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Télévisions mainstream et baisse historique : les audiences chutent et les Français vont voir ailleurs

Après la presse écrite, c’est au tour des télévisions mainstream de voir leur modèle vaciller. Audiences en baisse, publicité en recul, confiance abîmée : les Français ne se contentent plus des plateaux habituels et cherchent leur information ailleurs, notamment du côté des médias indépendants et dissidents.

mise à jour le 05/07/26

Les Français seraient-ils devenus adultes au point de choisir eux-mêmes leurs sources d’information ?

Le constat devient difficile à maquiller. Selon Stratégies, les revenus de la télévision linéaire ont fortement décroché en 2025. Le chiffre d’affaires publicitaire du groupe TF1 a reculé de 4,3 %, tandis que les revenus publicitaires vidéo du groupe M6 ont baissé de 3,1 %. Même France Télévisions parle d’une « baisse historique de ses ressources », avec 100,6 millions d’euros de ressources propres en moins dans un marché publicitaire TV en contraction.

Le problème ne se limite pas à une mauvaise saison. C’est un modèle qui fatigue. Pendant des années, les grands médias ont vécu sur un réflexe : ils parlaient, les Français écoutaient. Cette époque s’éloigne. Les téléspectateurs zappent, les annonceurs suivent l’argent, et l’argent part de plus en plus vers le numérique.



Moins d’audience, moins de pub, moins d’argent

Le marché publicitaire ne disparaît pas. Il se déplace. Le BUMP 2025 indique que les recettes nettes de l’ensemble des médias ont atteint 19,795 milliards d’euros, en hausse de 3,3 %. Mais cette progression profite surtout au digital. En clair : l’argent ne manque pas partout, il manque surtout aux anciens supports.

Les chaînes peuvent parler de transformation numérique, de plateformes maison et de nouveaux usages. Très bien. Mais derrière les communiqués polis, la réalité est simple : la télévision classique coûte cher et rapporte moins. Les émissions, les droits sportifs, les plateaux, les chroniqueurs, les rédactions, les studios, les animateurs stars : tout cela pèse lourd quand la publicité ralentit.

Les chaînes d’info ne sont pas épargnées. En novembre 2025, CB News rapportait une baisse de part d’audience pour toutes les chaînes d’information en continu : CNews, BFMTV, LCI et franceinfo perdaient toutes du terrain sur un mois. Quand même les chaînes censées vivre de l’actualité permanente reculent, le message est assez clair.

La presse écrite a décroché, la télé suit le même chemin

La presse papier mainstream a déjà vécu ce décrochage : moins de lecteurs, moins de ventes, dépendance accrue aux aides, aux abonnements numériques ou aux grands groupes propriétaires. La télévision pensait peut-être être protégée par sa puissance d’image, son accès aux foyers et son prestige historique. Raté.

La télé subit maintenant la même sanction : les Français ne veulent plus qu’on leur serve une lecture unique du monde. Ils comparent, vérifient, cherchent ailleurs, regardent des extraits, suivent des émissions longues sur Internet, passent par Telegram, X, YouTube, Odysee, des sites indépendants ou des médias assumés comme dissidents.

On peut citer Le Média en 4-4-2, GPTV / Géopolitique Profonde, TVL ou encore Égalité et Réconciliation. On peut aimer ou ne pas aimer ces médias. Mais ils existent, ils sont consultés, et ils attirent un public qui ne se reconnaît plus dans les grands plateaux télé.

Les Français ne veulent plus être traités comme des enfants

Le divorce ne vient pas seulement de Netflix, de TikTok ou du temps passé sur le téléphone. C’est trop facile. La vraie casse vient aussi de la confiance perdue.

Le baromètre La Croix-Verian 2025 montre qu’une partie importante du public doute de ce qu’il reçoit. 40 % des Français disent être confrontés plusieurs fois par semaine à des informations qui déforment la réalité ou sont fausses à la télévision. Près d’un Français sur deux estime aussi qu’un éventuel label des médias sur Internet risquerait de favoriser les grands médias au détriment des petits acteurs ou de créer une forme de contrôle indirect des contenus.

