La soirée devait se limiter à une célébration sportive. Le 15 juillet 2026, plusieurs supporters argentins regardaient la demi-finale de la Coupe du monde entre l’Argentine et l’Angleterre dans un restaurant de Morro de São Paulo, dans l’État de Bahia. Au milieu des festivités, l’argentin Sebastián Fernando Ayala a adressé des gestes imitant un singe à un employé afro-brésilien de l’établissement.
La scène a été enregistrée avec un téléphone par un autre salarié du restaurant. Selon la décision rendue par le Tribunal de justice de Bahia, la victime, Renailton Ferreira dos Santos, est âgée de 22 ans. Elle ne travaillait pas ce soir-là, mais se trouvait dans l’établissement pour suivre la rencontre.
La Justicia brasileña dicta prisión preventiva contra un argentino de nombre Sebastián Ayala por gestos racistas durante un partido de Argentina; el individuo huyó cobardemente de Brasil, la fiscalía brasileña está solicitando su detención y extradición por delitos raciales. pic.twitter.com/voYW8EzM70
— Vision País Chile 📡 (@visionpaischile) July 18, 2026
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Ayala était arrivé au Brésil le 10 juillet et devait repartir le 19. Il a finalement quitté Morro de São Paulo le soir même de l’incident, vers 21 heures. Les enquêteurs ont reconstitué son trajet à partir des images de vidéosurveillance, des billets d’avion et des témoignages recueillis sur place.
Le suspect a rejoint Salvador par voie maritime puis terrestre. Il a pris un premier avion à destination de Rio de Janeiro le 16 juillet à 5 heures du matin, avant d’embarquer quelques heures plus tard pour Buenos Aires. Les caméras de l’aéroport de Salvador ont permis de confirmer son passage.
Ce départ anticipé a pesé dans la décision du juge Marcelo José Santos Lagrota Félix. Le magistrat considère que la présence d’Ayala hors du territoire brésilien risque de compromettre la procédure et l’application d’une éventuelle peine. Le mandat doit être inscrit au registre national brésilien, tandis que la Police fédérale a été saisie.
Une enquête pour injure raciale
La procédure vise pour le moment des faits présumés d’injure raciale. En droit brésilien, cette infraction est passible de deux à cinq ans de prison. Le juge a estimé que les vidéos, le dépôt de plainte et les déclarations des témoins constituaient des indices suffisamment sérieux pour autoriser une détention provisoire.
Dans son ordonnance, le magistrat qualifie les gestes reprochés au suspect d’« atteinte flagrante à la dignité de la personne humaine ». Il refuse également de les réduire à une plaisanterie. Selon lui, présenter une imitation raciste — en mimant un singe — comme une simple blague permet surtout d’en minimiser la violence et de rabaisser la personne visée.
L’enquête est menée par le commissariat territorial de Cairu, qui a entendu les employés du restaurant et récupéré les enregistrements réalisés pendant la soirée.
La coopération internationale désormais envisagée
Ayala se trouvant en Argentine, les policiers brésiliens ne peuvent pas exécuter directement le mandat. La suite dépendra des démarches engagées auprès de la Police fédérale et des mécanismes de coopération entre Brasilia et Buenos Aires. À ce stade, aucune arrestation en Argentine n’a été annoncée.
Le dossier est suivi de près au Brésil, où plusieurs touristes étrangers ont récemment été interpellés pour des accusations comparables. L’avocate argentine Agostina Páez avait notamment été poursuivie après avoir été filmée en train d’effectuer des gestes racistes dans un bar de Rio de Janeiro. En avril, José Luis Haile avait été arrêté à Copacabana après des insultes visant une employée noire. Un autre ressortissant argentin, Eduardo Ignacio Murias, a été placé en détention dans le Minas Gerais après la découverte de messages racistes concernant un enfant de sept ans.
Ces dossiers n’ont ni le même contexte ni le même état d’avancement judiciaire. Ils montrent toutefois que les autorités brésiliennes appliquent sans attendre leur législation contre les injures raciales, y compris lorsque la personne mise en cause est étrangère et présente dans le pays pour quelques jours.
Dans le cas de Sebastián Fernando Ayala, la justice de Bahia devra maintenant obtenir sa présentation devant les autorités brésiliennes. La vidéo, les témoignages et les traces de son départ font déjà partie du dossier. Reste à savoir si la coopération avec l’Argentine permettra l’exécution du mandat.
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