Société

« Mettre un violeur en prison serait encore plus absurde » : Blast pousse l’idéologie anticarcérale jusqu’au malaise

À force de vouloir abolir les prisons, on finit parfois par oublier pourquoi certaines portes possèdent des serrures. Dans un épisode de sa série Légitime Défense, Blast s’interroge sur la disparition du système carcéral. Le principe est simple : l’enfermement serait une réponse inefficace, violente et fondamentalement injuste. Même lorsqu’il s’agit de violeurs.

mise à jour le 17/07/26

À force de vouloir réparer les agresseurs, certaines militantes finissent par abandonner celles qu’ils ont détruites.


« Mettre un homme en prison est toujours une aberration. Mais on peut se demander si mettre un violeur en prison n’est pas encore plus absurde que pour un autre délinquant. »

La formule mérite qu’on s’y attarde. La prison ne serait donc pas seulement contestable pour un violeur : elle deviendrait, dans son cas, encore plus absurde. Le condamné pour violences sexuelles bénéficierait ainsi d’un traitement intellectuel particulier. Sa peine ne serait plus envisagée comme une protection pour la société, une sanction ou la reconnaissance du préjudice subi, mais comme une faute supplémentaire commise par le système.

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Dans cette construction idéologique, la victime quitte progressivement le cadre. Son traumatisme, sa sécurité et la peur d’une récidive passent après la dénonciation de l’institution carcérale. Le violeur redevient un individu à réparer ; la femme violée, un élément embarrassant qui menace la cohérence du raisonnement.



La victime priée de comprendre son agresseur

Blast présente régulièrement son approche comme antiraciste, anticarcérale et opposée aux politiques répressives. Ces étiquettes donnent au discours une allure morale, mais ne répondent pas à une question élémentaire : que propose-t-on lorsqu’un individu représente encore un danger ?

Une rencontre restaurative ? Un procès sans peine ? Quelques séances de discussion durant lesquelles l’agresseur serait invité à comprendre que violer n’est pas très coopératif ? La caricature paraît grossière, mais elle naît directement d’un discours où la punition devient plus suspecte que le crime.

Critiquer l’état des prisons françaises est parfaitement légitime. La surpopulation, l’insalubrité et l’absence de véritable réinsertion ne doivent pas être ignorées. Mais reconnaître ces défaillances n’oblige pas à présenter l’incarcération des violeurs comme une aberration supérieure. Entre améliorer la prison et supprimer toute peine, il existe encore quelques nuances, même si elles tiennent moins bien dans une émission militante.

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Le progressisme sait pardonner, surtout à la place des autres

Cette inversion morale produit un curieux féminisme : très sévère envers les institutions, infiniment compréhensif envers ceux qui agressent les femmes. La victime doit accepter que son bourreau soit lui aussi victime du système. Elle pourrait presque finir par s’excuser d’avoir porté plainte.

Pendant ce temps, les affaires dans lesquelles des condamnés bénéficient de remises en liberté difficiles à comprendre continuent d’alimenter la colère. En janvier 2026, un homme reconnu coupable de viols et d’agressions sexuelles sur quatre fillettes a par exemple quitté libre le tribunal dans l’attente de son procès en appel.



Blast voulait sans doute ouvrir une réflexion audacieuse sur la justice. Le résultat ressemble surtout à une démonstration de progressisme hors-sol : le système est coupable, la prison est coupable, la société est coupable. Le violeur, lui, mérite d’être compris. Quant à la victime, elle pourra toujours regarder l’émission pour apprendre pourquoi punir son agresseur serait une idée rétrograde.

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Blast a un auguste ancêtre : Victor Hugo, rédacteur de ce chien écrasé.

Tribunal correctionnel de X
Sévices et blessures. Procès d’une fille accusée d’avoir porté des coups de pieds à quatre hommes qui, dans l’intérêt de la morale, l’avaient renversée sur le bord du chemin, voulant tout au plus la violer.
Cité par Henri Guillemin dans L’humour de Victor Hugo, La Baconnière, page 76.

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