Max (Jesuisterreau) : «  La solution ne viendra pas d’un seul individu “d’en haut”, mais d’actions concrètes et collectives “d’en bas” »

Environnement, Interviews, Politique, Santé

mise à jour le 20/10/21

Max a été emprisonné dans notre société moderne pendant de nombreuses années avant de décider, aidé par un licenciement économique, de s’en échapper et d’opérer « un retour à la terre ». A travers sa chaîne Youtube Jesuisterreau, il sème des graines pour nous inciter à nous tourner vers nos jardins, afin de nous reconnecter au vivant, et à (re)donner un sens à nos vies. Le tout avec un humour si particulier, parsemé d’un brin de provoc’, qui ne nous laisse pas insensibles au Média en 4-4-2…


«  Si réussir sa vie c’est se sentir cohérent et utile, alors j’ai tout raté »

Le Média en 4-4-2 : Bonjour Max, nous sommes ravis de vous accueillir sur le Média en 4-4-2 ! Nous vous avons découvert il y a quelques semaines grâce à votre chaîne Youtube. Pouvez-vous vous présenter et nous dire ce qui vous a amené à partager vos vidéos sur le jardinage (mais pas que !) sur internet ?

Max : Je sais, assez facilement, rendre l’exercice de présentation très ennuyant… Je propose de donner ma vision du monde, ou plutôt de mon monde, et de comment j’ai évolué avec celui-ci plutôt qu’une présentation « scolaire » qui va endormir tout le monde… Aussi je répondrai à la question « Pourquoi tu réalises des vidéos sur le jardin ? » Je crois que dans mon enfance, une partie de ma famille m’a permis de grandir dans un cadre proche de la nature, des animaux, du monde rural… dans un contexte simple et humain. Ces différentes personnes ont sans le savoir déposé une graine en moi. En parallèle, je découvre la scolarité, les études, puis le travail. Un cadre de vie plus proche de la ville, une agitation particulière, des priorités et des besoins différents… Alors je me prends au jeu, celui de perdre son temps à essayer de gagner sa vie. Je m’investis, mais je le sens, ça ne marche pas (dans le sens où je ne me sens pas heureux). J’essaye encore, je tente de me formater, de suivre les codes de cette société. Certaines initiatives fonctionnent, mais si réussir sa vie c’est se sentir cohérent et utile, alors j’ai tout raté. Au même moment, ponctuellement, je retourne sur les terres de mes arrière-grands-parents et de mon grand-père, je ressens une nostalgie terrible, mais le rythme absurde de la vie « moderne » me sort de mes pensées et me rappelle de passer au bureau pour récupérer ma fiche de paie… Puis j’ai la chance de vivre un licenciement économique. Je me forme alors à la permaculture, notamment à la Source Dorée près de Lyon, j’enchaîne les stages dont un où je rencontre Claude et Lydia Bourguignon, je découvre le site des Amanins de Pierre Rabhi, puis je vais faire des stages chez des maraîchers bio, des éleveurs, des producteurs de châtaignes… Je bouffe des vidéos, des livres, des conférences… Je crée dans la foulée plusieurs projets, dont un qui consiste à accompagner les particuliers à créer leur potager et un autre plus informel, « planter pour vivre ». C’est le réseau des terreauristes, d’ailleurs, peut-être que je le referai vivre bientôt ! Ensuite, c’est avec Kareem de la chaîne YouTube Ragnarock, ami d’enfance avec qui nous avons créé une entreprise, pendant trois ans (pour recréer du lien dans une société virtualisée à outrance), que nous avons créé une chaîne YouTube, afin de promouvoir nos activités. Puis nous avons chacun créé nos chaînes perso, il m’a d’ailleurs beaucoup aidé pour faire décoller ma chaîne YouTube. J’ai le sentiment que nous avons besoin de nous relier à notre environnement. Nos modes de vies se sont beaucoup trop éloignés de nos besoins essentiels, alors je tente de nous ramener à la raison à travers mes vidéos, car c’est un bon moyen pour s’exprimer à plusieurs personnes en une seule fois. Quant à la graine que mes proches avaient pris soin de loger dans mon cœur, elle a patienté durant toutes ces années où je vivais selon le monde moderne et depuis que je lui offre les meilleures conditions pour germer, elle a poussé. C’est à présent une plante sur laquelle je commence à voir de jolis fruits !

