Société

Olivier Roland face à Oussama Ammar : 44 000 € versés pour SpaceX, aucune action achetée

Dans une vidéo publiée le 27 mai 2026, Olivier Roland raconte avoir versé 44 000 euros en 2020 pour participer à une opération d’investissement dans SpaceX organisée par une structure de The Family. Les actions promises n’ont jamais été achetées. Deux juridictions civiles ont depuis retenu des détournements de fonds portant sur plusieurs millions d’euros. Oussama Ammar conteste cette lecture du dossier et a accepté le principe d’un débat public.

mise à jour le 19/07/26

44 000 euros versés pour investir dans SpaceX. Aucune action achetée, selon les décisions civiles citées par Olivier Roland.

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« Je suis une victime d’Oussama Ammar. » Le titre de la vidéo publiée par Olivier Roland (voir ci-dessous) ne laisse aucune place au doute sur sa position. Pendant quarante-trois minutes, l’entrepreneur revient sur une opération proposée en 2020 : investir dans SpaceX par l’intermédiaire d’un véhicule financier rattaché à The Family, l’ancien incubateur cofondé par Oussama Ammar, Alice Zagury et Nicolas Colin.

Olivier Roland n’était alors ni un inconnu ni un nouvel investisseur du réseau. Actionnaire de The Family depuis 2014, il explique avoir participé pendant plusieurs années à une dizaine d’opérations sans incident majeur. Cette relation ancienne explique, selon lui, pourquoi il n’a pas hésité lorsqu’une nouvelle occasion d’acheter indirectement des actions SpaceX lui a été présentée.


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44 000 euros envoyés après la promesse d’un investissement dans SpaceX

L’opération commence en juin 2020. Olivier Roland reçoit un message proposant de rejoindre un groupe d’investisseurs souhaitant acquérir des titres de l’entreprise spatiale d’Elon Musk. En septembre, un second courriel annonce qu’une possibilité d’achat aurait été obtenue auprès d’un intermédiaire financier réputé. Les participants sont invités à envoyer rapidement leur argent.

Entre le 24 et le 28 septembre 2020, Olivier Roland effectue trois virements pour un montant total de 44 000 euros. Quelques semaines plus tard, le 14 octobre, un nouveau message annonce que l’offre a été acceptée et que les documents seraient prochainement disponibles sur une plateforme destinée aux investisseurs.

« J’ai investi 44 000 euros dans un placement censé aller dans SpaceX. Cet investissement n’a jamais eu lieu. »

Les documents judiciaires publiés plusieurs années plus tard confirment qu’aucune action SpaceX n’a été acquise par la structure concernée. Le jugement rendu aux îles Caïmans le 4 décembre 2023 indique que 804 100 euros avaient été reçus d’investisseurs pour cette opération. Aucun titre SpaceX n’a finalement été acheté.



SpaceX, Stripe, Airbnb, Algolia : des investissements jamais réalisés

Le dossier ne concerne pas uniquement SpaceX. La juridiction caïmanaise a examiné plusieurs opérations destinées à acheter des actions de sociétés technologiques avant leur entrée en Bourse. Elle cite notamment Stripe, Airbnb, Algolia et Side.

Plus d’un million d’euros avaient été reçus pour Stripe, près de 882 000 euros pour Airbnb et 73 500 euros pour Side. Le tribunal indique qu’aucune action de ces sociétés n’a été achetée. Une seule opération, concernant Unison, a été partiellement exécutée, mais 148 514 euros n’y auraient pas été affectés comme prévu.

Au total, la Grand Court des îles Caïmans a retenu que 3 420 969,75 euros avaient été indûment retirés des comptes de la société. Le jugement précise que de nombreux virements portaient des libellés présentés comme liés à des achats d’actions qui n’ont jamais été effectués.

Selon le juge, la structure avait été créée pour investir l’argent confié par les participants, et non pour payer des dépenses personnelles, accorder des prêts ou financer d’autres activités. La juridiction a évalué le préjudice, en incluant les gains que les investissements auraient pu produire, à plus de 7,36 millions d’euros.

Une condamnation britannique de 6,49 millions de livres sterling

Une seconde décision a été rendue le 3 mars 2025 par la Haute Cour de justice britannique. Dès les premières lignes, le juge David Elvin décrit une « fraude substantielle » accompagnée de manquements aux obligations de dirigeant.

Le dossier britannique ne porte pas seulement sur les fonds destinés aux investissements. Il comprend également des virements vers les sociétés personnelles d’Oussama Ammar, des paiements de cartes bancaires, des sommes versées à des proches ainsi que des opérations concernant Algolia et PayFit.

