Ecologie : Le président Macron a-t-il la lumière à tous les étages ?

Décryptage, Environnement, Politique

mise à jour le 27/07/22

Le 14 juillet, le détail qui tue vous a-t-il échappé ? Cela ne vous aura pas échappé qu'il ne s'agit évidemment pas d'écologie mais d'économie. Le narratif consiste à nous faire croire que l'on doit participer à l'effort de guerre en nous abstenant de consommer.

Je ne doute pas que vous aviez mieux à faire que de regarder la télé, mais peut être avez-vous entendu quelque part que celui qui nous sert de président là, en plein milieu de la fête nationale, il nous a encore fait un discours pour le moins gratiné : le type, il a bien essayé de la faire à l’envers aux Russes, mais comme c’est finalement lui qui se prend les pieds dans le tapis et que la France est ruinée, c’est au peuple qu’il demande de payer l’addition.

Passez-vous de chauffage, « la France doit rentrer collectivement dans une logique de sobriété » qu’il a dit ! Je sais pas trop ce que vous en pensez, mais moi je dis, y’a comme un manque de savoir vivre. C’est un peu comme si tu demandais à ta copine de payer le resto parce que tu venais de te fritter avec le serveur, et que tu t’es pris la soupe dans la gueule en essayant de la lui balancer. Sauf que vous êtes tous bien attentifs, et vous n’avez pas manqué de voir qu’en pleine journée, le palais présidentiel était tout éclairé. Moi, je vous dis que question doigt d’honneur, Zemmour à côté, c’est de la figuration. Surtout que pour ce qui est des économies, quand tu claques 35 patates par an rien que pour chauffer l’Elysée, je crois qu’il vaut mieux éviter de trop se la ramener.

Lançons-nous sur la toile pour creuser un peu le sujet des dépenses énergétiques des rhinocéros, ces gros ongulés qui nous gouvernent.

Eh bien, figurez-vous que s’il y a bien un truc qui fait tache en la matière, ce sont les voyages officiels. Parce que l’on ne va pas se le cacher, Jupiter, pour ses déplacements, il est pas du genre à partager une banquette skaï 2e classe avec la Brigitte, par 40°C, dans un TER tout pourri de la ligne Boulazac-Chèvremont. Non, Manu, c’est plutôt le genre à se servir une petite coupe à la fraîche dans un jet d’affaires à 40 000 pieds au-dessus de ses compatriotes. L’étiquette, vous l’aurez compris. Eh bien, figurez-vous qu’elle nous coûte de plus en plus cher : 4,4 millions d’euros en 2021 rien que pour les voyages aériens du président et de la première « dame » de France. Deux fois plus qu’en 2021 ! C’est sûr que si t’es dans la moyenne et que tu rapportes ça à tes 280 balles annuels de budget voyage pour prendre un peu l’air avec la famille l’été, ça doit quand même te faire un tantinet claquer des chicots tout ce budget.

Et bon, comme le diable est niché dans les détails, je vous ai quand même passé à la loupe les raisons de cette dépense stratosphérique. Alors déjà, il faut savoir que l’A330 présidentiel, il n’est pas conduit par un pilote Uber et réparé au garage du coin, si vous voyez ce que je veux dire. Avec un coût d’utilisation qui dépasse les 20 000 euros par heure de vol, autant dire que ça permet d’une certaine façon de relativiser les 2,10 € du litre d’éthanol E85 que t’infliges à ta bagnole pour faire des économies. Et encore, je ne sais pas si tu t’en doutes, mais ces trajets aéronautiques ne représentent qu’une part minoritaire du coût total des déplacements présidentiels (48 % pour être précis). En tenant compte des voyages par la route, c’est-à-dire du véhicule de Macron et de toute sa clique sécuritaire qui l’entoure, les 106 déplacements du cortège présidentiel de 2021 ont coûté 10,5 millions d’euros. En 2019, c’était même encore plus : 14 millions ! Pourtant, contrairement au tour de France, ils ne nous refilent pas du sauciflard et des porte-clés à la sauce Buitoni quand ils ont l’amabilité de passer devant chez nous.

