En ce dimanche 3 juillet 2022, le journaliste Julian Assange passe de nouveau un anniversaire en prison

Géopolitique

mise à jour le 03/07/22

Persécuté pour ses activités de journaliste, Julian Assange, fondateur, rédacteur en chef et porte-parole de WikiLeaks, subit un calvaire depuis plus de onze ans. Cela pourrait s'aggraver encore très prochainement.

Après une année en résidence surveillée, puis sept dans les locaux de l’ambassade d’Équateur à Londres, Assange passera ce 3 juillet, son anniversaire pour la quatrième année de suite dans la prison de haute sécurité de Belmarsh, au Royaume-Uni. Dans ce véritable Guantánamo britannique, le journaliste souffre une torture mentale majeure qui altère fortement sa santé physique et fait régulièrement l’objet d’alertes de la part de son équipe de défense, dont de nombreux médecins.

Fomentée par Washington, la persécution du fondateur de WikiLeaks a commencé dès 2010, année où Assange atteint une grande notoriété des suites de révélations de WikiLeaks sur la manière dont les États-Unis et leurs alliés menaient la guerre en Irak et en Afghanistan. Élu aussitôt personnalité de l’année par les lecteurs de Time, ainsi que par la rédaction du journal Le Monde, il fait notamment son entrée dans le palmarès des 68 personnes les plus influentes au monde du magazine Forbes. Ces mêmes médias de masse sont aujourd’hui fort mesurés dans la dénonciation du traitement inhumain du journaliste le plus primé du XXIe siècle et de la violation inacceptable de ses droits humains. Le journalisme d’investigation profite de l’afflux de données numériques qu’a permis le système WikiLeaks, seule ONG capable de publier des documents classifiés, les millions de « fuites », tout en garantissant l’anonymat des sources.

La révélation des crimes de guerre en Irak et en Afghanistan autant que les turpitudes de la diplomatie états-unienne semble donner droit à ce pays grand donneur de leçons au reste du monde de pourchasser, calomnier et torturer. Le 17 juin dernier, le Royaume-Uni vient d’approuver l’extradition de Julian Assange vers les États-Unis, où il risque jusqu’à 175 années de prison « super max » pour « espionnage ».

S’il est plus urgent que jamais de se mobiliser pour exiger sa libération, les recours s’épuisent. Le mouvement de solidarité s’amplifie, mais reste très insuffisant. Les 51 ans de Julian Assange seront toutefois l’occasion de nombreux rassemblements dans le monde, dont un à Paris, où journalistes, associations, responsables syndicaux et élus pourront une fois de plus prendre la parole pour défendre la liberté de la presse et les droits humains. Autant dire qu’il y a urgence !

Sylvain pour Le Média en 4-4-2

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