Musique

La prestation de Barbara Butch stoppée après une contestation pro-Palestine

Le programme promettait un concert de Barbara Butch à 22h20, au Jardin de Ville. Le public, lui, n’a eu droit qu’à une vingtaine de minutes. Plus d’une centaine de militants pro-Palestine ont sifflé, brandi des drapeaux et scandé des slogans devant la scène. La municipalité a fini par couper le son. Motif : sécurité. Le Cabaret Frappé n’aura jamais aussi bien porté son nom.

mise à jour le 20/07/26

Barbara Butch s’est mise tout le monde à dos : même les milieux pro-LGBT ne la supportent plus.

La venue de la DJ était contestée depuis le mois de mai. L’élu grenoblois LFI Allan Brunon appelait à un « boycott culturel » après la signature, par Barbara Butch, d’une tribune favorable à la proposition de loi Yadan. Quelques jours avant le festival, il déclarait : « Nous sommes prêts à mettre des moyens humains pour empêcher nous-mêmes la venue de Mme Barbara Butch ». Samedi, les militants sont venus avec des drapeaux, des sifflets et aucune envie d’attendre le rappel.

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La mairie avait choisi une artiste devenue un symbole politique autant qu’une DJ. Elle a ensuite paru surprise de voir la politique arriver devant les enceintes. Très visible depuis la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024, Barbara Butch avait déjà accumulé les polémiques. Le festival se présentait comme gratuit, festif et engagé. L’engagement est arrivé sans accréditation.



La loi Yadan derrière le boycott de Barbara Butch

On ne parlait pas seulement de musique. La proposition de loi Yadan, déposée en 2024, affirmait vouloir combattre les « formes renouvelées de l’antisémitisme ». Ses opposants lui reprochaient de brouiller la frontière entre la lutte nécessaire contre l’antisémitisme et la critique de l’État d’Israël. Le texte a été retiré de l’ordre du jour le 16 avril 2026. La signature, elle, est restée.

Barbara Butch figurait parmi les signataires d’une tribune publiée par Le Point en soutien au texte. Pour LFI Grenoble et les militants présents au Cabaret Frappé, cette prise de position rendait sa programmation incompatible avec la solidarité affichée envers les Palestiniens. La musique n’était que l’emballage. Le dossier s’appelait Gaza, avec en arrière-plan la façon dont la critique de la politique israélienne est traitée en France.

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Jets de bouteilles et sabotage : deux soirées pour le prix d’une

Sur le reste, les versions se cognent. La Ville de Grenoble a parlé de « menaces », d’« intimidations » et de « violences ». Des jets de bouteilles en verre vers la scène et un sabotage d’installations électriques ont ensuite été rapportés. Allan Brunon conteste les projectiles et décrit le rassemblement comme une « manifestation pacifique ». Chacun dispose désormais de sa vidéo, de son communiqué et de sa soirée parallèle.

Le concert s’est donc arrêté après environ vingt minutes. Politiquement, le résultat est moins propre. Les violences alléguées offrent aux soutiens de la politique israélienne une réponse toute prête : ne plus parler de Gaza et travestir la contestation en manifestation d’antisémitisme. C’est exactement la confusion que les adversaires de la loi Yadan affirment combattre.

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Bilan : vingt minutes aux platines, aucun rappel et un service de communication promis à un long été. Le concert était gratuit. Le mal de tête municipal, beaucoup moins.

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