« Nous devons retrouver du sens dans nos vies et le jardin est une des pistes essentielles qui nous ramènent à la raison »

Le Média en 4-4-2 : C’est donc grâce à votre famille, qui a très tôt déposé des graines, que vous en êtes là aujourd’hui et que, à votre tour, vous semez ces mêmes graines à travers vos vidéos. Ne le faites-vous pas non plus pour « faire chier l’équipe d’en face » comme le dit Marcellus des Ateliers d’un Nôtre Monde ? Devenir le plus autonome possible permet de ne plus jouer sur leur terrain avec leurs règles…

Max : Je crois que la stratégie qui consiste à lutter contre quelque chose ne fonctionne pas. En revanche, « travailler pour » me semble plus productif. Donc non, je ne suis pas en recherche de cohérence pour emmerder le système, je vise l’autonomie avant tout pour me rapprocher d’une vie qui ait du sens. Mais, bien entendu, je m’amuse à combattre le système en place qui ne nous veut pas du bien, c’est évident. Évident, mais pas pour tous, alors je tente de mettre en avant l’ignominie de notre société actuelle. Et lorsque je compare la complexité bancale de ce monde que nous avons créé, avec la nature et son incroyable cohérence. Alors, j’espère que l’évidence est là : nous devons retrouver du sens dans nos vies et le jardin est une des pistes essentielles qui nous ramènent à la raison.

Le Média en 4-4-2 : Où en êtes-vous d’ailleurs au niveau de l’autonomie ? Avez-vous mis autre chose que votre potager en place pour l’atteindre ?

Max : Je ne suis pas autonome en fruits et légumes, j’y travaille. Je tiens à réaliser un jardin exclusivement à partir de mes propres graines, c’est donc plus de travail… En ce qui concerne les fruitiers, j’ai déniché une pépiniériste qui ne travaille que des vieilles variétés locales adaptées à notre climat. Je me suis installé sur ce terrain il y a deux ans seulement et j’ai rénové de A à Z une vieille ferme, ce qui m’a pris beaucoup de temps et d’énergie. J’arrose mon jardin exclusivement avec l’eau de pluie que j’utilise aussi pour nettoyer mes toilettes sèches. La sciure vient du voisin qui coupe son bois à côté de chez moi. Je consomme mes propres plantes et je suis donc autonome en tisane ! Là où j’envisage de m’améliorer, c’est sur l’alimentation électrique et me détacher du réseau d’eau potable. Pour l’anecdote, installer un chauffe-eau solaire coûte une fortune malgré les aides dérisoires de l’État. D’autre part, trouver un professionnel pour m’accompagner dans cette démarche est incroyablement compliqué, alors que l’on nous rabâche H24 qu’il faut être écolo… De toute façon je ne suis pas écolo, car je ne fais pas de politique. En revanche je ne chie pas dans l’eau potable et je souhaite à terme consommer le plus possible mes fruits et légumes, car ça, c’est du bon sens.

«  Il faut s’organiser et se débrouiller car, on le sait, ni notre santé ni notre bien-être ne font partie de l’équation politique »

Le Média en 4-4-2 : Justement, en terme d’achat de fruits et légumes : quelle est la meilleure solution pour ceux qui habitent en plein cœur des villes et qui n’ont accès ni aux AMAP ni aux producteurs locaux pour se procurer de bons fruits et légumes ? Faites-vous confiance aux enseignes bio (Biocoop, La Vie Claire, etc.) ?

Max : Je n’ai pas la solution mais, à l’époque où j’ai accompagné des particuliers à créer leur potager, nous avons investi les toits des immeubles ou des espaces verts en bas des immeubles ou en périphérie proche des villes. A Lyon, par exemple, un jardin collectif a vu le jour sur le toit de la gare de Perrache. Il existe donc des initiatives pour ceux qui souhaitent jardiner et commencer à s’alimenter avec leur propre production. Pour s’approvisionner en fruits et légumes, les réseaux comme la Ruchequiditoui ou d’autres offres locales existent en ville, mais elles ne sont pas toujours économiques. Mais là, c’est un tout autre débat, la nourriture saine devrait être accessible à tous quelles que soient les ressources. C’est une question politique qui devrait être prioritaire, mais je considère que nous ne devons compter que sur nous-mêmes. Il faut s’organiser et se débrouiller car, on le sait, ni notre santé ni notre bien-être ne font partie de l’équation politique. Pour répondre à votre question des magasins bio : Biocoop est selon moi le plus cohérent. Ils travaillent avec les producteurs locaux plus que les autres et ils privilégient des labels bio de qualité. Ceci étant, pour bien connaître cette enseigne pour y avoir travaillé, le management éthique évoqué dans leur communication n’est que du vent. Tu peux être patron d’un Biocoop et te comporter comme une merde avec les salariés.

