Mort du prince Philip, vie et fortune de la famille royale

Philip, duc d’Edimbourg, prince consort, est mort quasi centenaire. Si le Covid est responsable de ce décès prématuré, le service de presse de la famille royale n’en a rien laissé transparaître. Il s’agit du deuxième deuil national après celui de février, lors du décès du capitaine Tom Moore, frappé par le Covid à la fleur de l’âge (100 ans.) 

La plus riche famille de Grande-Bretagne

Le prince consort est décédé dans une aile du château de Windsor, le plus grand château habité au monde (55 000 m2). Cet événement est l’occasion de se pencher sur le sort de cette famille. Là, on ne va plus calculer en mètres carrés, mais en milliards (88 milliards). Ça, c’est pour l’ensemble de la famille. Elle ne figure pas dans le classement des plus grosses fortunes de Grande-Bretagne, et pourtant…

Elizabeth II tire ses revenus du duché de Lancaster (18 000 hectares de terres agricoles, centres commerciaux, entrepôts, bureaux et des quartiers entiers de Londres). Lui appartiennent également le palais de Holyroodhouse, Frogmore House, le château de Balmoral, Sandringham House et Kensington Palace.

Charles, prince de Galles, possède le duché de Cornouailles (un milliard d’euros d’actifs, dont il a seulement l’usufruit). Cela comprend des terres, des biens immobiliers, la forêt de Dartmoor, une ferme spécialisée dans l’agriculture bio, une entreprise de produits alimentaires, le stade de cricket d’Oval et, surtout, un portefeuille d’actions et d’obligations géré par des banquiers de la City. Tout cela a rapporté au prince Charles près de 25 millions d’euros pour 2019-2020, soit une hausse annuelle de 3 %. Il s’est convenablement sorti de la crise du Covid.

Charles, un ardent profiteur du changement climatique

Les Paradise Papers révèlent que le duché de Cornouailles, domaine privé du prince Charles, a acheté des actions Sustainable Forestry Management (SFM) en février 2007. L’un des directeurs de SFM était feu Hugh van Cutsem, banquier millionnaire, l’un des amis les plus proches du prince. La société souhaitait commercialiser des crédits carbone (un marché créé par des traités internationaux pour « lutter contre le réchauffement climatique ») provenant de forêts tropicales et subtropicales. Elle s’est heurtée à deux accords sur le changement climatique, le système communautaire d’échange de quotas d’émission (SCEQE) et le protocole de Kyoto, qui excluent les crédits carbone provenant des forêts tropicales.

Après l’achat d’actions SFM par le duché, pour faire pression pour un « changement de politique » sur les crédits carbone, des documents de lobbying sont envoyés au bureau du prince. Un mois plus tard, ce dernier prononce un discours dans lequel il critique le SCEQE et le protocole de Kyoto. Malgré sa campagne très médiatisée, les accords environnementaux n’ont pas été modifiés.

Charles veut un Big Reset de l’environnement

Le Prince de Galles, cet amoureux de la nature, a rejoint le Forum économique mondial de Davos en 2020 en jet privé. Lors du lancement de la Grande Réinitialisation, il a insisté sur la chance qu’a l’humanité de créer un monde plus durable et plus équitable dans le sillage de la pandémie de coronavirus Covid-19 :

« Il y a une occasion en or de tirer quelque chose de bon de cette crise… les crises mondiales ne connaissent pas de frontières, et soulignent à quel point nous sommes interdépendants en tant que peuple partageant une seule planète.[…] Si nous ne prenons pas les mesures nécessaires, et si nous ne construisons pas de manière plus verte, plus inclusive et plus durable, nous aurons alors de plus en plus de pandémies. »

Selon le rapport Oxfam du 8 décembre 2020, la moitié la plus pauvre de la population européenne ayant réduit ses émissions de près d’un quart (24 %) et les citoyens « à revenus moyens » de 13 %, ce sont les 10 % des citoyens européens les plus riches qui ont été responsables de plus d’un quart (27 %) des émissions de CO2, soit la même quantité que la moitié la plus pauvre de toute la population de l’Union européenne.

Le prince Charles, en fervent défenseur de l’environnement, a certainement tiré les conclusions qui s’imposent : il n’utilise plus désormais que British Rail et distribue ses actions carbone aux pauvres de son royaume planétaire.

 Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.