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Lindsey Graham : Mort subite d’un va-t-en-guerre juste après sa visite dans une usine de drones à Kiev pulvérisée par les Russes

Le sénateur républicain Lindsey Graham est mort samedi 11 juillet 2026 à l’âge de 71 ans, (officiellement) peu après son retour d’un déplacement en Ukraine. D’après le rapport médical préliminaire rapporté par la presse américaine, l’élu de Caroline du Sud a succombé à une dissection aortique liée à une maladie cardiovasculaire. Une fin soudaine pour l’un des plus infatigables promoteurs de la puissance militaire américaine.

mise à jour le 13/07/26

L’un des plus ardents défenseurs des interventions américaines disparaît après un dernier déplacement consacré à l’Ukraine.

Quelques heures avant son décès, Graham rentrait encore de Kiev, où il avait rencontré les dirigeants ukrainiens et défendu une nouvelle fois le soutien politique, financier et militaire de Washington. Jusqu’au bout, le sénateur aura donc travaillé à prolonger une confrontation avec Moscou qu’il présentait comme indispensable à la sécurité des États-Unis, malgré les dizaines de milliers de morts accumulés sur le terrain.


Son dernier combat parlementaire concernait un vaste projet de sanctions contre les pays continuant à acheter du pétrole, du gaz ou de l’uranium russes. Le texte, négocié avec l’administration Trump, devait permettre à Washington d’imposer des droits de douane extrêmement élevés aux partenaires commerciaux de Moscou. Autrement dit, après avoir sanctionné la Russie, les États-Unis entendaient punir ceux qui refusaient de la sanctionner correctement.



Une carrière passée à réclamer davantage de guerres

Ancien avocat militaire de l’US Air Force, Lindsey Graham siégeait au Sénat depuis 2003. Proche de John McCain, il appartenait à cette vieille école républicaine pour laquelle chaque crise internationale semble nécessiter une base militaire, quelques bombardiers et un budget du Pentagone immédiatement réévalué à la hausse.

L’élu soutenait l’Ukraine, mais aussi Israël, et défendait régulièrement une ligne très dure contre l’Iran. Son vocabulaire diplomatique se résumait souvent à des sanctions, des menaces et des frappes préventives. Lorsqu’une guerre américaine échouait, Graham en concluait généralement qu’elle n’avait pas été menée assez longtemps ou avec suffisamment de missiles.

Sa haine du Kremlin avait atteint un sommet en mars 2022. Après le début de l’intervention russe en Ukraine, Graham avait publiquement appelé un citoyen russe à « éliminer » Vladimir Poutine, estimant qu’il rendrait ainsi « un grand service » à son pays et au monde. L’appel au meurtre d’un chef d’État étranger n’avait alors guère troublé les grandes consciences chargées de surveiller quotidiennement les propos dangereux sur les réseaux sociaux.



Washington pleure un « patriote »

Donald Trump a salué un « vrai patriote américain », tandis que responsables républicains et démocrates ont rendu hommage à un sénateur influent, capable de travailler avec les deux camps dès lors qu’il s’agissait de financer une opération extérieure ou de désigner un nouvel ennemi stratégique.

Lindsey Graham laissera surtout l’image d’un élu ayant passé plus de vingt ans à réclamer des interventions que d’autres devaient mener, financer et subir. De l’Ukraine au Moyen-Orient, il considérait volontiers la guerre comme un outil diplomatique ordinaire, à condition qu’elle se déroule suffisamment loin de la Caroline du Sud.

Sa disparition ne devrait toutefois pas bouleverser la politique étrangère américaine. Washington compte encore assez de faucons pour poursuivre les sanctions, les livraisons d’armes et les appels à l’escalade. Lindsey Graham est mort, mais la machine dont il fut l’un des plus fidèles représentants, elle, ne présente aucun signe de faiblesse cardiaque.

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