La sémantique au service du profit
Devant la sénatrice Antoinette Guhl, l’ex-directrice Sophie Dubois a dû admettre que « Maison Perrier » puise allègrement dans deux puits déclassés, impropres à la production d’eau minérale naturelle. Face à cette réalité peu ragoûtante, le géant agroalimentaire a déployé son arme favorite : le jargon. On ne parle plus de crise sanitaire, mais de « nouvelles attentes des consommateurs », non plus de déclassement, mais d' »approche stratégique » permettant « d’innover ». La contamination devient une simple question d’ancienneté et d’aléas climatiques, un détail technique escamoté derrière des promesses de « plaisir » et d' »hydratation ».
Le cynisme érigé en stratégie
L’aveu est cinglant : le lancement de « Maison Perrier » était la solution trouvée pour écouler une eau indigne de son appellation d’origine. En créant une marque « complémentaire » relevant d’une réglementation moins stricte, le groupe s’offre une cure de jouvence lucrative sans avoir à traiter le problème de fond. Les « bénéfices favorables à la santé » laissent place à de simples « bénéfices liés au plaisir ». Ainsi, Nestlé, tel un alchimiste des temps modernes, transforme magistralement une eau déchue en or massif, sans la moindre gêne, le tout servi par une communication aussi huilée que ses nouvelles boissons.
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