Menu étudiant à 1 € : la charité à la sauce Macron ne nourrit pas

15 février 2021 | Santé, Société

Affamée par la disparition des petits boulots, la population étudiante bénéficie de l’aide de l’État qui les renvoient, pour ceux qui habitent loin des Resto’U du Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires), aux Restos du cœur,  au Secours Populaire, à la distribution de colis alimentaires chez Linkee et chez Carrefour avec des bons alimentaires. Quant à ceux qui habiteraient tout près d’un Resto’U, le Crous offre généreusement un substantiel repas pour un euro (et va même jusqu’à deux collations par jour pour deux euros !). Une mesure réservée l’an dernier aux boursiers, mais qui a été élargie à tous les étudiants. Ils l’ont bien mérité.

Le repas devient casse-croûte à emporter

En 2020, le Crous annonçait plusieurs centaines de lieux de restauration « dans lesquels chefs et professionnels qualifiés élaborent des repas avec des produits frais et de qualité ». En 2021, l’offre a été modifiée : « Près de 400 points de vente sont aujourd’hui ouverts, avec une offre de plats chauds, “faits maison” par les équipes des Crous ». 

Les « chefs et professionnels » sont à présent des « équipes » et les « produits frais et de qualité » des « plats chauds, “faits maison” ». Et finalement les « plats chauds » sont devenus des « plats à réchauffer ». On progresse. De la même façon que le chèque psy est une téléconsultation et non une vraie consultation face à face, le repas étudiant à 1 € n’est que de la vente à emporter. Pas un vrai repas assis.

L’accueil dans les locaux habituels se fera dans le strict respect d’un nouveau protocole sanitaire (distance de deux mètres entre les convives, tablée de quatre au maximum, port du masque pour se déplacer, pas de fourniture de plateaux ou de couverts) et ce, pour un pur moment de convivialité !

Le danger est dans l’assiette

Sur la photo qui circule, les raviolis feraient, avec le yaourt, 400 cal (750 à 1200 cal sont recommandés par repas). Là où il faudrait viande, légumes, féculents, fruit et yaourt, on a des raviolis et un pauvre yaourt (oui, mais toujours Danone !). Quant à la composition, on y trouve les additifs habituels qui prouvent que tout ce qui est autorisé ne devrait pas être permis. Les voici :

E472e Considéré sans danger, mais pas de façon unanime (matières premières recourant à de l’huile de soja transgénique, huiles industrielles potentiellement hydrogénées donnant des acides gras trans…).

E471 Pourrait augmenter la perméabilité de la barrière intestinale et favoriser les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, une adiposité accrue et le développement de diabètes. Il pourrait aussi perturber l’équilibre de la flore intestinale, favorisant les réactions auto-immunes. L’inflammation intestinale chronique qu’il occasionne pourrait promouvoir l’apparition d’un cancer du côlon.

E407 Certaines publications scientifiques sur les carraghénanes ne sont pas très rassurantes. Chez l’animal, cet additif provoquerait des ulcérations au niveau du côlon ainsi que des phénomènes inflammatoires dans différents tissus. Il pourrait aussi favoriser la résistance à l’insuline.

E410 Des réactions allergiques ont été rapportées (asthme et rhinite). À fortes doses, ballonnements, flatulences, effet laxatif peuvent être observés. Certaines études évoquent une moindre absorption des minéraux piégés par le maillage visqueux formé par la gomme de caroube. 

E466 La consommation de E466 pourrait occasionner une augmentation de la perméabilité de la barrière intestinale et favoriser les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, une adiposité accrue (syndrome métabolique) et des diabètes.

E331 Sa consommation peut entraîner de rares réactions allergiques chez les sujets sensibles aux moisissures. Aspergillus niger pourrait produire des mycotoxines. Cet additif cause des dommages aux dents, notamment chez les forts consommateurs de sodas

La malbouffe est-elle la même dans tous les Resto’U ?

Retrouve-t-on dans les Resto’U de la France entière les ingrédients de ce plat à réchauffer type ? On n’en a pas la preuve, mais pourquoi les médias mainstream se contentent-ils d’illustrer leurs articles avec une vieille photo d’archives représentant le plateau repas de naguère ? La comparaison avec ce que le Crous offre aux étudiants aujourd’hui serait-elle gênante ? 

Les étudiants ont-ils tort de se plaindre ?

Et sur les réseaux sociaux, on trouve toujours les mêmes gugusses qui beuglent que, vraiment, les étudiants exagèrent. Se plaindre des repas du Crous ! Bande de privilégiés ! 

Jacqueline pour « Le Média en 4-4-2 »