Pr Toubiana : « La 5e vague, nouvel épisode d’un feuilleton qui a trop duré »

Santé

mise à jour le 18/12/21

On n’avait pas vu le Pr Toubiana depuis longtemps. Il revient (en force) avec deux entretiens, un sur Ligne Droite (vidéo ci-dessous), un autre sur FranceSoir, et un article sur le site de l’Irsan (Institut de recherche pour la valorisation des données de santé) : « La 5e vague, nouvel épisode d’un feuilleton qui a trop duré ». A lire là.


Son analyse n’a pas changé, mais le rapport de l’ATIH (Agence technique de l’information sur l’hospitalisation) sur l’occupation des lits d’hôpital par les malades du covid (2 % en 2020) devrait, selon lui, avoir rendu le public plus réceptif. Les méthodes utilisées par les médias — simplification à l’extrême ou complication incompréhensible, intimidation, culpabilisation, trucages sémantiques— sont destinées à créer la panique pour faire accepter des mesures délirantes (confinement)… Entre propagande et  rigueur scientifique, le gouffre est énorme.

Des chiffres vrais et des concepts clairs

Pour évaluer scientifiquement une épidémie, les questions sont : combien y a-t-il de malades, combien de morts ? Les données proviennent de réseaux de surveillance (Sentinelles, médecins en première ligne). Les concepts sont clairs. Par exemple, l’« incidence » est le nombre de nouveaux cas par unité de temps et unité d’espace. Un cas est un malade. Dans le délire actuel, le mot incidence a changé de sens. Des gens se font tester sans être malades, pour des raisons administratives ou autres, mais 80 % de ces cas ne seront jamais malades — on peut trouver des traces de virus sans être malade. Or une épidémie ce sont des malades et des gens qui peuvent mourir. La réalité est que, dans la semaine la plus forte en nombre de malades de l’épidémie, le nombre de malades de covid (140 malades) a été inférieur à celui de la grippe (600 malades).

La 5e vague ? une notion vague

 Il y a eu quatre phases épidémiques. Au pire moment de la première phase épidémique, il y a eu 140 malades pour 100 000 habitants en une semaine. Au pire moment de la quatrième phase, sur une semaine, il y a eu 31 malades pour 100 000 habitants (moins que la grippe avec 60 malades), 8 hospitalisations et 0,84 morts (sic).
Comme je l’ai écrit il y a six mois, il n’y a eu aucune surmortalité pour les moins de 65 ans (80 % de la population). Chaque année il y a en France 650 000 décès par an en moyenne. Sur la première année de covid, il n’y a eu que 4 % de surmortalité pour les plus de 65 ans.

Tous les chiffres cités sont disponibles pour le grand public, accessibles sur Internet. Ils crèvent les yeux mais décidément, ils semblent difficiles à voir. Décoder l’éco, dans une vidéo sur L’activité hospitalière en 2020 : la vraie version, montre même que l’activité des hôpitaux a diminué pendant la période covid et que les statistiques varient dans les hôpitaux en fonction de la proximité avec le pouvoir. Ceux qui ont déclaré le plus de décès covid sont également ceux qui ont eu le moins d’activité (7’05).

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2

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