Géopolitique

Donald Trump sur l’Iran : « Le cessez-le-feu est rompu. Je ne veux plus avoir affaire avec eux. Ce sont des ordures ! »

Depuis Ankara, en plein sommet de l’OTAN, Donald Trump a annoncé que le cessez-le-feu avec l’Iran était « terminé ». Quelques semaines de pause, plus de 80 cibles frappées, puis l’insulte finale : « Ce sont des ordures. » Voilà donc la diplomatie version empire.

mise à jour le 09/07/26

La paix selon Washington tient donc en une formule : elle existe tant que l’adversaire obéit. Dès qu’il résiste, elle devient inutile.

Le 8 juillet 2026, Donald Trump a décidé que le chapitre iranien pouvait repasser en mode explosions. Interrogé à Ankara sur l’accord conclu quelques semaines plus tôt avec Téhéran, le président américain a répondu sans détour : « Pour moi, c’est terminé. Je ne veux plus avoir affaire avec eux. Ce sont des ordures. Vous savez ce que c’est une ordure ? Ce sont des gens malades dirigés par des gens malades. »


La déclaration est intervenue en marge du sommet de l’OTAN à Ankara, après une nouvelle séquence militaire dans le détroit d’Ormuz. Selon Washington, l’Iran aurait attaqué trois navires commerciaux dans cette zone stratégique, par où transite une part majeure du pétrole mondial. Réponse américaine : plus de 80 cibles bombardées en Iran, avant des représailles revendiquées par Téhéran contre des installations américaines dans le Golfe.

Dans la bouche de Trump, tout devient limpide : les États-Unis frappent, puis expliquent que la discussion ne sert à rien. Le président américain a même jugé que traiter avec l’Iran était une perte de temps. Pour un pays qui se présente depuis des décennies comme arbitre du monde, le message est d’une grande simplicité : Washington décide de ce qui est légal, moral, nécessaire, proportionné et, si besoin, humanitaire.



Le décor compte aussi. Trump n’a pas prononcé ces mots dans un couloir anonyme, mais au cœur de l’OTAN, cette alliance officiellement défensive qui accompagne si souvent les grandes colères américaines. Le Moyen-Orient connaît la chanson : sanctions, porte-avions, frappes ciblées, menaces sur les routes maritimes, puis conférences de presse sur la stabilité mondiale.

Le cessez-le-feu avec l’Iran, lui, n’aura pas pesé bien lourd. Un mémorandum, quelques signatures, des promesses, puis retour au langage habituel : celui des bombes. Et quand l’autre camp répond, il devient aussitôt “violent”, “vicieux”, “malade”. Pratique. L’empire se réserve le droit de faire feu, mais appelle “agression” toute riposte à ses propres frappes.

Trump a aussi brandi l’argument nucléaire, affirmant que les Iraniens utiliseraient la bombe s’ils en disposaient. L’ironie est épaisse. Les États-Unis restent le seul pays à avoir utilisé l’arme nucléaire contre des populations civiles, mais continuent de distribuer les brevets de responsabilité atomique au reste de la planète.

Au centre de cette nouvelle escalade, le détroit d’Ormuz reste le nerf de la guerre. Washington dit protéger la liberté de navigation. Téhéran affirme défendre sa souveraineté. Entre les deux, les marchés regardent le prix du pétrole grimper, pendant que les chancelleries européennes font semblant de découvrir qu’un conflit dans le Golfe peut avoir des conséquences.



Le plus frappant, dans cette séquence, n’est même plus la brutalité du propos. C’est son côté automatique. Un incident à Ormuz, des frappes massives, une rupture politique, puis l’insulte. Trump ne vend pas une stratégie ; il vend une humeur. Et l’OTAN, comme souvent, fournit le décor.

La paix selon Washington tient donc en une formule : elle existe tant que l’adversaire obéit. Dès qu’il résiste, elle devient inutile. Dès qu’il réplique, il devient fou. Et dès que les bombes ne suffisent plus, Donald Trump trouve toujours un micro pour expliquer que le problème, c’est les autres.

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