Éducation

École à la maison au Brésil : Des parents condamnés à 50 jours de prison pour ne pas avoir enseigné le genre et l’éducation sexuelle à leurs filles

Au Brésil, Adauto José Denardi et Ieda Cristina Denardi viennent de découvrir qu’une éducation trop réussie peut finir au pénal. Le couple de Jales, dans l’État de São Paulo, a été condamné à 50 jours de prison pour « abandono intelectual », après avoir instruit à domicile leurs deux filles, Alícia, 15 ans, et Lorena, 11 ans.

mise à jour le 10/07/26

Elles savent jouer du piano, lisent beaucoup, étudient l’anglais, le latin et la théorie musicale, mais elles n’ont pas coché toutes les cases du bingo progressiste. Grave erreur.

Le problème, selon la justice ? Les parents n’auraient pas intégré dans leur programme les passages obligatoires sur « l’éducation au genre et à la sexualité », ainsi que sur « la tolérance et la diversité ». En clair, les deux adolescentes savent jouer du piano, lisent beaucoup, étudient l’anglais, le latin et la théorie musicale, mais elles n’ont visiblement pas coché toutes les cases du bingo progressiste.

ADF International, soutien de la foi chrétienne et de la famille, a pris la défense de la famille Denardi. Selon ADF, il s’agirait de la première condamnation pénale de ce type au Brésil contre des parents pratiquant l’enseignement à domicile. Le couple reste libre en attendant l’appel, qui doit être examiné par la 7e chambre pénale de la Cour de justice de São Paulo.

Le tribunal ne s’est pas arrêté au programme scolaire. Il a aussi reproché aux filles un manque d’intégration culturelle brésilienne. La preuve ? Elles préfèrent la musique religieuse et classique au trap ou au sertanejo. La fille aînée aurait même expliqué que certaines paroles de chansons populaires lui semblaient moralement discutables. Dans un monde normal, on appellerait cela du discernement. Dans le monde administratif, cela devient presque une pièce à conviction.

Les Denardi affirment avoir commencé l’enseignement à domicile en 2020, pendant la « pandémie », après avoir jugé insuffisant le niveau des écoles publiques. Depuis, ils assurent que leurs filles ont progressé rapidement. D’après les éléments rapportés par Gazeta do Povo, la famille a présenté des documents scolaires, des activités, des cours complémentaires et des preuves de socialisation.

Le détail qui rend l’affaire encore plus absurde : le ministère public aurait lui-même demandé l’acquittement, après examen du dossier. Un psychologue scolaire indépendant n’aurait relevé aucun signe de négligence. Mais le juge a suivi une autre musique. Pas Bach, visiblement.



Dans sa décision, la justice reproche aux parents d’avoir utilisé leurs filles comme « instruments d’une lutte idéologique » en refusant l’intervention de l’État. Traduction administrative : quand l’État éduque, c’est de la pédagogie ; quand les parents éduquent, cela devient suspect.

Adauto Denardi a confié craindre les conséquences concrètes d’une incarcération : « Qui va s’occuper d’elles ? » Ieda Cristina Denardi a résumé l’affaire plus frontalement : « Je ne peux concevoir d’État plus dictatorial que celui qui veut m’emprisonner simplement parce que j’exerce mon droit de mère de décider de l’éducation de mes filles. »

Le cadre juridique brésilien n’aide pas. Depuis une décision de la Cour suprême, l’enseignement à domicile n’est pas considéré comme inconstitutionnel, mais il attend toujours une réglementation fédérale claire. La Chambre des députés a voté un texte en 2022, toujours bloqué au Sénat. En attendant, des milliers de familles vivent dans une zone grise : assez légale pour exister, assez floue pour être punie.

L’affaire intervient sous la présidence de Lula, dans un Brésil où l’éducation dite inclusive occupe une place centrale dans le discours officiel. Rien de nouveau sous le soleil progressiste : on parle d’ouverture, puis on referme la porte à double tour quand des parents ne récitent pas la leçon.



Alícia a déjà témoigné publiquement, y compris devant des commissions du Congrès. Sa formule tient en une phrase : son « crime » serait d’avoir été éduquée par ses parents. Une phrase simple, presque trop simple pour une époque qui adore compliquer ce qui devrait rester évident.

En attendant l’appel, les Denardi sont devenus le symbole d’un conflit plus large : à qui appartiennent les enfants ? À leurs parents, qui les élèvent, les nourrissent et les accompagnent ? Ou à l’État, qui exige son droit d’entrée dans chaque foyer, programme officiel à la main ?

Big Brother : Échange dette contre éducation woke

Au Brésil, deux jeunes filles savent jouer du piano, lire, parler plusieurs langues et penser par elles-mêmes. Apparemment, c’était beaucoup trop dangereux pour rester sans sanction. L’Unesco, l’Onu, le G20, le Partenariat mondial pour l’éducation, ont défini le contenu de l’éducation au niveau mondial. Ils se sont penchés sur le Brésil :

Cette nécessité de repenser le financement de l’éducation s’inscrit dans le cadre d’un appel plus large à réinventer l’architecture internationale de financement du développement, comme le promeut le Brésil dans le contexte de sa présidence du G20.
(Diversité sexuelle et éducation au Brésil : politiques éducatives inclusives envers les personnes LGBT, 2020).

Un objectif commun de Audrey Azoulay (Unesco) et du président Lula a été défini en 2024 : reconvertir la dette en financement pour l’éducation. Le chantage est clair. Diversités sexuelles, musique dite populaire  (mais imposée d’en haut, par les instances dirigeantes mondiales) sont au programme officiel de l’Éducation. Le wokisme est le nivellement culturel sous prétexte de respect de la diversité sexuelle (la diversité culturelle, elle, n’étant pas respectée).

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