Économie

L’école de Marion Maréchal ferme à Lyon : le fiasco du « Sciences Po de droite »

L’ISSEP, l’école fondée par Marion Maréchal en 2018 à Lyon, quitte le quartier de Confluence pour se concentrer sur Paris. Présenté comme le « Sciences Po de droite », l’établissement tente de vendre ce départ comme une montée en puissance. Sauf que la fermeture lyonnaise arrive après plusieurs années de doutes sur sa santé financière.

mise à jour le 09/07/26

Le « Sciences Po de droite » quitte Lyon : stratégie ou aveu d’échec ?

Fin de parcours à Lyon pour l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques. L’ISSEP, fondé en 2018 par Marion Maréchal et Thibaut Monnier, va fermer son antenne installée dans le quartier de Confluence, dans le 2e arrondissement. L’école privée, souvent surnommée le « Sciences Po de droite », concentre désormais son activité à Paris, où elle avait déjà ouvert une antenne en 2023.

Officiellement, tout va bien. Dans sa communication, la direction présente ce départ comme un simple changement d’échelle. L’école affirme que ce déménagement représente « bien plus qu’un simple changement d’adresse » et qu’il doit permettre « d’accueillir davantage d’étudiants, de développer et de renforcer nos partenariats et d’élargir nos missions », comme le rapporte Le Progrès.

La formule est propre, presque trop propre. Car derrière le discours de développement, il y a une réalité plus simple : l’ISSEP ferme Lyon. Et pour une école née justement à Lyon, avec l’ambition de former une nouvelle élite intellectuelle et politique de droite, le symbole n’est pas anodin.

L’ISSEP ferme Lyon, mais parle de développement

Depuis son lancement, l’ISSEP a été présenté comme une réponse aux grandes écoles jugées trop progressistes par une partie de la droite identitaire et conservatrice. Marion Maréchal voulait créer un lieu de formation idéologique, politique et managériale, loin des codes classiques de l’enseignement supérieur public. Lyon devait être le laboratoire. Huit ans plus tard, le laboratoire ferme ses portes.

Le départ pour Paris peut se défendre sur le papier. La capitale offre plus de visibilité, plus de réseaux, plus de responsables politiques, plus d’entreprises, plus de partenaires potentiels. Pour une école qui vise des étudiants attirés par la politique, la communication, les cabinets ou les cercles d’influence, Paris a évidemment des arguments.

Mais le calendrier rend la communication moins triomphale. L’antenne parisienne existe déjà depuis 2023. Le vrai fait nouveau n’est donc pas l’arrivée à Paris, mais bien la fermeture de l’implantation lyonnaise. En clair : l’école ne s’étend pas simplement, elle abandonne son berceau.



Un « fiasco financier » déjà pointé en 2022

Ce départ de Lyon réactive aussi les anciennes critiques sur la solidité financière du projet. Dès 2022, Rue89Lyon parlait déjà d’un « fiasco financier » au sujet de l’école de Marion Maréchal. Le média évoquait alors un établissement en manque de financements, loin de l’image de réussite affichée par ses promoteurs.

La fermeture de l’antenne lyonnaise ne prouve pas à elle seule un effondrement. Une école peut changer de stratégie, réduire ses coûts, choisir un autre territoire, miser sur un public plus large. Mais quand un établissement présenté comme une vitrine idéologique quitte sa ville d’origine, après des années de fragilité racontées par la presse locale, il devient difficile de parler seulement d’une belle évolution naturelle.

Le mot « déménagement » sonne donc un peu pratique. Il évite le mot qui fâche : fermeture. Et pourtant, pour les locaux de Confluence, c’est bien de cela qu’il s’agit. L’ISSEP tourne la page lyonnaise.

Le « Sciences Po de droite » cherche une seconde vie

Reste à savoir si Paris permettra réellement à l’école de rebondir. L’ISSEP continue de proposer ses formations, notamment en science politique, management de projet, communication et formation continue. Sur son site, l’établissement met en avant ses inscriptions pour la rentrée 2026 et insiste sur son réseau, son accompagnement et ses partenariats.

Mais l’école traîne aussi une image très marquée politiquement. Ce positionnement peut attirer un public fidèle, mais il limite aussi son espace. L’ISSEP n’est pas une école neutre dans le paysage. Son nom reste associé à Marion Maréchal, à la droite identitaire, à Reconquête, puis aux recompositions permanentes de cette famille politique.

Le transfert à Paris ressemble donc à un pari. Soit l’école profite de la capitale pour gagner en influence et attirer davantage d’étudiants. Soit cette fermeture lyonnaise restera comme le signe d’un projet qui n’a jamais vraiment atteint l’ampleur promise.



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