Covidologie pour les nuls

8 avril 2021 | Humour, Santé

En ces temps de Covid, il est  quasi impossible de trouver les réponses aux questions que nous nous posons sur la pandémie. Heureusement diverses hautes autorités — que nous révérons — veillent à nous procurer les bonnes informations. Si nous ne suivons pas toujours parfaitement leurs raisonnements, c’est que nous ne sommes pas à leur hauteur, c’est certain.

Pourquoi la Covid-19 est dangereuse ?

Réponse du gouvernement : la Covid-19 est un virus dangereux parce qu’il est très contagieux. Le rhume aussi est contagieux, diront de ricanants complotistes.

Existe-t-il un traitement pour la Covid-19 ?

Réponse du gouvernement : il n’existe pas encore de traitement spécifique efficace, validé et approuvé contre le virus. À ce stade, l’efficacité de la chloroquine, de l’hydroxychloroquine ou de l’azithromycine dans le traitement de l’infection au COVID-19 n’a pas été scientifiquement démontrée. 

Le Haut Conseil exclut pour le moment toute prescription dans la population générale et pour des formes non sévères.

Pour l’IHU Marseille il existe un traitement (hydroxychloroquine + azithromycine) « pour tous les patients infectés, dont un grand nombre peu symptomatiques ont des lésions pulmonaires au scanner, à proposer au plus tôt de la maladie, dès le diagnostic ».

Point de vue officiel : le traitement à base de chloroquine ne peut être prescrit que pour des formes graves. Point de vue de l’équipe du Pr Raoult : plus c’est administré tôt, mieux c’est.

Résultat :
Taux de létalité : 0,4 % à l’IHU Marseille contre 18,43 % sur l’ensemble de la France.

Coronavirus : comment se soigner à la maison ?

Réponse de Top Santé (groupe Reworldmedia, 12 % Rothschild, etc.) : on ne peut pas se soigner à la maison. Il n’y a actuellement aucun traitement. On ne peut que de limiter les symptômes désagréables, fièvre, maux de gorge. Pour cela, une seule chose à faire : prendre du paracétamol.

Le Rivotril : soin palliatif ou euthanasie ?

Le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, créé par le ministère des Solidarités et de la Santé, nous explique que pour la prescription de Rivotril, comme pour celle du midazolam, provoquer ou accélérer le décès n’a jamais été la finalité.

Comme on ne croit personne sur parole, allons jeter un œil sur le Vidal, cette Bible des praticiens, écrite par les laboratoires.

Vidal, à la rubrique contre-indications du Rivotril, prévient : « Ce médicament ne doit pas être utilisé dans les cas suivants : insuffisance respiratoire grave […] »

Pourtant le décret du 29 octobre 2020 conseille son utilisation pour « la prise en charge palliative de la détresse respiratoire » et se réfère à la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs.

La Fédération des pharmaciens confirme : la prescription de Rivotril© a pour objectif la prise en charge palliative des patients confrontés à un état asphyxique et ne pouvant être admis en réanimation ou pour lesquels une décision de limitation de traitements actifs a été prise. 

Si le Rivotril est administré après la décision de ne pas traiter (« limitation de traitements actifs »), on peut se demander pourquoi décider de ne pas traiter puisqu’il n’existe pas de traitement. La Haute Autorité de Santé est formelle là-dessus.

Très logiquement donc un médicament contre-indiqué en cas de difficultés respiratoires doit être systématiquement administré en cas de difficultés respiratoires ! Mais n’allez surtout pas dire que c’est de l’euthanasie, même si cela y ressemble fortement ! 

On pourrait trouver malvenue la légalisation de l’euthanasie en pleine pandémie. En fait cela n’a rien à voir, car jamais le mot Rivotril n’a été prononcé lors des discussions à l’Assemblée à propos de la loi sur l’euthanasie. Les médications ont sans doute évolué en ces temps de vaccination.

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.