La juridiction a accordé 6 488 497,92 livres sterling de dommages et intérêts aux différentes entités de The Family. Elle a aussi ordonné la restitution de 400 000 actions de la société Unison détenues par Fabuleo, une entreprise appartenant à Oussama Ammar.

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Des décisions civiles rendues dans un contexte procédural contesté

Les jugements des îles Caïmans et du Royaume-Uni sont des décisions civiles. Ils ne doivent donc pas être présentés comme des condamnations pénales. Leur déroulement doit également être expliqué.

Aux îles Caïmans, Oussama Ammar et ses deux sociétés ne se sont pas présentés à l’audience consacrée à l’évaluation du préjudice. Le tribunal indique qu’ils avaient été informés de la date et avaient reçu les documents produits par la partie adverse. Le juge a donc statué à partir des preuves apportées par The Family, sans contre-interrogatoire de ses témoins.

Au Royaume-Uni, Oussama Ammar avait participé à plusieurs étapes de la procédure et déposé une défense écrite. Celle-ci a ensuite été écartée en juillet 2024, après plusieurs manquements aux ordonnances du tribunal. Oussama Ammar ne s’est pas présenté à l’audience finale. Le juge a estimé que cette absence était vraisemblablement intentionnelle.

Le 2 septembre 2025, la cour d’appel des îles Caïmans a refusé une nouvelle demande d’autorisation d’appel. Les magistrats ont constaté que les appelants n’avaient transmis aucun document, n’avaient pas répondu à la cour et ne s’étaient pas présentés à l’audience.

Oussama Ammar conteste la présentation d’Olivier Roland

Après la diffusion de la vidéo, Oussama Ammar a publié une longue réponse contestant le récit d’Olivier Roland. Il ne nie pas que l’investissement SpaceX n’a pas été réalisé, mais refuse la manière dont les décisions judiciaires sont présentées.

Il insiste notamment sur l’absence, selon lui, d’un véritable examen contradictoire de ses arguments. Il replace les procédures dans le conflit qui l’oppose à ses anciens associés Alice Zagury et Nicolas Colin, et affirme que les mouvements de trésorerie doivent être compris dans le fonctionnement général de The Family.

Oussama Ammar reproche également à Olivier Roland de ne pas avoir annoncé dès le début de sa vidéo qu’il détenait désormais des droits dans une structure chargée du recouvrement des sommes accordées par les tribunaux. Olivier Roland indique lui-même avoir reçu des droits correspondant à son capital initial ainsi qu’au gain théorique qu’aurait produit l’investissement SpaceX.

Dans sa réponse, Oussama Ammar annonce que ses avocats étudient d’éventuelles poursuites contre Olivier Roland. Il accepte toutefois sa proposition de débat public, dans un média neutre et sans coupure. Olivier Roland a confirmé le 8 juillet que le principe de cette confrontation avait été accepté.

Une précédente condamnation pénale dans l’affaire BeSport

Le dossier publié par Olivier Roland comprend aussi un jugement du tribunal correctionnel de Nanterre daté du 14 juin 2018. Dans cette affaire distincte, liée à la société BeSport, Oussama Ammar avait été condamné à quatre mois d’emprisonnement avec sursis pour abus de confiance, faux et usage de faux.

Cette ancienne condamnation ne suffit pas à trancher les procédures pénales actuellement en cours autour de The Family. En France, Oussama Ammar reste présumé innocent tant qu’aucune décision pénale définitive n’a été rendue sur ces nouveaux faits.

Olivier Roland appelle les autres investisseurs à témoigner

Olivier Roland explique avoir attendu plusieurs années avant de prendre publiquement la parole. Son objectif déclaré est de rendre accessibles les courriels, les décisions judiciaires et le parcours de l’argent. Il a réuni les principaux jugements et documents sur une page dédiée.

Depuis la publication de la vidéo, il affirme avoir reçu plusieurs témoignages concernant des investissements, des partenariats ou des transactions impliquant Oussama Ammar. Il invite les personnes disposant de documents à les lui transmettre.

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Une chose est désormais établie par les décisions civiles : les 804 100 euros réunis pour l’opération SpaceX n’ont pas servi à acheter les actions annoncées. Pour Olivier Roland, les 44 000 euros envoyés en septembre 2020 restent liés aux procédures de recouvrement. Le débat public promis entre les deux hommes devra maintenant confronter leurs versions, documents à l’appui.

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