Politique

Trump signe la paix puis rebombarde l’Iran : Téhéran ferme Ormuz et riposte

Un accord de paix annoncé en juin, de nouvelles bombes larguées en juillet. La politique de Donald Trump face à l’Iran tient désormais dans cette chronologie assez déroutante. Les États-Unis ont encore frappé le territoire iranien dans la nuit de dimanche à lundi, provoquant une riposte de Téhéran contre plusieurs installations militaires américaines dans les pays du Golfe. Le détroit d’Ormuz se retrouve une nouvelle fois presque paralysé, tandis que les cours du pétrole repartent brutalement à la hausse.

mise à jour le 13/07/26

Trump promettait d’arrêter la guerre ; quelques semaines plus tard, les missiles américains repartent vers l’Iran.

Un accord de paix annoncé en juin, de nouvelles bombes larguées en juillet. La politique de Donald Trump face à l’Iran tient désormais dans cette chronologie assez déroutante. Les États-Unis ont encore frappé le territoire iranien dans la nuit de dimanche à lundi, provoquant une riposte de Téhéran contre plusieurs installations militaires américaines dans les pays du Golfe. Le détroit d’Ormuz se retrouve une nouvelle fois presque paralysé, tandis que les cours du pétrole repartent brutalement à la hausse.

Le lundi 13 juillet 2026, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient a confirmé avoir attaqué des dizaines de cibles en Iran. Systèmes de défense aérienne, radars côtiers, équipements liés aux missiles et aux drones, ainsi que plusieurs petites embarcations ont été visés.

Ces frappes ont été réalisées sur ordre de Donald Trump, moins d’un mois après l’annonce d’un accord censé arrêter la guerre. La Maison-Blanche semble avoir trouvé une méthode assez personnelle pour consolider la paix : signer un texte, déclarer que tout est réglé, puis recommencer à bombarder quelques semaines plus tard.

Un accord de paix qui n’aura pas tenu longtemps

Le 14 juin, Donald Trump annonçait fièrement un accord entre Washington et Téhéran. Le texte prévoyait un cessez-le-feu, la reprise des discussions diplomatiques et la réouverture du détroit d’Ormuz. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait alors salué un accord présenté comme permanent.

Un mémorandum d’accord a ensuite été conclu à la mi-juin. Son objectif était simple : arrêter les opérations militaires et régler par la négociation les désaccords concernant le détroit, la circulation maritime et le programme nucléaire iranien.

Moins de quatre semaines plus tard, les avions et les missiles américains étaient de nouveau à l’œuvre. L’accord « permanent » aura donc surtout démontré la grande souplesse du vocabulaire diplomatique de Washington.



Washington affirme protéger la navigation en bombardant les côtes iraniennes

Les États-Unis justifient leurs attaques par la nécessité de protéger les navires commerciaux circulant dans le détroit d’Ormuz. Le CENTCOM affirme que l’Iran menace les équipages civils et perturbe le commerce mondial. Dans son communiqué, l’armée américaine assure que « l’Iran ne contrôle pas » cette voie maritime.

La formule est catégorique. La situation réelle l’est beaucoup moins. Les forces iraniennes disposent d’installations, de batteries de missiles, de drones et de moyens navals tout au long de leur côte. Elles ont déjà montré qu’elles pouvaient ralentir considérablement la circulation sans avoir besoin de bloquer physiquement chaque navire.

Téhéran accuse pour sa part les États-Unis d’avoir violé presque toutes les dispositions du mémorandum. Le ministère iranien des Affaires étrangères avait déjà dénoncé fin juin une « violation flagrante » de l’accord après une précédente série de bombardements américains.

La position iranienne peut être contestée, mais elle reste lisible : si les frappes cessent et si l’accord est respecté, la navigation peut reprendre progressivement. Si l’Iran est attaqué, il riposte et restreint le passage dans le détroit. Washington change plus souvent de scénario. Un jour, l’accord est historique. Le suivant, il serait dépassé. Puis les négociations continueraient tout de même, pendant que les bombardiers décollent.


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L’Iran vise les installations américaines dans les pays du Golfe

Après les nouvelles frappes américaines, les Gardiens de la révolution ont annoncé avoir attaqué des bases ou des installations utilisées par les États-Unis en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït.

L’armée jordanienne a déclaré avoir intercepté quatre missiles iraniens, sans faire état de victime ni de dégât matériel. Au Koweït, les autorités militaires ont annoncé que leurs défenses affrontaient des « cibles aériennes hostiles ». Des alertes ont également retenti à Bahreïn, où se trouve la Ve flotte américaine.

Les affirmations de destruction avancées par chaque camp doivent évidemment être vérifiées avec prudence. Washington présente régulièrement ses attaques comme précises et limitées. Téhéran décrit ses ripostes comme parfaitement maîtrisées. Au milieu, les habitants des pays du Golfe découvrent qu’héberger des installations militaires américaines peut transformer leur territoire en cible.

L’Iran considère ces bases comme des éléments directs du dispositif utilisé pour l’attaquer. Son raisonnement n’a pas varié depuis le début de la guerre : tout pays fournissant son espace aérien, ses infrastructures ou son territoire aux opérations américaines s’expose à une réponse militaire.



La pression israélienne derrière les hésitations de Trump ?

La pression exercée par le gouvernement israélien contre un rapprochement entre Washington et Téhéran est toutefois parfaitement visible.

Fin mai, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait déclaré qu’Israël ne laisserait pas aboutir un accord jugé défavorable à ses intérêts. « Nous ne permettrons pas que cela arrive », avait-il prévenu. Une déclaration qui laisse peu de place aux devinettes.

Donald Trump doit ainsi composer avec un allié israélien hostile à tout compromis durable avec l’Iran, tout en continuant à se présenter comme un président capable d’arrêter les guerres. La combinaison produit une diplomatie étrange : la paix est annoncée devant les caméras, puis l’armée reprend le travail dès que l’équilibre régional ne convient plus.



Le détroit d’Ormuz refermé, le pétrole repart à la hausse

L’Iran a annoncé une nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz jusqu’à nouvel ordre, tout en maintenant un couloir de navigation proche de ses côtes. Cette décision était prévisible. Bombarder les moyens militaires iraniens installés autour du passage tout en exigeant de Téhéran qu’il garantisse gratuitement la circulation mondiale relevait déjà d’un pari particulièrement optimiste.

En temps normal, environ un cinquième du pétrole échangé dans le monde transite par ce passage entre l’Iran et Oman. La moindre perturbation se répercute donc rapidement sur les marchés.

Lundi matin, le Brent gagnait près de 4 %, à 78,96 dollars le baril. Le pétrole américain progressait également de 4 %, à 74,26 dollars. Les investisseurs savent lire une carte : lorsqu’une guerre reprend autour de l’une des principales routes énergétiques de la planète, les prix montent avant même que les approvisionnements soient réellement interrompus.

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