Philippe de Villiers : « La Journée de l’Europe et l’Union européenne sont des créations américaines »

La construction européenne, souvent présentée comme une initiative purement continentale, doit beaucoup à l’influence américaine. Philippe de Villiers n’hésite pas à rappeler que cette dernière, tout comme la Journée de l’Europe célébrée chaque 9 mai, trouve ses origines dans une vision géopolitique portée par Washington. Pourtant, derrière ce récit transatlantique se cachent des réalités plus sombres, où les pères fondateurs de l’UE, comme Robert Schuman et Jean Monnet, ont parfois œuvré dans l’ombre de régimes que l’Histoire a condamnés.

mise à jour le 12/07/26

Derrière les discours sur la paix européenne se cachent des ombres que l’Histoire a préféré oublier.

Robert Schuman : entre collaboration et rédemption européenne

Le 10 juillet 1940, à Vichy, l’Assemblée nationale accorde les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Parmi les 568 parlementaires qui votent en faveur de cette décision, on trouve Robert Schuman, futur architecte de la déclaration du 9 mai 1950, souvent présentée comme l’acte fondateur de l’Europe unie. Un vote sans débat, une page peu glorieuse que les récits officiels préfèrent omettre. Pourtant, c’est ce même Robert Schuman qui, quelques années plus tard, deviendra le symbole de la réconciliation franco-allemande… sous l’égide des États-Unis.

Jean Monnet : l’homme de Washington

Jean Monnet, autre pilier de la construction européenne, passe les années 1940 à 1943 à Washington, où il travaille successivement pour le gouvernement britannique puis pour l’administration américaine. Son rôle dans la modernisation de la France après-guerre, via le Plan Monnet, s’inspire en partie des structures économiques mises en place par le régime de Vichy. Une ironie de l’Histoire : les outils de la collaboration deviennent ceux de la reconstruction, sous l’influence directe des États-Unis.

Maurice Lagrange : de Vichy à la Cour de justice européenne

Maurice Lagrange, juriste influent, participe en 1940 à la rédaction du statut des Juifs, puis en 1941 à celui de la fonction publique sous Vichy. Après la Libération, il échappe à l’épuration et se retrouve, en 1952, avocat général français à la Cour de justice des Communautés européennes. Un parcours qui illustre la continuité entre l’administration de Vichy et les institutions européennes naissantes, sous le regard bienveillant des Américains.



Une Europe sous influence

Les faits sont là : l’Union européenne, souvent présentée comme un projet de paix et de coopération, a été façonnée par des hommes dont les trajectoires croisent celles de régimes collaborateurs. Philippe de Villiers a raison de souligner que cette construction, loin d’être une initiative purement européenne, a été largement inspirée, voire pilotée, par les États-Unis. La Journée de l’Europe, célébrée chaque 9 mai, commémore la déclaration Schuman de 1950. Mais elle devrait aussi nous rappeler que l’Histoire de l’UE est bien plus complexe qu’un simple conte de fées transatlantique.

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