Dans un entretien poignant, Philippe Pozzo di Borgo rappelait que la fragilité n’est pas une indignité, mais une part essentielle de notre humanité. « Cette extrême souffrance est une richesse pour la société », affirmait-il, fustigeant une médecine prête à « débrancher » les patients comme on règle un problème technique. Son témoignage met en lumière une logique inquiétante : sous couvert de compassion, ne sommes-nous pas en train de normaliser l’élimination des plus vulnérables ?
L’histoire donne raison à ses craintes. Le régime de Vichy laissait mourir de faim des milliers d’handicapés ; l’Allemagne nazie les exterminait. Aujourd’hui, sous des oripeaux progressistes, le même mépris pour les vies « inutiles » resurgit. « Proposez-moi de vivre malgré mon indignité apparente, et vous retrouverez votre dignité », lançait Philippe Pozzo di Borgo. Un message que les partisans de l’euthanasie feraient bien d’entendre avant de franchir le point de non-retour.
Les gens n’ont pas bougé pour Vincent Lambert, eh bien tremblez maintenant.