Laurent Bigorgne : un scandale de plus pour Macron

Humour, Politique

mise à jour le 16/04/22

Laurent Bigorgne, président de l'Institut Montaigne, ami de longue date d'Emmanuel Macron, est accusé d'avoir drogué sa proche collaboratrice. Pourquoi a-t-il fait cela ? Personne ne le sait. Et surtout pas la Justice, car il faut éviter la qualification d'affaire sexuelle. La victime a bien une petite idée. Encore faut-il qu'elle et son avocat soient entendus. Rémy, le pangolin ascendant chien truffier, a mené l'enquête sur Le Juste Milieu (vidéo ci-dessous).

Laurent Bigorgne invite Sophie Conrad, sa collaboratrice à l’Institut Montaigne et la sœur de sa première épouse, à dîner à son domicile. Il ajoute à son insu une drogue dans une coupe de champagne. Elle se sent mal, contacte une amie et réussit à partir. De retour chez elle, elle prend un taxi pour l’hôpital Cochin. Elle demande que des analyses soient faites pour savoir ce qu’elle a pu bien boire avant d’avoir ce malaise. On la dirige vers un commissariat, puis l’Hôtel-Dieu. La drogue qu’elle avalée est une amphétamine, du MDMA (ecstasy).
25 février : Sophie Conrad accuse l’ex-directeur de l’Institut Montaigne de l’avoir droguée. Aux policiers qui l’interrogent en garde à vue, Laurent Bigorgne explique qu’il consomme de la cocaïne à haute dose.

Des pressions pour protéger le président

9 mars : Sophie Conrad dépose plainte contre le directeur de la police judiciaire et la procureure de la République de Paris pour falsification de l’enquête, « obstruction à la manifestation de la vérité » et « faux en écriture publique ». Son avocat, Me Arié Alimi affirme que les deux personnes visées par cette plainte sont intervenues pendant la garde à vue de Laurent Bigorgne pour que les charges retenues contre lui soient moins lourdes. Sophie Conrad déplore une enquête incomplète et des faits « sous-qualifiés », regrettant que le « motif sexuel n’ait pas été reconnu ».
10 mars : le procès de Laurent Bigorgne pour « administration de substance nuisible suivi d’incapacité n’excédant pas huit jours » a été renvoyé au 10 novembre 2022.

Une justice défaillante

Le tribunal a ordonné un supplément d’information sur deux points : une expertise médico-psychologique de la victime afin de déterminer son incapacité temporaire de travail (ITT) et une expertise psychiatrique de Laurent Bigorgne. Le tribunal a débouté la partie civile de toutes ses autres demandes, qui visaient à obtenir l’ouverture d’une information judiciaire. Pour l’instant le motif sexuel n’est pas retenu… Pourtant Emmanuel Macron avait fait de la défense des droits des femmes son cheval de bataille en 2017 et… en 2022.

« Des actes ont été faits et ne figurent pas dans l’enquête », affirme par ailleurs Me Arié Alimi, comme les fadettes de Laurent Bigorgne qui ont été demandées mais ne sont pas dans le dossier. « Tout a été fait pour éviter de caractériser l’intention sexuelle et surtout qu’un lien soit fait avec des autorités politiques quelconques », assure l’avocat, estimant que la « principale personne protégée est le président de la République ».

Le prévenu, qui reconnaît les faits et a avoué être lui-même un consommateur régulier de cocaïne, encourt une peine de trois ans d’emprisonnement pour « administration de substance nuisible » si l’ITT de sa victime est inférieure ou égale à huit jours, et de cinq ans si elle est supérieure. Il dément en revanche avoir tenté d’obtenir par ce biais une relation sexuelle avec sa collaboratrice. [NDLR : On peut se demander pourquoi avoir mis de la drogue dans le verre de sa collaboratrice. Pour faire une bonne blague ?] Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’une femme porte plainte contre lui, mais la Justice n’a pas lié les deux affaires.

Laurent Bigorgne navigue dans la Macronie

L’Institut Montaigne, à Paris est un club de réflexion proche du Medef, présidé par Henri de Castries (président-directeur général d’AXA et président du comité de direction du groupe Bilderberg). En 2010, Laurent Bigorgne devient directeur de l’Institut Montaigne. Après Macron en 2014, c’est au tour de Laurent Bigorgne d’être invité, en 2015,  avec Henri de Castries, à participer au très restreint groupe Bilderberg, forum qui passe pour être une version « top secrète » de Davos. Le 22 juin 2016, Henri de Castries et Eric Labaye, directeur associé au Senior McKinsey&Company et président du McKinsey Global Institute, organisent un débat dans lequel interviendra Emmanuel Macron. L’Institut Montaigne s’est notamment positionné pour donner la priorité aux accords d’entreprises sur le code du travail, pour supprimer les allocations logement (APL) pour les étudiants non-boursiers, pour travailler plus sans gagner plus, rendre dégressives les indemnités chômage, supprimer la prise en charge du congé parental, etc. On peut dire que Macron s’en est fortement inspiré.

Bigorgne En Marche avec Macron

Laurent Bigorgne et Emmanuel Macron se connaissent depuis Sciences Po. Laurent Bigorgne est  « un proche ami » du président, disait-il en 2016 lors d’une interview sur France Inter. Il lui est resté fidèle : En Marche a été domicilié au domicile privé de Laurent Bigorgne et de sa compagne Véronique Bolhuis, d’ailleurs présidente du mouvement. Laurent Bigorgne conseille Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, et élabore une partie de son ­programme en matière d’éducation. En juin 2018, il devient membre du Comité action publique 2022, installé par Édouard Philippe pour concevoir le projet de réforme de l’État. La Macronie resserre donc les rangs pour protéger un des siens.

Le Média en 4-4-2.

partage cet article !