Dans sa déclaration, Candace Owens charge frontalement le “père de la psychanalyse”. Elle ne se contente pas de le présenter comme un penseur contestable ou un médecin de son époque. Elle l’accuse d’avoir contribué à retourner la parole des victimes contre elles-mêmes, en transformant des récits d’abus réels en constructions psychiques, puis en laissant derrière lui une discipline capable de parler d’inconscient pendant des heures, mais souvent beaucoup moins pressée d’entendre les faits.
🚨😱 LA VÉRITÉ CHOQUANTE SUR SIGMUND FREUD
Candace Owens balance tout sur Sigmund Freud :
Cocaïnomane, il manipulait mentalement les enfants, couvrait les abus sexuels et a menti dans ses propres archives.
Il aurait même dit qu’il était « sataniste ».
La psychologie moderne… pic.twitter.com/ozu3dC2c3r
— Black Bond PTV (@BlackBondPtv) July 3, 2026
Le dossier n’est pas sorti d’un chapeau. Sigmund Freud a bien publié des textes sur la cocaïne, notamment dans les années 1880, et ses écrits consacrés à cette substance figurent dans les Cocaine Papers. À l’époque, il vante ses effets, s’y intéresse comme remède, l’expérimente et la recommande. Que le grand explorateur de l’âme humaine ait commencé par explorer les vertus de la poudre blanche donne déjà à la légende une odeur moins clinique que prévu.
Mais le cœur de l’affaire est ailleurs. En 1896, Sigmund Freud avance ce qu’on appellera sa théorie de la séduction : derrière certaines névroses, il identifie des abus sexuels subis dans l’enfance. Puis, quelques années plus tard, changement de décor. Les violences rapportées deviennent plus facilement des fantasmes, l’enfant devient le théâtre d’un désir inconscient, et le complexe d’Œdipe entre en scène comme une grande machine à expliquer ce qui arrange surtout les adultes.
C’est précisément ce basculement que Jeffrey Masson a attaqué dans The Assault on Truth, publié en français sous le titre Le Réel escamoté. Ancien responsable de projets aux archives Freud, Masson soutient que Freud a reculé devant les conséquences de sa propre découverte : admettre que des enfants pouvaient être victimes d’abus dans des familles respectables aurait fait trembler trop de salons, trop de maîtres, trop de pères honorables. Le divan, lui, a continué de recevoir.
Sur ce point, Candace Owens n’invente pas le procès intellectuel de Freud : elle le pousse au maximum, avec son style direct, brutal, sans anesthésie. Elle affirme que Freud a protégé un monde d’abuseurs en pathologisant les victimes. La formule est violente, mais le malaise historique existe bien. Même des analyses universitaires consacrées à la chute de la théorie de la séduction reconnaissent que l’abandon de cette piste a nourri de lourdes critiques contre la psychanalyse, accusée d’avoir parfois minimisé la réalité des abus sexuels sur enfants au profit d’explications internes et sexuelles imposées aux victimes.
Freud, le grand totem universitaire que personne n’ose trop salir
Le plus comique, dans cette histoire, reste la défense habituelle de Freud. On nous explique qu’il faut “contextualiser”, “nuancer”, “relire”, “comprendre son époque”. Très bien. Contextualisons donc : un médecin viennois passionné par la cocaïne, persuadé d’avoir découvert les secrets sexuels de l’enfance, finit par bâtir une théorie où les récits d’abus peuvent être reclassés dans la grande armoire des fantasmes. Et depuis, des générations d’étudiants apprennent cela avec l’air grave, comme si la science venait de descendre du Sinaï en robe de chambre.
Candace Owens appuie là où ça fait mal : la psychanalyse n’a jamais été une science comme les autres. Elle avance souvent par interprétations invérifiables, formules majestueuses et jargon suffisamment épais pour que le patient finisse par se demander s’il a encore le droit de croire à sa propre mémoire. Quand une discipline peut expliquer une chose et son contraire avec le même aplomb, on n’est plus très loin de la voyance avec bibliothèque.
Quant aux accusations les plus sombres évoquées par Owens, notamment autour de réseaux, de rituels ou de protections occultes, elles doivent être traitées comme ce qu’elles sont : des accusations. Mais elles s’inscrivent dans une critique plus large, très simple à comprendre : Freud a servi, volontairement ou non, à installer une culture du soupçon contre les victimes. Et cela suffit déjà à fissurer sérieusement la statue.
Le génie de Freud, au fond, aura peut-être été là : faire passer un immense recul devant la réalité pour une avancée théorique. Il fallait y penser. Quand une victime parle, on lui répond fantasme. Quand elle insiste, on lui parle refoulement. Quand elle doute, on lui propose une autre séance. À ce tarif-là, même l’erreur devient rentable.
Candace Owens contre Sigmund Freud : le vieux divan prend feu
En visant Sigmund Freud, Candace Owens ne s’attaque pas seulement à un nom poussiéreux dans un programme universitaire. Elle vise une mythologie complète : celle du savant intouchable, du maître qui sait mieux que vous ce que vous avez vécu, du thérapeute qui transforme la douleur en symbole et l’abus en scénario intérieur. C’est confortable pour les institutions, beaucoup moins pour les victimes.
On peut toujours ergoter sur le ton de Candace Owens, sur ses formules, sur ses excès. Mais le fond du dossier reste explosif : Freud a d’abord approché une piste où les abus réels occupaient une place centrale, puis il l’a abandonnée au profit d’une théorie où le désir infantile et le fantasme prennent le dessus. Ce virage historique mérite mieux qu’un haussement d’épaules de professeur pressé.
La psychanalyse a longtemps vécu sur un prestige automatique. Freud était cité comme on cite un oracle. Aujourd’hui, Candace Owens arrive avec une massue et rappelle une chose assez simple : une idole intellectuelle n’est pas une preuve. Et quand l’idole a les poches pleines de cocaïne, que des archives sont controversées et des victimes renvoyées à leurs fantasmes, il devient peut-être temps d’arrêter de lui offrir des fleurs.
Sigmund Freud n’a pas seulement laissé une œuvre. Il a laissé une manière de parler à la place des gens, de tordre leurs récits, de soupçonner leur mémoire et de baptiser cela “analyse”. Candace Owens, elle, fait l’inverse : elle remet la parole brute au centre, quitte à faire hurler les gardiens du divan.
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