Tuiles en tous genres
« Nous avons pris l’habitude de financer à crédit les dépenses ordinaires du pays. » Les dépenses pour notre vie de tous les jours, pour les services publics, pour les retraites, pour rembourser nos feuilles de sécurité sociale, « nous ont conduits à 3 415 milliards d’euros de dettes à l’heure précise où nous parlons ». [NDLR : une telle précision témoigne de la haute compétence du conférencier.]
À cause des malheurs du temps, les dépenses courantes sont devenues gaspillage. Tel un croyant égrénant ses litanies devant le mur des Lamentations, François Bayrou nous en explique les causes : les subprimes, la crise financière mondiale et « l’incroyable succession de coups du sort depuis 2020, le covid, la guerre en Ukraine, la crise énergétique, l’inflation et les menaces de tous genres ».
Dépenser plus pour l’Armée et moins pour les retraites, c’est la liberté
Par une audacieuse comparaison — « La soumission à la dette, c’est comme la soumission par la force militaire » — notre futur ex-Premier ministre a justifié la dépense supplémentaire de 3 milliards supplémentaires dès cette année d’équipement des armées.
C’est donc pour la liberté des jeunes qu’il propose un plan pour que la France échappe en peu d’années à l’inexorable marée de dettes (3 415 milliards d’euros) qui la submerge. [NDLR : si les Russes nous obligent à dépenser pour l’Armée, en revanche les retraités et les assurés sociaux nous obligent à économiser sur leurs moyens d’existence et leur santé.]
Faire payer les riches, pas question c’est pas légal
Accrochez-vous, le texte est authentique : « Bernard Arnault est devenu figure emblématique. Lui et ses semblables sont devenus les cibles emblématiques d’une pensée magique. » [NDLR : il n’y a pas d’argent magique pour les pauvres, mais rendre les milliardaires responsables de la dette, c’est une pensée magique.]
« Demandez à nos voisins britanniques. Ils ont décidé de taxer les étrangers qui étaient exonérés de fiscalité. Ceux-là ont déménagé et la conséquence immédiate a été l’explosion du prix de l’immobilier à Milan. » [NDLR : Ça tombe bien, on n’avait pas prévu de déménager à Milan.]
Et notre futur ex-Premier ministre de conclure : « Mentionnons au passage que ce type de fiscalité est interdit par le Conseil constitutionnel. » [NDLR : pas par la Constitution, mais par le Conseil constitutionnel, nuance ! Taxer les riches étant interdit par Richard Ferrand, il n’y a donc rien à objecter.]
L’insouciance règne à l’Élysée, tandis que Matignon fait son pot de départ
De son côté, Emmanuel Macron, lui, a programmé son conseil de défense pour le 10 septembre. Cela part d’un bon sentiment : il veut nous protéger des Russes. Ce rendez-vous ne figure pourtant plus sur l’agenda officiel. Celui-ci n’est rempli qu’à partir des 20 et 21 septembre, pour les journées du Patrimoine au Palais de l’Elysée.
Au programme : mise en scène autour des arts de la table, collection de menus présidentiels, véhicules de Présidents de la République dans la Cour d’honneur, le tout au son de la musique de l’Orchestre de la Garde républicaine. Sans oublier la boutique officielle dans la cour d’honneur, « pour la bonne cause ». La fête de la musique avait coûté 241 000 € en 2024. Combien coûtera-t-elle dans notre année blanche 2025 ? Qu’importe ! Pendant que son Premier ministre boucle ses valises, notre président se la coule douce, avec le soutien bienveillant de Marine et de son parti dit d’opposition.
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