Question garage, ne croyez pas non plus que les ministres de Sa Majesté sont en reste, car vous auriez tort de penser que le nombre d’avions disponibles pour ces messieurs du gouvernement se limitent à l’A330 du président. En 2020, c’est le ministère des Armées en personne qui nous a révélé que l’exécutif dispose d’un total de dix aéronefs pour ses déplacements officiels. Si les trois hélicoptères Super Puma et les deux Falcon 900 acquis dans la fin des années 80 restent encore relativement modestes, le gouvernement s’est gracieusement doté avec Sarkozy de deux Falcon 2000 et de deux Falcon 7X, des avions affichant tout de même un prix catalogue d’environ 54 millions de dollars. Le coût horaire d’utilisation de toutes ces belles machines varie quant à lui de 3 600 à 4 800 euros. A ce prix-là, autant te prévenir, c’est pas avec les 2 % d’augmentation du SMIC au 1er août que tu vas offrir un Paris-Nice à ta gonzesse, mon pote.

En plus, vous allez rire, mais il y a eu quelques dérapages. Allez, une petite poilade, ça ne fait jamais vraiment de mal, on vous les livre en 4 4 2 :

– En 2008, Estrosi, nous a loué un avion privé pour revenir in extremis de Washington afin de participer à un pot à l’Élysée. Coût du trajet : 138.000 euros ;

– Deux ans plus tard, c’est Joyandet qui faisant de même pour se rendre incognito-expresso en Martinique : 116.500 euros le bifton ! Et c’est nous tous qui l’avons payé ;

– En 2011, Fillon et Sarko empruntaient, quant à eux, les Falcon et les Super Puma de la République pour leur week-ends privés respectifs dans la Sarthe, en Égypte et à New York. Silence de la presse et des autorités du coût qu’ont représenté au contribuable leurs escapades princières.

– En 2015, c’est Valls qui se fait gauler à voyager en famille au frais de la princesse pour aller mater avec ses rejetons une finale du Barça à Berlin. 15 000 boules de frais, même pas inquiété le garçon. Toi tu voles 50 balles à ton patron, tu finis à la porte avec un procès au cul ; lui il s’en tire peinard en expliquant aux journalistes français qu’en bon catalan, il aime beaucoup l’équipe de Barcelone.

– Et c’est avec l’affaire Philippe que l’on atteint l’Everest, les gars. En 2017, le Premier ministre du moment exige de recourir à un vol privé Tokyo-Paris à 350 000 balles pour le ramener plus vite et plus confortablement de Nouvelle-Calédonie, alors même qu’un A340 gouvernemental était présent sur place.

Cette dernière polémique aura tout de même eu le mérite de dézinguer le projet hallucinant de Macron de s’offrir un Airbus A319neo pour un montant estimé entre 130 et 150 millions d’euros.

C’est bien comique tout cela, mais je sens que ça en énerve certains. Rassurez-vous, on a tout prévu : on vous a déniché un petit outil qui devrait quand même vous permettre de bien vous défouler : le site ADS-B Exchange est une base coopérative qui permet de suivre les vols du monde entier sans qu’il n’y ait de filtre appliqué sur les avions militaires ou certains avions privés.

Allez hop, une simple petite recherche sur les deux Falcon 7X du Président, et vous verrez que le 20 juillet, soi à quelques jours de son discours, l’homme pressé Macron a mobilisé deux Falcon de la République pour se rendre en Gironde et parler climat. C’est important l’écologie ! Au retour, il n’en a remprunté qu’un seul pour aller se montrer sur la 18e étape du Tour de France, le second Falcon étant pour sa part parti se positionner à Tarbes.

Bref, les amis, vous avez là un outil qui vous donne matière à présenter aux plus hypnotisés qu’en leur demandant de se passer du gaz russe, c’est avec du kérosène que la caste est en train de leur pisser dessus.

Sylvain pour Le Média en 4-4-2

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