Le Média en 4-4-2 : Face à l’appropriation du vivant par les multinationales, des associations comme Kokopelli proposent des « semences libres » et certaines enseignes (comme Biocoop) vendent des légumes issues de ces semences. Quel est votre point de vue sur la question et comment faites-vous pour vous procurer des graines ?

Max : C’est la guerre des graines ! Je fais beaucoup d’échanges de jardinier à jardinier. J’ai ainsi trouvé des pépites, comme des variétés anciennes de haricots d’Ardèche, des concombres de Corse, des pieds de vigne résistant aux maladies naturellement, des fruitiers de variétés anciennes et locales… Il faut chercher, demander, aller voir les projets de permaculture proches de chez soi, se rendre sur les marchés de plantes, sur internet (il existe beaucoup de groupes). Et on découvre que partout autour de nous, il y a des résistants qui travaillent intelligemment et qui font vivre les variétés anciennes. A noter que ces variétés sont plus résistantes, si elles sont locales donc adaptées à votre météo, et beaucoup plus nutritives que les semences standards. C’est un sujet encore trop méconnu par le grand public, alors que ce devrait être un sujet prioritaire de la société, puisqu’il en va de notre santé… Oui, bien se nourrir est bon pour la santé ! L’appropriation du vivant par des multinationales est régie par les mêmes motivations que les autres domaines de notre société, c’est le profit qui motive les initiatives en dépit du bon sens. C’est le progrès ! Mais les humains ont besoin de rester en lien avec ce qui fait d’eux des humains et nous ne voudrions pas vivre dans un monde où notre alimentation est produite en laboratoire et en usine. Certains me diront, réveille-toi, c’est déjà le cas. Dans ce cas, on baisse les bras ? On pousse nos caddies dans les grandes surfaces sans se poser de questions, parce que ça y est, c’est foutu ? Je fais mon jardin avec le maximum de mes propres graines et je fais des échanges. C’est ma manière de répondre à cette problématique, car comme sur tout les autres sujets, la solution ne viendra pas d’un seul individu « d’en haut », mais d’actions concrètes et collectives « d’en bas ». La graine germe en bas, dans la terre… De toute façon le monde inhumain que l’on nous propose ne vivra pas et je le sais pour une simple raison, le processus du vivant triomphe toujours. Il suffit d’observer la complexité, la cohérence et la force de notre environnement. J’ai trois principales sources d’approvisionnement pour les graines que j’achète parfois : Kokopelli, La Ferme de Sainte-Marthe et le Jardin ouvrier de Moucron (fondé par Gilbert Cardon). Chez Kokopelli, on entend souvent des critiques sur ce dernier, c’est comme chez Biocoop, paraît il. C’est devenu une « usine » et ce n’est plus la petite entreprise familiale attachée aux valeurs qu’ils défendent… OK, très bien, mais fais attention, car je crois que, comme tout le monde, les vêtements que tu portes sont fabriqués par des enfants au Bangladesh, tu chies dans l’eau potable et je t’ai déjà croisé au resto en train de bouffer de la nourriture de chez Métro. C’est compliqué d’exiger la perfection chez les autres, alors oui, j’ai acheté des graines Kokopelli et je me sens quand même bien !

« Est-ce que faire son jardin ne sera pas interdit un jour ? Ou plutôt il sera obligatoire d’acheter sa nourriture en grande surface ? »

Le Média en 4-4-2 : Vous prenez d’énormes risques dans vos vidéos, puisqu’on y aperçoit une plante interdite en France (l’artémisia annua) et une autre en passe de l’être (la lavande). Comme vous l’avez dit dans une de vos vidéos : « S’ils interdisent une plante, intéresse-toi à elle ». Est-ce que notre combat contre le système passe aussi par la sauvegarde des plantes qu’ils ne veulent plus voir pousser ? Et puisque le « travailler pour » est plus productif : quelle place pour ces plantes dans notre potager ?

