Culture

Cinéma – « Toutes pour une » : Une réinvention des héros de Dumas, moustaches incluses

Ah, le cinéma contemporain et ses grandes ambitions ! En 2025, une révolution nous attend. Enfin, "révolution" est peut-être un peu fort : disons une moustache mal collée sur une idée éculée. "Toutes pour une", la relecture "féminine et féministe" (avec de très gros guillemets) des Trois Mousquetaires, arrive bientôt sur nos écrans pour nous prouver, une fois encore, qu'on peut singer l'homme tout en prétendant s'en affranchir.

mise à jour le 26/11/24

Pourquoi Toutes pour une pose problème dans sa vision de l’émancipation féminine.

Les Trois Mousquetaires, version cosplay féministe

Imaginez un instant qu’Alexandre Dumas, l’auteur du chef-d’œuvre original « Les Trois Mousquetaires« , se réveille dans notre époque. On lui annonce que ses vaillants mousquetaires sont désormais des femmes déguisées en hommes. Serait-il ébahi devant tant de créativité ou simplement hilare ? Dans cette version moderne, les héroïnes jouent aux héros, moustaches incluses, pour prouver qu’elles peuvent, elles aussi, manier l’épée et défendre la Reine. Pourquoi pas ? Mais on est en droit de se demander : est-ce cela, l’émancipation ?

D’après le synopsis, il ne s’agit pas de parodier Dumas. Non, le projet serait bien plus sérieux : explorer les pressions sociales et l’identité. Tout cela au travers de femmes qui se déguisent en hommes pour être « libres ». Une ironie savoureuse quand on prétend offrir un récit féministe. Après tout, quoi de mieux pour s’émanciper que d’imiter les hommes, leurs habits, et leurs rôles historiques ?

La bande-annonce

Des héroïnes qui empruntent tout aux hommes

Soyons clairs : le cinéma a besoin d’héroïnes fortes. Mais pourquoi faut-il qu’elles prennent systématiquement les habits des hommes pour s’affirmer ? Pourquoi chercher à singer ce qu’on prétend dénoncer ? Ce n’est pas une déclaration d’indépendance, c’est un aveu de soumission envers l’accomplissement masculin à travers l’Histoire. Si votre idée du féminisme repose sur le fait de jouer les hommes d’hier avec des perruques et des moustaches, il est peut-être temps de repenser vos ambitions.

Et puis, quelle absurdité que ces femmes qui, pour « être elles-mêmes », doivent se déguiser en quelqu’un d’autre ! Sara, l’héroïne du film, fuit pour être libre et décide d’adopter une moustache pour réaliser son rêve. Voilà une métaphore puissante… pour nous rappeler à quel point cette vision manque d’originalité.

Quand on préfère singer au lieu de créer

Le véritable problème de ce genre de projet réside dans sa philosophie de base. Au lieu de chercher des récits originaux qui célèbrent la force féminine sous des formes authentiques, Toutes pour une recycle un univers masculin pour prouver… quoi, exactement ? Que les femmes peuvent faire aussi bien que les hommes ? La belle affaire.

En résumé, Toutes pour une promet d’être une curiosité. Ni complètement pastiche, ni vraiment féministe, mais tout à fait incongru. Peut-être rira-t-on devant ces mousquetaires au féminin qui défendent la Reine, déguisées en hommes. Peut-être aussi se demandera-t-on si, un jour, on cessera de courir après des modèles masculins pour inventer de véritables héroïnes, fortes, libres, et authentiquement elles-mêmes.

En attendant, sortez les moustaches, ça fait visiblement partie de l’émancipation !

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