Après les propos racistes de Celeste Amarilla contre Kylian Mbappé, la sénatrice paraguayenne a choisi d’écrire une longue lettre ouverte pour se justifier. Résultat : elle demande presque à sa victime de s’excuser à sa place.
Il y avait déjà les insultes. Il y a maintenant l’explication. Et comme souvent avec les gens qui auraient mieux fait d’éteindre leur téléphone, l’explication est presque pire que la faute de départ.
Après la victoire de la France contre le Paraguay en huitième de finale de la Coupe du monde 2026, Celeste Amarilla, sénatrice paraguayenne, a publié plusieurs messages visant directement Kylian Mbappé. Pas une critique de match. Pas une pique de supporter frustré. Non. Des attaques racistes, vulgaires, personnelles, servies avec l’assurance tranquille de quelqu’un qui pense encore avoir gagné un concours d’éloquence.
La sénatrice a notamment qualifié Mbappé de « Camerounais colonisé », l’accusant de « faire semblant d’être Français », avant de lui coller une série d’insultes sur son physique, son origine supposée et son intelligence. Dans une autre sortie, elle a osé écrire qu’il « tétait des noix de coco » et parler de « chimpanzés ». Voilà. Niveau Sénat, mais sous-sol.
Kylian Mbappé lui a répondu directement sur X : « Vous êtes une femme méprisable et indigne de sa fonction. » Une phrase sèche, nette, difficile à contester quand on vient de dérouler un tel festival. Le capitaine des Bleus a aussi rappelé qu’elle ne représentait pas le Paraguay, un pays dont les joueurs avaient justement montré de la combativité pendant le tournoi.
Une lettre longue comme un petit bouquin pour ne pas vraiment s’excuser
Au lieu de s’arrêter là, Celeste Amarilla a sorti la grande plume. Une lettre ouverte longue comme un petit bouquin, censée clarifier sa position. Censée, seulement.
https://t.co/w5e3apJ968 pic.twitter.com/xOqmRlwcio
— Celeste Senadora (@CelesteSenadora) July 7, 2026
Dans ce texte, elle reconnaît avoir regretté certains mots, mais elle en profite surtout pour se replacer au centre de l’histoire. Elle explique avoir parlé « le sang en ébullition », évoque ses propres origines, ses blessures, son vécu, son passage en France, ses souvenirs de Marseillaise, Courchevel, Saint-Tropez… Bref, le menu complet. On part d’insultes racistes contre Mbappé, on finit presque dans un guide touristique avec option victimisation.
Le plus fort reste à venir : Amarilla réclame à Mbappé de se rétracter et de lui présenter des excuses. Elle l’accuse même de « violence de genre ». On résume donc : elle attaque un joueur avec des propos racistes, il lui répond qu’elle est méprisable, et elle revient en expliquant qu’elle acceptera de s’excuser si lui s’excuse aussi. Il fallait oser. Elle l’a fait.
C’est le comble de l’ignominie : transformer une insulte raciste en malentendu symétrique, comme si les deux avaient simplement haussé le ton autour d’un café tiède.
Mbappé n’est pas seul : la FFF, Macron et même le Paraguay ont réagi
La réponse ne s’est pas arrêtée aux réseaux sociaux. La Fédération française de football a annoncé un signalement au parquet à des fins de poursuite judiciaire. La FFF a qualifié les propos de Celeste Amarilla d’« abjects » et d’« inacceptables ».
Emmanuel Macron a lui aussi soutenu Mbappé. Dans un communiqué relayé par Le Parisien, l’Élysée a indiqué que le président de la République soutenait Kylian Mbappé et l’équipe de France face aux attaques racistes visant le capitaine des Bleus. Macron a ensuite publié : « Un but de plus pour Kylian Mbappé. Contre le racisme cette fois. »
Le gouvernement paraguayen, de son côté, a pris ses distances avec la sénatrice. Son ministère des Affaires étrangères a condamné des déclarations contraires aux valeurs du pays. Autrement dit : le Paraguay lui-même ne veut pas porter le sac à dos de Celeste Amarilla. On le comprend.

Une sénatrice qui ternit surtout son propre nom
Le plus triste dans cette histoire, c’est que le parcours du Paraguay au Mondial venait d’être salué. Une équipe courageuse, un match accroché, une élimination courte contre la France. Puis Celeste Amarilla est arrivée avec ses messages, sa colère mal rangée et son vocabulaire de caniveau.
Mbappé a raison sur un point : cette sortie a volé une partie de l’attention aux joueurs paraguayens. Le monde aurait pu parler de leur combativité. Il parle maintenant d’une élue qui a cru intelligent d’attaquer un joueur français sur ses origines.
Son message à lui a dépassé les 50 millions de vues sur X et continue de circuler massivement. Autant dire que l’effet recherché par Amarilla, si elle voulait défendre l’honneur paraguayen, ressemble à un splendide but contre son camp.
Et puisqu’elle se présente comme une femme juive séfarade et d’une histoire marqués par les discriminations, elle devrait mieux que personne comprendre ce que produit une parole raciste. Quand on sait ce que l’humiliation collective peut faire, on évite d’en fabriquer pour les autres. Visiblement, la leçon n’est pas arrivée jusqu’à son clavier.
Le culot comme stratégie de défense
Celeste Amarilla avait une porte de sortie simple : reconnaître la faute, présenter des excuses claires, puis se taire. Elle a choisi la version longue, celle où l’on regrette à moitié, où l’on accuse à son tour, où l’on transforme la victime en débiteur moral.
Ce n’est pas une défense. C’est une pirouette. Et une mauvaise.
Kylian Mbappé, lui, n’a pas eu besoin d’en faire des tonnes. Une réponse ferme, quelques phrases, et le message est passé. La sénatrice voulait peut-être rabaisser un joueur. Elle a surtout donné au monde entier une raison de se ranger derrière lui.
Quant au Paraguay, il n’a rien demandé. Son équipe a perdu un match. Celeste Amarilla, elle, a perdu bien plus : la dignité, la mesure, et peut-être une bonne partie de sa réputation internationale.
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