Ce chiffre dit beaucoup. Quand on parle de « lutte contre la désinformation », une partie du pays entend déjà : tri officiel, sélection des bons élèves, marginalisation des voix qui dérangent. Et plus le système insiste pour dire aux Français qui ils doivent croire, plus une partie du public s’éloigne.



La Charte de Munich rangée au placard ?

Le journalisme n’est pas censé être un métier de récitation. La Charte de Munich de 1971 rappelle des principes simples : respecter la vérité, défendre la liberté d’information, ne pas confondre le métier avec la publicité ou la propagande, publier seulement des informations dont l’origine est connue, rectifier ce qui est inexact.

Sur le papier, tout le monde applaudit. Dans les faits, beaucoup de Français ont vu autre chose ces dernières années : invités triés, contradictions coupées, sujets interdits, experts interchangeables, vocabulaire imposé, soupçon permanent contre ceux qui refusent la version dominante.

À force de transformer les plateaux en tribunaux idéologiques, certains médias ont usé leur propre crédit. Un journaliste n’est pas là pour dresser le public, ni pour répéter les éléments de langage du pouvoir, ni pour distribuer les bons et les mauvais points. Quand il devient commentateur militant, il ne faut pas s’étonner que le public parte voir ailleurs.

La dissidence médiatique profite du vide laissé par les grands médias

Les médias alternatifs ne montent pas dans le vide. Ils montent parce que les grands médias ont laissé une place immense : celle du doute, de la contradiction, du temps long, des sujets qu’on évite, des questions qui fâchent.

Quand un citoyen a l’impression que le même récit passe sur toutes les chaînes, avec les mêmes invités, les mêmes angles et les mêmes indignations automatiques, il finit par chercher une autre porte. Ce n’est pas forcément de la radicalisation. C’est parfois simplement une envie de respirer.

Le mot « complotiste » a trop servi de massue. Il a été collé sur tout et n’importe quoi, parfois avant même que les faits soient vérifiés. Résultat : il ne convainc plus autant. Il fatigue. Beaucoup de Français ont compris que cette étiquette sert aussi à fermer la discussion.

Les chaînes mainstream paient aujourd’hui ce choix. Elles ont confondu autorité et arrogance. Elles ont cru que la répétition suffisait à fabriquer la confiance. Elles découvrent qu’un public méprisé ne reste pas fidèle éternellement.



La télévision mainstream paie sa facture

Les dirigeants des chaînes parlent de crise publicitaire, de concurrence des plateformes, de changement des usages. Tout cela existe. Mais il manque souvent une phrase dans leur diagnostic : une partie du public ne les croit plus.

Et quand la confiance part, le reste suit. L’audience baisse. La publicité baisse. Les budgets baissent. Les plans d’économies arrivent. Les chaînes serrent les coûts, coupent dans les programmes, remplacent l’enquête par du bavardage, puis s’étonnent que le public ne revienne pas.

Ce n’est pas seulement une crise de la télévision. C’est une crise de crédibilité. Les Français veulent pouvoir lire, écouter et regarder ce qu’ils veulent. Ils veulent comparer les versions. Ils veulent entendre autre chose que la petite musique officielle.

Après la presse écrite mainstream, les télévisions mainstream découvrent la même règle : quand on prend les gens pour des imbéciles trop longtemps, ils finissent par changer de chaîne. Et maintenant, ils ont l’embarras du choix.

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1 commentaire sur "Télévisions mainstream et baisse historique : les audiences chutent et les Français vont voir ailleurs"

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  1. En effet, l’avenir est bien incertain pour les « grandes » chaines de télévision. Les pauvres… Leur seul espoir pour survivre : dépendre entièrement des subventions de l’Etat. Evidemment cette dépendance financière impliquera de ne retransmettre que « les bons messages » édictés par nos gouvernants et surtout rien de polémique ni de compromettant. Ah, c’est déjà le cas ? Allez, je pense qu’on peut faire encore mieux : ne garder qu’une seule chaîne et puis la renommer « la vérité » *

    * « La vérité », en russe, se dit « Pravda », qui était l’organe de presse officiel et unique du parti communiste en URSS.

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