Pédocriminalité

Éric Coquerel (LFI) : « Les violeurs de bébés ne sont pas forcément incurables ! »

Vendredi 17 juillet 2026, l’article 11 du projet de loi relatif à la protection des enfants a été rejeté à l’Assemblée nationale. Durci en commission, il conservait la réclusion criminelle à perpétuité pour les viols en série commis sur des mineurs de moins de 15 ans. Les députés LFI présents ont tous voté contre.

mise à jour le 20/07/26

La prison à vie paraît excessive ; les vies d’enfants brisées, elles, n’obtiennent aucune remise de peine.

Le scrutin public n°8399 est simple à lire : 37 voix pour, 41 contre et trois abstentions. Les 41 voix contre sont venues des élus présents de La France insoumise, des socialistes, des écologistes et du groupe Gauche démocrate et républicaine. Côté LFI, 24 députés ont appuyé sur le bouton « contre », dont Éric Coquerel et Marianne Maximi.

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Le durcissement avait été ajouté après l’affaire Lyhanna et la découverte de plaintes antérieures restées sans traitement suffisant. En séance, un amendement adopté par 35 voix contre 21 a ramené à trente ans la peine encourue pour un viol sur mineur ayant entraîné la mort. L’amendement qui voulait également remplacer la perpétuité par trente ans pour les viols sériels sur des moins de 15 ans a, lui, été rejeté par 67 voix contre 24.

La perpétuité figurait donc encore dans l’article lorsqu’il a été rejeté. La différence n’est pas seulement symbolique : une condamnation à trente ans peut être réduite par des remises de peine et permettre une libération avant son terme, tandis qu’une peine de réclusion criminelle à perpétuité maintient la possibilité d’un enfermement jusqu’à la mort du condamné.



Éric Coquerel pense déjà à « quand ils sortent de prison »

Invité de BFM Politique dimanche 19 juillet, Éric Coquerel a défendu cette ligne. Interrogé sur les auteurs de viols sériels d’enfants, le député a répondu qu’ils n’étaient « pas forcément incurables ». Il a ensuite demandé davantage de moyens afin de garantir, « quand ils sortent de prison », l’absence de récidive.

Le député dénonce « une espèce de surenchère qui ne règle rien » et mise sur la prévention, le suivi judiciaire et l’accompagnement psychiatrique. Le besoin de moyens contre la pédocriminalité est réel. Mais il n’oblige pas à retirer la peine maximale pour les criminels sériels finalement condamnés. Des moyens pour la justice et une lourde peine peuvent coexister dans la même politique pénale : ce n’est pas un studio parisien.

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Le chiffre des 3 % utilisé pour écarter l’article

Dans le compte rendu des débats, Marianne Maximi affirme que « seuls 3 % des auteurs de viol sont condamnés » et que le véritable sujet serait celui des 97 % restants. Le constat, s’il justifie de renforcer les enquêtes, ne répond pas à la question posée : quelle peine réserver aux auteurs de viols répétés sur enfants lorsque la justice parvient précisément à les condamner ?

Opposer le renforcement des enquêtes à l’alourdissement des peines crée un faux choix. Rien n’empêche de mieux recueillir la parole des victimes, d’accélérer les procédures, de financer les expertises et, dans le même temps, de prévoir la perpétuité pour les violeurs en série d’enfants effectivement condamnés. On peut mieux recueillir la parole des victimes, accélérer les procédures, financer les expertises et maintenir plus longtemps hors d’état de nuire les prédateurs sexuels condamnés. L’État sait parfois faire deux choses à la fois, surtout lorsqu’il s’agit de lever des impôts.

Ce que prévoit déjà le code pénal

Le droit actuel punit de vingt ans de réclusion le viol d’un mineur de moins de 15 ans. Le viol ayant entraîné la mort est puni de trente ans de réclusion criminelle. Quant au viol précédé, accompagné ou suivi de tortures ou d’actes de barbarie, il est déjà passible de la perpétuité. Le cœur du désaccord portait donc sur l’ajout de la perpétuité pour certains viols sériels sur des moins de 15 ans, pas sur une peine générale appliquée à toutes les infractions sexuelles.

Un sondage CSA publié le 17 juin indiquait que 92 % des répondants étaient favorables à la perpétuité réelle pour les auteurs de crimes sur des enfants. La question portait sur la perpétuité réelle et sur l’ensemble des crimes commis sur des enfants, pas sur le seul article 11. Cela n’en fait pas un référendum, mais l’écart avec le vote du 17 juillet est flagrant.

Le gouvernement a demandé une seconde délibération. L’Assemblée doit reprendre l’article mardi 21 juillet, avant le vote solennel du projet de loi. Les députés pourront donc revoter, cette fois avec le résultat du premier scrutin sous les yeux.

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LFI présente son vote comme un refus de l’escalade pénale. Le résultat brut est moins sophistiqué : les 24 députés insoumis présents ont rejeté l’article, puis Éric Coquerel a parlé des garanties à prévoir lors de la sortie de prison. La doctrine est cohérente. Le problème n’est pas la cohérence. C’est l’ordre des priorités.

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