Le gouvernement britannique vient de confirmer la création de l’Electric Vehicle Excise Duty, une taxe kilométrique spécialement conçue pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables.
Le tarif annoncé est de 2,2 centimes d’euro par kilomètre pour une voiture entièrement électrique. Les hybrides rechargeables bénéficieront d’un demi-pardon fiscal, avec un prélèvement ramené à 1,1 centime d’euro par kilomètre.
Cette nouvelle contribution s’ajoutera à la taxe automobile annuelle, que les véhicules électriques doivent déjà acquitter depuis avril 2025. Autrement dit, le moteur ne brûle plus d’essence, mais l’automobiliste, lui, n’échappe toujours pas au passage à la pompe fiscale.
Environ 300€ par an pour un conducteur moyen
Un Britannique parcourant 8 500 miles par an, soit environ 13 680 kilomètres, devra verser près de 300 euros supplémentaires. À 10 000 miles, la facture grimpera à environ 353 euros. Les montants seront ensuite indexés, afin que la taxe puisse grandir paisiblement sans qu’un ministre ait besoin de venir l’annoncer chaque année.
La justification officielle tient en quelques mots : les recettes des taxes sur l’essence et le diesel vont diminuer avec la progression des véhicules électriques. Le gouvernement souhaite donc que tous les automobilistes continuent à contribuer au financement des routes.
Le mécanisme est remarquable de simplicité politique. Pendant plusieurs années, les pouvoirs publics ont subventionné les véhicules électriques, pénalisé les moteurs thermiques et présenté la batterie comme l’unique voie raisonnable. Maintenant que suffisamment de conducteurs ont suivi le mouvement, l’État vient récupérer sur les kilomètres ce qu’il ne touche plus sur les litres.
Le kilométrage déclaré, contrôlé puis régularisé
Les conducteurs devront communiquer le kilométrage affiché au compteur et estimer la distance qu’ils pensent parcourir durant l’année suivante. Le paiement pourra être effectué immédiatement ou étalé. Un nouveau relevé permettra ensuite de régulariser la somme due.
Le contrôle technique servira notamment à vérifier les données. Le gouvernement assure qu’aucun boîtier GPS ne sera nécessaire et qu’il ne cherchera pas à savoir où ni quand les trajets ont été réalisés. Pour l’instant, le compteur de la voiture suffira donc au compteur du fisc.
Les camionnettes électriques restent provisoirement hors du dispositif. Les artisans et les entreprises peuvent respirer, au moins jusqu’à la prochaine recherche de recettes.
Quitter l’Union européenne sans quitter l’écologie punitive
Cette décision possède une saveur particulière dans un pays sorti de l’Union européenne après des années de critiques contre les réglementations de Bruxelles. Le Royaume-Uni n’a finalement pas besoin d’eurocrates pour imaginer une taxation verte : ses propres fonctionnaires savent parfaitement transformer une transition subventionnée en nouvelle ressource budgétaire.
Pendant ce temps, l’Union européenne prépare également de nouvelles hausses liées aux carburants. D’un côté de la Manche, on taxera davantage l’essence et le diesel. De l’autre, on fera payer les voitures qui n’en utilisent plus. L’équité écologique ressemble décidément à un péage dont toutes les voies conduisent à la même caisse.
La voiture électrique devait permettre de rouler moins cher tout en sauvant la planète. Elle devient désormais un véhicule soumis à la taxe annuelle, à la facture de recharge et bientôt au prélèvement kilométrique. Le progrès avance vite : il suffit manifestement de le suivre assez longtemps pour découvrir la prochaine taxe.
Pas encore de commentaire sur "Royaume-Uni : Après avoir subventionné les voitures électriques, Londres va taxer chaque kilomètre parcouru"