Sandy, 28 ans, soignante suspendue : « La destruction de l’hôpital public ne semble pas les inquiéter »

Santé

mise à jour le 19/07/22

Premier épisode de « Paroles de suspendus » avec Sandy, qui préfère garder son anonymat. Cela fait un an qu’Emmanuel Macron a annoncé à la télévision l’une des mesures les plus honteuses de ces dernières décennies : la vaccination obligatoire pour le personnel soignant. Surtout depuis que l’on sait, de source officielle, que le « vaccin » n’empêche pas la transmission du virus… En leur donnant la parole, nous avons décidé de rendre hommage à notre manière à ces citoyens qui refusent de s’injecter un traitement en phase expérimentale pour conserver leur emploi.

Le Média en 4-4-2 : Bonjour Sandy, et merci d’avoir répondu à l’invitation du Média en 4-4-2. Pouvez-vous vous présenter en 4-4-2, c’est-à-dire de manière concise et efficace ?

Sandy : Bonjour, je m’appelle Sandy, j’ai 28 ans et je vis dans la banlieue de Toulouse. Je suis aide-soignante en maternité et j’ai été suspendue.

Le Média en 4-4-2 : Cela fait un an, le 12 juillet 2021, que Macron a annoncé l’obligation vaccinale pour les soignants. Comment avez-vous appris cette nouvelle et quelle a été votre réaction ?

Sandy :
Je n’ai pas vraiment été surprise par cette annonce ; les médias avaient bien préparé le terrain en amont pendant plusieurs semaines. Malgré tout j’ai été forcée de me demander comment cela allait se passer.

Le Média en 4-4-2 : Le 15 septembre 2021, la « vaccination » a donc été rendue obligatoire pour votre profession. Et vous avez décidé de ne pas vous y soumettre. Comment cela s’est il passé avec votre employeur ? Quand et comment avez-vous été suspendue ?

Sandy :
Les semaines qui ont suivi l’allocution de M. Macron ont été difficiles. Beaucoup de pression de la part de la direction, qui nous réclamé régulièrement de mettre à jour notre Pass via une plateforme avant le 15 septembre 2021 (appels, mails à répétition…). Toute cette pression autour du Pass, le contrôle des familles qui n’avaient pas le droit de rester, l’incompréhension de mes collègues vis-à-vis de mon choix s’ajoutant à la charge de travail, m’ont menée à un arrêt de travail fin août 2021. J’ai vu une psychologue qui a clairement constaté que je faisais un burn out. Le 27 septembre 2021 j’ai été convoquée par la médecine du travail, qui a annulé mon arrêt, car selon elle, « j’allai très bien, je faisais juste un caprice pour ne pas me vacciner ». Sa décision d’annuler mon arrêt, m’a conduite à être suspendue de mes fonctions d’aide-soignante le 1er octobre 2021.

Le Média en 4-4-2 : Cela fait donc presque un an que vous êtes suspendue : comment cela se passe-t-il au jour le jour, maintenant que vous n’avez plus de revenu et que vous ne pouvez pas travailler ailleurs ?

Sandy :
J’ai dû faire le choix de trouver un emploi afin de subvenir aux charges et besoins de mon foyer. J’ai donc trouvé un emploi en intérim, dans la vente car je n’ai actuellement plus le droit d’exercer dans le milieu médical. Je ne peux signer aucun CDI, à moins de démissionner de la fonction hospitalière.

Le Média en 4-4-2 : Le gouvernement ne semble pas vouloir réintégrer les suspendus… Comment voyez-vous votre avenir, ainsi que celui de notre société ?

Sandy : Je ne sais pas s’ils réintégreront les soignants, la destruction de l’hôpital public ne semble pas les inquiéter. Le soin n’attire plus grand monde, on manque de personnel et, malgré tout, ils arrivent à légitimer la suspension de personnes qualifiées et volontaires. En ce qui concerne notre société, je garde espoir que les gens ouvrent les yeux et réalisent ce qui est important et nécessaire.

Le Média en 4-4-2 : Merci pour le temps que vous nous avez consacré ! Nous vous laissons le mot de la fin.

Sandy : Merci au Média en 4-4-2 de donner la parole aux soignants suspendus.

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