Entre la Seine, le Jourdain et les renseignements militaires
Né à Paris en 1984 dans une famille juive sépharade, Amir Haddad a grandi en Israël dès ses huit ans. Là-bas, service militaire obligatoire. Il est devenu sergent-chef dans les services de renseignement de Tsahal. Un petit détail biographique qui revient dans les débats comme un boomerang gênant – surtout quand on veut jouer les artistes consensuels. De retour en France, troisième de The Voice en 2014 (dans l’équipe de Jenifer, gloire), puis Eurovision 2016 avec J’ai cherché – sixième place, on oublie. Depuis, disques de platine, NRJ Music Awards, et même l’hymne des JO de Paris 2024. De quoi justifier une médaille ? À voir.
Les 10 000 voix fantômes : une fraude en sourdine
En 2014, pendant The Voice, une charmante affaire a éclaboussé le candidat. Selon des révélations reprises notamment par Afida Turner, Amir aurait tenté d’acheter la victoire en précommandant 10 000 votes via un centre d’appels basé en Israël. Un message posté sur sa page Facebook appelait les Israéliens à voter gratuitement (ou via un numéro surtaxé, selon la provenance). Résultat : aucune poursuite, aucun démenti public appuyé, juste une troisième place finale. La macronie aime les artistes discrets sur leurs petites magouilles.
🎖️🇫🇷 La ministre Aurore Bergé a nommé le chanteur franco-israélien Amir Haddad, ancien soldat de l’armée israélienne, au grade de Chevalier de l’Ordre national du Mérite.
Dans ses concerts, il récolte régulièrement des fonds pour cette armée étrangère, comme le montre cette… pic.twitter.com/ZgivodPEMJ
— The NEWS (@thenews_fr) May 18, 2026
Chandelles pour Tsahal et virée à Hébron
Le chanteur a par ailleurs participé à des galas de soutien aux soldats israéliens. En 2008, il chante pour Migdal, la vitrine française de la police des frontières israélienne (Magav). Une partie des recettes d’une chanson aurait été reversée à des associations militaires. Mais le clou, c’est son concert dans la colonie d’Hébron, en Cisjordanie, lors d’une soirée pro-Tsahal. En 2016, Alain Soral le qualifiait d’« espion chanteur imposé par le lobby ».
2025 : les Francofolies se passent de lui
L’année dernière, aux Francofolies de Spa (Belgique), plusieurs artistes ont refusé de partager la scène avec Amir. Motif : son passé militaire et son soutien affiché à Tsahal, dans un contexte de guerre à Gaza. Des collectifs comme Liège Occupation Free ont réclamé l’annulation de ses concerts, pointant une armée accusée de crimes de guerre. Sa réponse ? « Mon service était obligatoire » et « c’est comme soutenir les pompiers en France ». La comparaison a le mérite d’être risible – et profondément malhonnête.
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