L’histoire avait commencé quelques jours plus tôt. Après la qualification historique de l’Égypte face à l’Australie, Hossam Hassan avait brandi un drapeau palestinien et dédié la victoire au peuple égyptien et au peuple palestinien. Le sélectionneur n’a pas cherché à esquiver le sujet. En conférence de presse, avant d’affronter l’Argentine, il a parlé de Gaza et de la souffrance palestinienne, qualifiée de honte pour le monde par plusieurs médias internationaux. Son message tenait en une idée simple : les Palestiniens ne demandent pas un privilège, seulement le droit de vivre.
Face à l’Argentine, l’Égypte a longtemps cru tenir l’exploit. Yasser Ibrahim puis Mostafa Ziko ont mis les Pharaons devant. Puis l’Albiceleste est revenue miraculeusement en fin de match : Cristian Romero, Lionel Messi et Enzo Fernández ont renversé la table. Mais la fin de rencontre a été avalée par la colère égyptienne : décisions arbitrales contestées, protestations, frustration, sentiment d’un match qui échappe autant au terrain qu’aux joueurs.
Alors que le sélectionneur de l’Égypte Hossam Hassan avait invité le monde du foot et le public à ne pas oublier les Palestiniens à Gaza, des supporters argentins ont brandi le drapeau d’Israël pour le provoquer : pic.twitter.com/kf8luT2Sjg
— AJ+ français (@ajplusfrancais) July 8, 2026
Et dans ce contexte déjà électrique, plusieurs images diffusées autour de la rencontre montrent des supporters argentins agitant des drapeaux israéliens. Si la scène a bien été utilisée comme réponse au geste palestinien de Hassan, elle n’a rien d’un simple folklore de tribune. Elle sonne comme une provocation directe envers un sélectionneur qui venait de rappeler Gaza au milieu du grand spectacle FIFA.
Le symbole est d’autant moins neutre que l’Argentine de Javier Milei s’est alignée avec une ferveur rare sur Israël. Depuis son arrivée au pouvoir, le président argentin a multiplié les gestes politiques : promesse de transférer l’ambassade argentine à Jérusalem, soutien appuyé au gouvernement israélien, réception du Genesis Prize, souvent présenté comme le « Nobel juif », et lancement des Accords Isaac, destinés à renforcer les liens entre Israël et l’Amérique latine.
Nous avons déjà consacré un article au soutien inconditionnel de Javier Milei à Israël. Le président argentin ne cache d’ailleurs pas son tropisme. Il s’est présenté comme l’un des dirigeants les plus pro-israéliens au monde, transformant la diplomatie argentine en annexe enthousiaste de Tel-Aviv.
Lionel Messi, lui, n’a jamais eu besoin de se transformer en porte-parole officiel pour servir de vitrine. En 2013, lors de la tournée du FC Barcelone vendue comme une opération de « paix », on le voit au mur des Lamentations avec une kippa, puis dans une rencontre officielle avec Shimon Peres et Benjamin Netanyahu à Jérusalem. Certes, le Barça avait aussi rencontré des responsables palestiniens. Mais dans la bataille des images, Israël a surtout récupéré la plus grande star du football mondial. En 2019, lorsque l’Argentine revient jouer à Tel-Aviv après l’annulation d’un match prévu à Jérusalem l’année précédente, la présence de Messi devient encore un trophée symbolique. Pas besoin d’un communiqué : une photo, une kippa, une poignée de main et toute la diplomatie sportive fait le reste.
🇪🇬 🇵🇸 | Déclaration de Hossam Hassan après la qualification de l’Égypte pour les 8es de finale de la Coupe du monde :
🎙️ « Regardez à quel point le peuple palestinien, avec qui sont mon cœur et mon âme, est heureux pour nous malgré les souffrances qu’il endure.
Que Dieu les… pic.twitter.com/5lZ5A0fyyZ
— Egypt News (@EgyptNews_fr) July 3, 2026
Hossam Hassan, lui, a choisi une autre posture : celle d’un entraîneur arabe qui refuse de faire comme si Gaza n’existait pas pendant que le ballon roule. Son drapeau palestinien a suffi à faire sortir les masques. L’Argentine a gagné le match. Mais dans les tribunes d’Atlanta, certains ont tenu à rappeler que, dans ce Mondial, la provocation politique voyage aussi en bleu et blanc.
Le football devait être une fête. Il devient, une fois encore, le tableau d’affichage des alliances les plus crues. Et quand l’Égypte parle de Palestine, l’Argentine de Milei trouve toujours quelqu’un pour agiter Israël au premier rang.
Pas encore de commentaire sur "Les supporters de Lionel Messi sortent les drapeaux israéliens lors d’Argentine–Égypte à la Coupe du monde"