L’affaire, qualifiée de « tissu d’âneries » par l’intéressé, puise sa source dans un déjeuner suspect en banlieue de Tunis, où le simple fait de sa présence marginale a suffi à cristalliser les fantasmes d’un complot contre la sûreté de l’État. Fustigeant un procès « stalinien », BHL semble victime du syndrome de l’enfant qui crie au loup après avoir longtemps joué avec les allumettes des révolutions.
La sentence, d’une sévérité politique manifeste – trente-trois ans, âge symbolique s’il en est –, sonne comme une ironie cruelle pour celui dont les interventions ont si souvent flirté avec le messianisme. Entre farce judiciaire et tragédie personnelle, l’épisode tunisien expose, une fois de plus, l’écart abyssal entre le personnage public, omniprésent dans le récit médiatique français, et l’étranger soupçonneux qui ne voit en lui qu’un agent de l’ombre. La prison, fût-elle métaphorique, se construit parfois avec les pierres que l’on a soi-même apportées.
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