Le président du Mexique rappelle son libre arbitre face à Big Pharma

Politique, Santé

mise à jour le 14/09/21

président Mexique

Le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador, dans un discours du 27 juillet, déclare refuser de se soumettre aux pressions des lobbys pharmaceutiques qui recommandent « une troisième dose », « une quatrième dose », « une vaccination pour les enfants ».

Protéger les plus jeunes des injections de Big Pharma va à l’encontre de la politique de nombreux pays, dont la France. L’OMS, elle, est aussi contre la vaccination des plus jeunes, l’appelle « scandale moral », non pas pour protéger les jeunes, mais pour que les doses commandées pour eux puissent être données aux pays pauvres.

Autre discours : celui du ministre mexicain de la Santé qui s’insurge contre le pouvoir des médias commandités par Big Pharma. Il affirme que les études scientifiques ne permettent pas de croire en l’efficacité des vaccins.

La réalité du Mexique est loin de ces positions officielles cacophoniques.

L’ivermectine a fait baisser la mortalité

Le gouvernement mexicain affirme qu’il n’y a pas de traitement, qu’il ne faut pas consulter de médecin si on a les symptômes du Covid-19 et déconseille l’ivermectine et tout antibiotique dans le cadre du Covid-19. Or ce qui se passe dans chacun des 32 États ne dépend pas uniquement de la position du ministère de la Santé de l’État fédéral.

Les autorités de Mexico, d’Aguascalientes, de Durango, ont massivement distribué des kits médicaux à la population à base d’ivermectine. Le Chiapas a mis en place une politique volontariste, consistant à envoyer 600 brigades médicales faire du porte-à-porte pour distribuer les kits. Au Nuevo Leon, c’est la Sécurité sociale qui les a distribués. D’autres États s’y sont opposés. 

Le traitement, à base d’ivermectine, d’azithromycine et de plusieurs autres molécules, a eu les effets escomptés comme le montre le tableau ci-dessous.

Une politique prudente

Selon le gouvernement mexicain, il n’existe pas de traitements anti-covid. Pourtant le président Lopez Obrador a annoncé en février avoir vaincu le coronavirus après avoir été traité avec des médicaments antiviraux et anti-inflammatoires.

Les vaccins sont inefficaces ? Le 20 avril 2021 le président Andres Manuel Lopez Obrador — quoique naturellement immunisé — a reçu sa première injection du vaccin contre le coronavirus et a exhorté les seniors suivre son exemple. Une partie de la population a été d’ailleurs été vaccinée (20 %).

Eviter toute opposition frontale à Big Pharma permet de vivre plus longtemps à la tête d’un État. Rappelons les morts prématurées du président du Burundi, de celui de la Tanzanie, de Haïti, et les attentats visant ceux de Madagascar et du Mali. Leur point commun ? Ils s’étaient opposés à la vaccination.

Le gouvernement mexicain n’a rien contre la vaccination, au contraire

Le Mexique a signé un accord pour l’achat de 34 millions de doses de Pfizer. De faux lots de vaccins Pfizer sont ensuite saisis. Le pays se tourne vers la Chine , avec un contrat de 35 millions de vaccins CanSino Biologics, puis vers la Russie (24 millions de Spoutnik V). De faux lots de  Spoutnik sont saisis. Le Mexique n’est pas un marché facile…

Un nouveau créneau pour les labos : les jeunes

L’État a acheté 243,93 millions de doses pour une population de 139,66  millions de personnes. Il y a de quoi vacciner tout le monde, y compris les 20 millions de moins de 19 ans. Bien sûr, il y a des pertes dues aux problèmes de conservation, à la gabegie, mais quand même. Or le président déclare ne pas vouloir vacciner les enfants et résister aux pressions de Big Pharma. En tout cas les dénoncer…  On peut avoir une idée de ces pressions dans les médias qui nous alertent sur la troisième vague mexicaine. Elle toucherait particulièrement les jeunes : contaminés, mais sans symptômes, ce sont des malades qui s’ignorent. 

La philanthropie vaccinale

Pourquoi acheter plus de doses que nécessaire et dans un pays qui, au niveau local, soigne et guérit ? Décidément, il y a des choses qui nous échappent. Un exemple au hasard. Carlos Slim a fait fortune dans les télécoms. Sa fondation (pour nourrir le monde avec des OGM) reçoit l’aide de Bill Gates (lui aussi aime les OGM et les pauvres). D’autre part, Carlos Slim n’a rien à refuser au gouvernement mexicain. : il va reconstruire le passage du métro de Mexico qui s’est effondré en mai dernier (26 morts). Il faut dire que le groupe Carso de Slim a construit une partie de cette ligne et que ses malfaçons ont provoqué son effondrement. Mais on ne parle pas des choses qui fâchent.

La Fondation Bill Gates veut distribuer un milliard de doses à 92 pays pauvres, avec l’aide de Covax, Gavi, Cepi, OMS, toutes dépendantes de son financement. Carlos Slim a contribué à financer un accord sur 150 millions de doses d’AstraZeneca en Amérique latine.

Une stratégie loin des images d’Épinal

Le président Andrés Manuel Lopez Obrador arrivera-t-il à protéger les jeunes Mexicains des injections de Big Pharma tout en achetant plus de doses ? Continuera-t-il à promouvoir la vaccination tandis que la Sécurité sociale et les États soigneront avec de l’ivermectine ? Et que penser d’un président, champion de la lutte anti-corruption, élu au premier tour, avec 80 % de cote de popularité, qui lance un référendum contre la corruption de ses prédécesseurs, mais n’obtient qu’un 7 % de participation ?  Ce ne sont pas les discours officiels et les prises de position morales qui nous donneront les clés de sa stratégie.

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.

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