l’économie sans que cela coûte d’argent public. Les Français devraient avoir épargné 200 milliards d’euros de plus d’ici à la fin 2021 », souligne Philippe Herlin.

Ce dernier se méfie du calendrier de réouverture diffusé par le gouvernement:

« Pour le moment, il ne s’agit que d’annonces. Nous n’avons aucune certitude que tout sera rouvert pour l’été. De plus, on nous parle déjà de passeport sanitaire. »

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