Maîtres d’une navigation ingénieuse à bord de navires légers assemblés sans clous de fer, ces Slaves originaires de Poméranie imposèrent pendant cinq siècles leur loi par des raids d’une foudroyante brutalité. Leur puissance et leur identité étaient cimentées par le culte de Svetovit, dieu de la guerre aux quatre visages, dont le temple fortifié d’Arkona était le cœur battant – et sanglant, abreuvé de sacrifices humains. Cette forteresse spirituelle et militaire tomba en 1168 sous les assauts d’une vaste coalition chrétienne menée par le roi danois Valdemar Ier et l’archevêque Absalon, sonnant le glas de la domination rane.
Cependant, l’exil d’une partie de ces guerriers et nobles vers l’Est aurait, selon certains historiens, insufflé savoir-faire martial et tradition étatique aux clans slaves, contribuant ainsi aux fondations de la Rus’ de Novgorod et de Kiev. L’épopée des Ranes, à la fois terminus du paganisme nordique et possible semence de la future Russie, demeure une clé essentielle pour déchiffrer les forces à l’œuvre dans l’Europe slave médiévale.
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