Max : Je n’ai pas le sentiment de prendre des risques et je ne cherche pas à en prendre particulièrement. Mon axe de travail c’est d’amener un maximum de personnes, du haut de ma minuscule audience, à faire des choix qui ont du sens et à creuser les sujets que j’aborde. Avoir des plantes médicinales chez soi et découvrir leurs bienfaits ; je pense qu’il faut penser la santé autrement. On attend d’être malade et on prend une tisane ? Non, on consomme au quotidien des bonnes choses et on vit dans un cadre le plus serein possible pour rester en bonne santé. C’est compliqué pour certains et cet aspect est complètement inégal… Mais il faut se donner la peine, lorsque c’est possible, d’avoir un jardin et d’accéder à la connaissance. Au départ, je n’ai rien contre les laboratoires, autorités de santé, OMS, etc. Mais dès lors qu’ils interdisent quelque chose, je découvre une plante extraordinaire, alors merci l’OMS !

Le Média en 4-4-2 : Quelles autres plantes, fruits ou légumes déclarés dangereux par les autorités de santé trouve-t-on dans votre potager ?

Max : Je n’ai pas tant de variétés interdites, mais disons qu’avec le temps, je souhaite préserver des variétés qui, sans ça, sont vouées à disparaître. Est-ce que faire son jardin ne sera pas interdit un jour ? Ou plutôt il sera obligatoire d’acheter sa nourriture en grande surface ? Pour des raisons de sécurité sanitaire. Je suis vigilant sur ce qui est ou devient interdit, non pas par esprit de contrariété, vous l’avez compris, mais pour faire vivre ce qui est interdit, car lorsque tu t’intéresses aux raisons de l’interdiction, tu t’aperçois que c’est un non-sens, sauf du point de vue stratégie économique, là tout prend du sens !

« Nos vies ont perdu du sens, car nous avons perdu en connaissance et en savoir-faire essentiel »

Le Média en 4-4-2 : Vous êtes donc d’accord pour dire que tout a été fait pour nous couper de nos racines paysannes, pour que la majorité d’entre nous soit incapable de faire pousser un plant de tomate ?

Max : L’évolution de la société, c’est certain, ne nous pousse pas à nous intéresser à la vie microbiologique du sol, sauf si, c’est une start-up « verte » qui présente une appli pour scanner le sol et obtenir la composition de celui-ci. Le progrès a permis de belles choses, mais il a dénaturé notre rapport à notre environnement et à nous-mêmes, à tel point que nous vivons tous individuellement une crise identitaire. Nos vies ont perdu du sens, car nous avons perdu en connaissance et en savoir-faire essentiel. Mais le savoir que nos anciens ne nous ont pas transmis (et c’est notre faute) est en train de refaire surface et nous sommes nombreux à y revenir, comme un instinct de survie. C’est pour cela d’ailleurs que je ne parle pas de passion du jardinage, mais bien d’une nécessité. Il y a quelques années, il fallait être community manager pour être interviewé, désormais il faut être diplômé en permaculture. Maintenant est-ce qu’il y a une vraie volonté dans notre société de détruire la vie, je ne sais pas. Je crois que c’est une des conséquences d’un monde qui est géré uniquement par l’argent, le profit et le pouvoir. Mais je vais essayer de rester honnête, je suis qui je suis, car je n’ai jamais pris de bain dans une baignoire de billets de 500 €. Est-ce que ce n’est pas dans la nature humaine que de consommer à outrance jusqu’à sa propre destruction ? Qu’est-ce qui me fait penser ça ? C’est ce que nous faisons, non ? Et nous le faisons merveilleusement bien !

« Le retour à l’essentiel que je préconise peut nous sauver la vie, au sens propre du terme, car vivre en décalage total avec la réalité, c’est quelque part être déjà mort »

Le Média en 4-4-2 : Nous sommes ravis de voir que de plus en plus de personnes prennent le temps de connaître ce qui se trouve dans leur assiette, en mangeant du bio (avec label ou pas) et en fuyant les OGM. En revanche, nous ne comprenons pas pourquoi une partie de ces mêmes personnes accepte de se faire « vacciner » sans connaître la composition du « vaccin »… Pouvez-vous nous éclairer ?

