Un système submergé par l’horreur
L’étude, intitulée Les violences sexistes et sexuelles en France en 2024, dépeint une société malade de ses violences. Les UMJ ont pris en charge 73 992 victimes, soit une hausse vertigineuse de 9 000 cas par rapport à 2023. Sur les 30 605 victimes de violences sexuelles stricto sensu, 88 % étaient des femmes ou des filles, et plus de la moitié étaient mineures. Dans l’ombre de ces chiffres, la Ciivise estime que 160 000 enfants sont victimes de sévices sexuels chaque année. Pour 22 % d’entre eux, l’horreur a commencé avant leur sixième anniversaire.
Les lieux de confiance, nouveaux théâtres du crime
L’abstraction statistique cède vite la place à une monstruosité bien concrète. Une assistante maternelle de l’Hérault mise en examen pour viols sur neuf enfants de 3 à 4 ans. Une infirmière et son compagnon suspectés d’avoir agressé des nourrissons au sein même de l’hôpital de Montreuil. Ces affaires démontrent que la barbarie s’immisce dans les interstices de la confiance, transformant les berceaux et les salles de soins en geôles privées.
L’enfant, victime expiatoire du couple
Le drame se double souvent d’une autre violence, conjugale celle-là. En 2024, plus de 5 200 enfants ont été identifiés comme co-victimes via le 119. Près de la moitié subissait également des sévices directs. Le « protocole féminicide », appliqué dans 79 cas l’an dernier, ne peut malheureusement que constater les dégâts : 94 enfants sont devenus orphelins après le meurtre de l’un de leurs parents.
L’arsenal législatif, un rempart bien fragile
Face à cette hécatombe, le pouvoir public brandit son arsenal. Modification de la définition du viol, allongement des délais de prescription, « pack nouveau départ »… autant de mesures qui, si elles soignent les plaies, peinent à en tarir la source. La formation des professionnels et une stratégie nationale contre les cyber-violences tentent de colmater les brèches. Mais face à l’indicible, les mots de la bureaucratie sonnent souvent creux. L’urgence n’est plus de comptabiliser les victimes, mais de prévenir le crime qui les fabrique.
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