Sport

Romain Molina : « Tout semble fait pour arranger les gros et la FIFA »

Ballon connecté, décisions du VAR, tirage au sort et traitement réservé aux favoris : Romain Molina revient sur les polémiques du Mondial 2026. Le journaliste ne parle pas d’une compétition entièrement truquée, mais d’une FIFA incapable de répondre clairement aux soupçons qu’elle a elle-même laissé s’installer.

mise à jour le 14/07/26

La FIFA promet la précision technologique, mais chaque décision contestée ajoute une nouvelle couche de suspicion.

Le journaliste ouvre avec un constat simple : « Rarement une Coupe du monde aura suscité autant de polémiques sur un potentiel favoritisme de certaines nations. » Il ne présente pas le Mondial comme une compétition entièrement truquée. Son propos porte surtout sur l’accumulation de décisions contestées, les différences d’interprétation et une communication officielle devenue trop fragile pour calmer les soupçons.

Le ballon connecté Trionda au centre des polémiques

La FIFA présente le ballon connecté Trionda comme un outil capable d’améliorer la précision de l’arbitrage. Son capteur de mouvement fonctionne à 500 Hz et transmet ses données en temps réel à l’assistance vidéo. Il peut notamment déterminer le moment exact d’un contact avec le ballon, une information décisive pour juger un hors-jeu.

Cette précision a pesé lors de Portugal-Croatie. Une très légère déviation détectée par le capteur a conduit à l’annulation d’un but croate pour hors-jeu, après une longue vérification. Quelques jours plus tard, le même dispositif a été invoqué après l’égalisation anglaise contre la Norvège.

Le sélectionneur norvégien Ståle Solbakken estimait que le ballon avait touché le câble d’une caméra aérienne avant l’action du but. La FIFA a répondu que les données du capteur ne montraient aucun contact, une version détaillée par The Guardian.

L’enjeu est important : en cas d’intervention d’un élément extérieur, les lois du jeu de l’IFAB prévoient l’arrêt du jeu et une reprise par balle à terre. Or les images télévisées ont laissé subsister un doute chez plusieurs observateurs. Pour Molina, le problème ne vient donc pas seulement de la technologie, mais de la manière dont la FIFA tranche la discussion : « Elle te dit : en gros, vous devez nous croire. Point. »



Une technologie précise ne suffit pas à créer la confiance

Le VAR avait été présenté comme un moyen de réduire les erreurs manifestes et de mettre fin aux contestations interminables. Le Mondial 2026 montre plutôt que chaque nouvel outil déplace la discussion. On ne débat plus seulement de ce que l’arbitre a vu, mais de la fiabilité d’un capteur, du protocole suivi par la salle vidéo et de la quantité d’informations rendues publiques.

Romain Molina insiste sur ce point : une institution déjà contestée ne peut pas se contenter d’une conclusion technique. Elle doit expliquer la méthode, montrer les données utiles et préciser qui a pu les consulter. Sans cela, même une décision correcte peut rester suspecte. La technologie devient alors un argument d’autorité au lieu d’être un moyen de contrôle compréhensible par tous.


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La communication de la FIFA rattrapée par ses contradictions

Dans la vidéo, Molina élargit son propos aux prises de position de la FIFA sur les affluences, les finances des fédérations, les ingérences politiques et l’accès au territoire des pays organisateurs. Il rappelle que l’instance affirme ne pas pouvoir intervenir dans la politique migratoire américaine, alors que l’organisation d’une Coupe du monde repose précisément sur des garanties négociées avec les États hôtes.

Le cas de l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, refoulé à son arrivée malgré les engagements liés au tournoi, a déjà été raconté par Le Média en 4-4-2. Pour Molina, la retenue de la FIFA face aux autorités américaines contraste avec sa capacité à menacer ou suspendre des fédérations lorsque des gouvernements enquêtent sur leur gestion.

Le journaliste critique aussi le réseau d’anciens joueurs et entraîneurs associés à la FIFA. Selon lui, ces figures reconnues servent à valider le discours officiel et à donner l’image d’un football mondial bien administré. Le problème n’est pas leur présence en elle-même, mais l’absence de distance lorsque ces personnalités sont rémunérées ou intégrées aux programmes de l’institution.



France-Argentine en finale : un soupçon, pas une preuve

La partie la plus sensible de la vidéo concerne le sentiment partagé par plusieurs dirigeants du football international : la FIFA préférerait une finale entre la France et l’Argentine, affiche idéale pour les audiences mondiales. Molina rapporte des échanges internes et s’interroge sur la construction du tableau, mais il prend soin de fixer une limite claire : « Je ne veux pas tomber dans la théorie facile de dire : oui, tout est fait pour. »

Il évoque plutôt des décisions favorables accordées, selon les matches, à plusieurs grandes sélections. Cartons distribués de manière inégale, interventions du VAR difficiles à comprendre, consignes arbitrales appliquées différemment : prises séparément, ces situations ne prouvent pas un scénario préparé. Mises bout à bout, elles installent un climat où chaque erreur profite d’abord à la suspicion.

C’est là que la responsabilité de la FIFA devient centrale. Une organisation qui vise des records d’audience et des revenus toujours plus élevés doit pouvoir démontrer que ses intérêts commerciaux n’influencent pas la compétition. Répéter que tout va bien ne suffit plus, surtout quand les explications arrivent tard ou restent partielles.

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