Max : Non, je ne peux pas vous éclairer, car je n’ai ni plus d’informations que vous, ni plus de capacités à analyser la situation. Je constate juste que l’énergie déployée pour cette campagne de « vaccination » est colossale et qu’avec le mensonge, la peur et de l’autorité, ils ont réussi à semer le trouble. Autant d’énergie pour un problème qui n’a de grave que les titres dans les journaux est le signe évident de la supercherie. Mais nous avons notre responsabilité collective car pour savoir le temps qu’il fait, on ne porte plus son regard au ciel, on ouvre une appli sur son téléphone… La réalité n’est donc plus perçue telle qu’elle est, mais elle est ce qu’en disent les médias. Le travail de déconstruction a été mené depuis de longues années (bouffe industrielle, mensonges, publicité, marketing, besoins futiles, culture de la médiocrité, mode de vie stressant, cerveau indisponible, experts ridiculisés, profiteurs mis en lumière…). Il ne faut pas s’exténuer à montrer que le monde dans lequel nous vivons est un mensonge, il faut aussi et surtout montrer la vérité. Une graine germe dans la terre, un fruit cru te nourrit. Point. Le retour à l’essentiel que je préconise peut nous sauver la vie, au sens propre du terme, car vivre en décalage total avec la réalité, c’est quelque part être déjà mort.

« Manger “bio” et vivre dans une pièce chargée en produits toxiques, ce n’est pas cohérent »

Le Média en 4-4-2 : Vous avez aussi un blog où vous évoquez notamment la question de l’habitat. Les gens ont-ils bien conscience de l’impact sur la santé d’une maison construite avec des sacs de ciment de chez Casto par rapport à une autre faite avec de l’enduit de terre et des cloisons en paille ?

Max : J’ai fait le choix de rénover une maison en adoptant des techniques écologiques, économiques et thermiquement cohérentes. Ça n’a pas de sens de travailler du Placoplatre et de la laine de verre sur une maison en terre (pisé). J’ai donc travaillé le bois, la terre, la paille, la chaux, le chanvre, le coton et le lin. Je suis assez fier d’avoir enlevé plus de trente tonnes de « saloperies » (béton, enduit ciment, carrelage, placo, laine de verre…) pour redonner à cette maison en terre sa noblesse et ses propriétés thermiques naturelles. Les artisans m’ont tous donné des conseils. J’ai fait l’inverse de ce que la majorité d’entre eux m’ont proposé et ma maison est désormais parfaitement et durablement saine. Oui, manger « bio » et vivre dans une pièce chargée en produits toxiques, ce n’est pas cohérent. Mais cela demande un vrai travail de réflexion, un investissement en temps et en énergie… Aujourd’hui la star, c’est celui qui crée une start-up pour proposer des voyages dans la ionosphère, pas le mec qui fait des cloisons en terre et paille dans une maison en pisé !

« Je n’ai pas mis au point de technique de dépressif, je le suis et c’est plutôt signe de bonne santé, au vu de la situation globale »

Le Média en 4-4-2 : Vous avez un humour très original dont on est fan au 4-4-2. Quelles situations vous ont amené à cette autodérision pédagogique ? Comment avez-vous mis au point votre technique à base de dépression, de misanthropie, de gros silences gênants, etc. ? Y a-t-il des gens qui vous ont inspiré (humoristes professionnels, amis, famille) ?

Max : Je déteste les faux sourires, les formules de politesse ou encore l’hypocrisie. Bien sûr que sourire est gratuit et agréable, mais je préfère une personne qui est, à priori, moins chaleureuse mais sur qui on peut compter, plus que celui qui fait des sourires tous les quarts d’heure et qui le jour où vous avez besoin de lui est aux abonnés absents. De plus, je ne suis pas un grand expressif, alors je joue de cela au lieu de le subir. Au final, je présente un personnage un peu antipathique et froid, mais bien plus sincère que la majeure partie des membres du Youtube game qui proposent des sourires à outrance pour gagner en capital sympathie. Notre monde manque de fond et abuse de forme, j’ai décidé de faire tout simplement l’inverse ! Je n’ai pas mis au point de technique de dépressif, je le suis et c’est plutôt signe de bonne santé, au vu de la situation globale. Pour être heureux je considère qu’il faut prendre conscience que c’est impossible. A partir de ce constat, on voit ce qu’on peut faire et après quelques années d’expérimentation de cette théorie, ça va plutôt bien (sourire) !

Le Média en 4-4-2 : Merci beaucoup Max d’avoir mis de côté votre potager quelques instants pour nous répondre ! Et nul doute qu’on vous retrouvera très vite sur Le Média en 4-4-2…

Pour aller plus loin :
La chaîne Youtube de Max


Propos recueillis par Yoann pour Le Média en 4-4-2

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