Covid-19 : le désespoir fait augmenter les addictions, c’est catastrophique

Santé

mise à jour le 20/03/21

Explosion des addictions - Daniel Reche

A défaut d’être vraiment une pandémie, le Covid-19 fait d’énormes dégâts collatéraux.

Le Covid-19 continue de faire des dégâts. Après la situation économique et sanitaire, l’épidémie a accentué les problèmes de surconsommation d’alcool et de cannabis chez une partie des Français.

« Il y a beaucoup de gens en plein désespoir », alerte d’emblée Jean-Charles Dupuy, vice-président de SOS Addictions. Après un an de crise sanitaire, celui-ci n’a aucun doute : il y a bien une aggravation en matière d’accoutumance.

« Quand les personnes sont plutôt fragiles, seules, qu’elles habitent un petit appartement, qu’elles ont une appréhension face au quotidien de l’existence, imaginez si elles n’ont pas de travail. La solution de facilité, c’est de boire quelque chose pour se calmer, trouver quelque chose pour apaiser ses souffrances », explique Jean-Charles Dupuy.

Ainsi, l’enquête « Cannabis online 2020 » indiquait que sur la période du 17 mars au 11 mai dernier, soit la durée du premier confinement, plus d’un usager sur quatre dit avoir augmenté (27 %) sa consommation.

Dans le cas de l’alcool, le Dr Bernard Basset soulignait dans une interview donnée à France Assos Santé que l’« on estime qu’un quart de la population a augmenté sa consommation ».

Jean-Charles Dupuy signale une augmentation des prescriptions de médicaments, notamment les benzodiazépines (Xanax, Valium, Tranxène) qui ont un pouvoir addictif très fort. Alors qu’ils devraient être pris sur de courtes périodes, « certaines personnes ne veulent pas l’arrêter », constate le vice-président de SOS Addictions.

« On avait déjà ces problématiques de dépendance avant le Covid-19, mais la pandémie a accéléré le processus de mal-être », conclut Jean-Charles Dupuy.

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