Le mirage orchestré des incitations
La stratégie fut rodée : sous couvert d’urgence climatique, les autorités françaises et européennes ont imposé l’électrique comme dogme unique, culminant avec l’interdiction programmée des thermiques pour 2035. Pour rendre l’amère potion attractive, une batterie d’aides fut déployée. Le bonus écologique, habilement rhabillé en prime « Coup de Pouce » intégrée aux CEE, pouvait encore graisser la patte de l’acquéreur à hauteur de 6 360 euros. La prime à la conversion servit de pot-de-vin pour envoyer à la casse les vieilles guimbardes, promettant jusqu’à 6 000 euros. Mieux, le leasing social proposa des locations à moins de 200 euros mensuels, une subvention déguisée pour les plus modestes. Ajoutez à cela le microcrédit vert et les primes régionales : l’appareil de séduction était parfait. Des centaines de milliers de conducteurs, bernés par cette générosité de façade, ont contracté pour des véhicules souvent onéreux, convaincus de réaliser une affaire. L’État, en bon marlou, savait déjà qu’il faudrait un jour faire payer l’addition.
L’effondrement programmé des recettes
La tartufferie écologique révèle rapidement son cœur mécanique : le portefeuille de l’État. Les taxes sur les carburants, mamelle fiscale historique, se tarissent à mesure que croît le parc électrique. La perspective est vertigineuse : un manque à gagner de 13 milliards d’euros dès 2030. L’Exécutif, qui a lui-même précipité cette transition, se retrouve confronté à l’absurdité de sa propre propagande : avoir trop bien réussi son coup. L’Europe, en donneuse de leçons sans vision fiscale, laisse chaque État membre se débrouiller avec son scandaleux déficit. Des organismes comme l’OCDE avaient pourtant sonné l’alarme, préconisant une taxation à la distance. La machine était lancée, il ne restait plus qu’à trouver la bonne victime.
La revanche fiscale : le kilomètre traqué
La solution émerge, bien prévisible : faire payer l’usage. Une taxe au kilomètre pour les véhicules électriques mûrit dans les bureaux de Bercy. Les experts évoquent une ponction d’environ 2 centimes du km, soit 300 euros annuels pour un rouleur moyen (15 000 kilomètres par an). L’Alsace a déjà ouvert la voie pour les poids lourds, laboratoire d’une généralisation future. D’autres scénarios, plus intrusifs encore, imaginent une taxation via les compteurs Linky ou les bornes publiques. À l’étranger, le Royaume-Uni, l’Islande ou la Nouvelle-Zélande ont déjà franchi le pas, installant parfois des mouchards dans les véhicules. Le retournement est cruel : après s’être saignés à l’achat pour des modèles électriques, les automobilistes verront la prétendue économie de « carburant » se volatiliser sous le poids de nouveaux prélèvements. L’État comble ainsi son déficit sur le dos de ceux qu’il a encouragés, dans un mouvement de balancier d’une mauvaise foi confondante.
L’amère désillusion des crédules
Le piège se referme. Les conducteurs, dupés par les promesses et l’appât du subventionnement, sont maintenant prisonniers de leur choix. Ils possèdent un actif dont la valeur de revente est incertaine et dont le coût d’usage est appelé à flamber par la volonté du même État qui les a poussés à l’acquérir. La méthode est vieille comme le pouvoir : la carotte des aides précède toujours le bâton de l’impôt. La leçon est cinglante : les incantations vertes des gouvernements dissimulent toujours des calculs budgétaires. La fête est terminée. Pour ceux qui envisagent encore le saut, il est urgent d’intégrer dans leur calcul un paramètre jusqu’ici occulté : la rapacité sans fin de la fiscalité française, capable de monétiser jusqu’à vos bons sentiments écologiques. Surveillez Bercy : l’heure du règlement a sonné.
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