Politique

La Macronie trinque déjà à la mort : Le ministre Panifous organise une réception pour célébrer le vote final de la loi sur l’euthanasie

Le 15 juillet 2026, pendant que des familles compteront encore les jours, les nuits blanches et les places inexistantes en soins palliatifs, la République, elle, aura trouvé une salle. À 20 heures, l’Hôtel de Clermont doit accueillir une réception organisée par le ministère des Relations avec le Parlement, dirigé par Laurent Panifous, à l’occasion du vote définitif de la proposition de loi sur la fin de vie.

mise à jour le 09/07/26

Bienvenue dans la République du dernier soupir. Santé.

L’information, révélée par Le Journal du Dimanche, a de quoi laisser un goût de cendre. Une invitation officielle aurait été envoyée dès le 3 juillet par le secrétariat du ministre. Motif : une « réception à l’occasion du vote définitif sur la proposition de loi Fin de vie ». Traduction en français non ministériel : on va voter l’aide à mourir, alors venez boire un coup.

Le calendrier est connu. Le Sénat a rejeté le texte le 7 juillet 2026. L’Assemblée nationale, déjà favorable au dispositif, doit avoir le dernier mot le 15 juillet. Le soir même, les salons officiels ouvriront leurs portes. Dans la Macronie, on ne perd pas une occasion de transformer une fracture morale en moment convivial.

On imagine assez bien l’ambiance. À l’entrée, un badge sobre : « J’ai voté la dignité ». Sur les tables, des flûtes alignées comme des perfusions de luxe. Un serveur en gants blancs propose le « cocktail ultime », le « pétillant de la sortie » ou la « coupe du dernier choix ». Au buffet, quelques seringues en chocolat blanc, parce qu’il faut bien rester dans le thème sans gâcher la soirée.

Le discours de Laurent Panifous pourrait tenir en trois mots : progrès, liberté, dignité. Les mots sont doux, les conséquences beaucoup moins. On parlera d’« avancée sociétale », de « choix personnel », de « moment historique ». Personne ne viendra gâcher l’ambiance en rappelant que la France manque encore cruellement de structures et de moyens pour accompagner les malades jusqu’au bout sans leur proposer une porte de sortie médicalement validée.



Le menu, lui, mériterait presque une publication au Journal officiel. En entrée : velouté « repos éternel ». En plat : filet de bœuf « cuit à cœur, sauf demande contraire ». En dessert : île flottante servie avec une meringue qui s’effondre lentement, comme un dernier soupir. Pour finir, café de la dernière gorgée. La République a toujours eu le sens du symbole, surtout quand il devient obscène.

Entre deux toasts, les invités pourront refaire le monde. On évoquera peut-être les prochaines étapes, toujours avec ce vocabulaire propre et lavé à grande eau : élargissement, encadrement, accompagnement, liberté. Les plus cyniques y verront déjà une gestion modernisée de la vieillesse, de la maladie et de la dépendance. Moins de lits, moins de soignants, moins d’attente. Une société fluide, efficace, presque budgétairement élégante.

Car c’est bien là que l’indécence saute au visage. L’État prétend offrir un nouveau droit, mais il laisse tant de familles seules face à la douleur, à l’épuisement, aux déserts médicaux et aux services saturés. Avant d’organiser la mort, il aurait peut-être fallu organiser sérieusement la vie jusqu’au dernier jour.



Dans les hôpitaux, les EHPAD et les chambres trop silencieuses, personne ne sabrera le champagne. Des proches continueront à chercher un médecin disponible, une équipe formée, une présence humaine, un peu de temps. Pendant ce temps, dans les salons de l’Hôtel de Clermont, on pourra se féliciter d’avoir fait entrer la France dans une nouvelle ère.

Une ère où la mort se vote, se communique, se réceptionne et, désormais, se célèbre. Avec cartons d’invitation, verres levés et petits fours. Bienvenue dans la République du dernier toast.

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