Manque de carburant, nourriture, médicaments… le Sri Lanka demande l’aide de Vladimir Poutine

Économie, Politique

mise à jour le 07/07/22

Le Premier ministre sri-lankais a admis mardi que son pays était « en faillite ». Maintenant, le président du pays autrefois prospère a demandé de l'aide à Moscou.

Selon Der Spiegel, face à la crise économique au Sri Lanka , le président Gotabaya Rajapaksa s’est tourné vers la Russie. Rajapaksa a déclaré mercredi avoir « humblement » demandé au président Poutine du carburant et la reprise des vols touristiques entre Moscou et Colombo. « Nous avons convenu que le renforcement des relations bilatérales dans des domaines tels que le tourisme, le commerce et la culture est primordial pour renforcer l’amitié entre nos deux nations. »


Le Sri Lanka a acheté environ 90 000 tonnes de pétrole sibérien en mai, mais a ensuite manqué d’argent pour financer les contrats. Rajapaksa a maintenant demandé à Poutine des livraisons à crédit. La compagnie aérienne russe Aeroflot a suspendu ses vols vers Colombo le mois dernier après qu’un tribunal sri-lankais a temporairement détenu un avion d’Aeroflot en raison d’un désaccord sur les paiements.

Le Sri Lanka est actuellement pris dans une crise financière dévastatrice. Le gouvernement est incapable de financer les importations essentielles telles que la nourriture, le carburant et les médicaments. Le carburant est presque épuisé et les services non essentiels ont été fermés pour économiser le carburant.

Une conversation téléphonique avec le président du Sri Lanka Gotabaya Rajapaksa et le président russe a eu lieu le 6 juillet. Dans le cadre du 65e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, célébré cette année, la volonté mutuelle de poursuivre le développement progressif des relations russo-sri lankaises traditionnellement amicales a été confirmée.

Sans changement radical, le Sri Lanka est dans l’impasse

Les causes de la crise économique

La corruption et l’incompétence du système clanique qui s’est mis en place à la tête de l’État avec les Rajapaksa, depuis 2007-2009, s’est traduit par des pertes importantes de recettes budgétaires liées aux cadeaux fiscaux faits aux proches du pouvoir et l’ancrage profond d’un capitalisme de connivence au sein du pouvoir.
La guerre civile (1983-2009) entre la minorité tamoule et la majorité cinghalaise bouddhiste.
– Le 100 % organique La décision brutale du président Gotabaya Rajapaksa d’interdire tout engrais chimique, pesticides, herbicides et fongicides afin de faire du pays le premier du monde 100 % organique. En fait ce ne serait qu’une tentative d’économiser des dollars en limitant les importations.
L’abandon de l’économie de plantation en faveur du tourisme, et les revenus tirés de l’immigration, de l’industrie de la confection, et le marché mondial.
La pandémie de Covid-19 a asséché les revenus du tourisme et les transferts d’argent de la diaspora sri-lankaise.
Le prêt du FMI : le Sri Lanka fait défaut pour la dette extérieure au FMI de 51 milliards de dollars (49 milliards d’euros). Les négociations traînent.

L’impasse actuelle

Chute des rendements, fermeture de plantations, pertes d’emplois, pénuries alimentaires…
La pénurie de devises étrangères ne permet plus d’importer suffisamment de nourriture, de carburants et autres produits essentiels.
Le mécontentement énorme dans le pays n’est pas organisé par les partis politiques.
Le président Gotabaya Rajapaksa a plusieurs fois assuré qu’il ne se retirerait pas malgré les tensions exacerbées, les manifestations et un campement devant sa résidence depuis près d’un mois.

Traduction Le Média en 4-4-2

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