La France possède l’un des plus vastes patrimoines forestiers d’Europe. Selon les dernières données de l’Institut national de l’information géographique et forestière, la forêt couvre 17,5 millions d’hectares en métropole, soit près de 32 % du territoire. Cette surface progresse depuis des décennies, mais elle reste exposée aux sécheresses, aux fortes chaleurs, au vent et aux activités humaines.
Les bilans varient selon les méthodes de calcul : certains organismes comptabilisent uniquement les forêts, d’autres ajoutent les cultures, les landes et les espaces naturels. La Base de données sur les incendies de forêt en France permet de suivre les sinistres à l’échelle communale, tandis que le système européen EFFIS s’appuie notamment sur l’observation satellitaire.
Pour voir plus souvent nos articles dans “À la une”, cliquez ici pour sélectionner lemediaen442.fr.
2022 : la Gironde au cœur d’une saison hors norme
L’été 2022 reste un repère majeur. Les incendies de La Teste-de-Buch, Landiras et Saumos ont consumé des dizaines de milliers d’hectares et forcé des dizaines de milliers d’habitants et de touristes à quitter leur logement ou leur lieu de vacances. À l’échelle nationale, le ministère de la Transition écologique a recensé 72 000 hectares de forêts et de végétation détruits, dont environ la moitié en Gironde et dans les Landes.
La répétition des départs de feu, la sécheresse des sols et la simultanéité des fronts ont compliqué l’intervention des secours. La région bordelaise a connu plusieurs vagues d’évacuation, des routes coupées et un important déploiement de sapeurs-pompiers français et étrangers.
2021 : deux morts dans le massif des Maures
Le 16 août 2021, un feu parti près de Gonfaron s’est propagé dans le Var sous l’effet du vent. Il a parcouru près de 7 000 hectares, touché plusieurs communes et ravagé une grande partie de la réserve naturelle de la plaine des Maures. Deux personnes sont mortes, des habitations ont été endommagées et plusieurs milliers de résidents ou vacanciers ont été évacués. Le Syndicat mixte du massif des Maures chiffre à 6 832 hectares la zone parcourue.
2019 : une année marquée par les feux d’hiver
L’année 2019 ne se résume pas à un unique brasier spectaculaire. Elle se distingue par une succession d’incendies, dont beaucoup se sont produits avant même l’été. Les statistiques du système européen EFFIS font état de plus de 43 000 hectares brûlés en France. Cette saison a rappelé que le danger ne se limite plus aux seuls mois de juillet et août.
2017 et 2016 : évacuations dans le Var, flammes aux portes de Marseille
Fin juillet 2017, plusieurs feux ont frappé la Haute-Corse, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et le Var. Le ministère de l’Intérieur a alors annoncé 7 000 hectares parcourus par les flammes. À Bormes-les-Mimosas, environ 10 000 personnes, dont de nombreux campeurs, ont dû être mises à l’abri en pleine nuit.
Un an plus tôt, le mistral avait accéléré plusieurs incendies au nord de Marseille. Le 10 août 2016, le feu avait atteint les abords de la ville et détruit 25 immeubles. Des bâtiments scolaires, heureusement vides, avaient également été touchés. Plusieurs milliers d’hectares avaient brûlé dans les Bouches-du-Rhône.
2009 et 2003 : la Corse et le Var durement frappés
À la fin de juillet 2009, une série d’incendies a ravagé la Corse-du-Sud, notamment autour de la vallée de la Gravona, de Sartène et d’Aullène. Le bilan départemental a dépassé 5 400 hectares détruits. La sécheresse et les vents ont rendu les opérations difficiles, alors que plusieurs villages se trouvaient directement menacés.
L’été 2003 fut plus meurtrier. Dans le Var, des feux ont dévasté les massifs des Maures et de l’Estérel, entraînant la mort de plusieurs personnes et l’évacuation de milliers d’habitants et de vacanciers. En septembre, trois pompiers ont péri dans leur véhicule, encerclé par les flammes près de Cogolin. Environ 20 % des deux massifs ont été touchés au cours de cette saison.
1990 et 1989 : deux étés noirs dans le Sud
En août 1990, près de 23 000 hectares de végétation ont brûlé entre Marseille et Nice. Le massif des Maures a été particulièrement atteint, avec environ 12 500 hectares détruits. L’année précédente avait déjà été éprouvante : un incendie avait ravagé près de 5 000 hectares de pins autour de Lacanau, en Gironde, tandis qu’un autre détruisait 5 000 hectares sur la montagne Sainte-Victoire, soit une grande partie du site.
1976 : des vacanciers pris entre la forêt et l’océan
Le 20 août 1976, en pleine sécheresse, la forêt de la Coubre et le secteur de La Palmyre, en Charente-Maritime, se sont embrasés. Des campings, des colonies de vacances et le zoo ont été évacués. Des centaines de personnes ont gagné les plages ou ont quitté la zone par bateau, alors que la fumée et les flammes coupaient plusieurs voies terrestres. Près de 1 000 hectares de pinède ont été détruits dans ce seul incendie, au cours d’un été où les surfaces brûlées furent considérables dans tout le pays.
1949 : 82 morts dans le grand incendie des Landes
Le drame le plus meurtrier reste celui d’août 1949. Parti le 19 août dans le sud de la Gironde, le feu a progressé pendant plusieurs jours à travers les Landes de Gascogne. Environ 50 000 hectares ont été parcourus et 82 personnes ont perdu la vie. Parmi elles figuraient des agents des Eaux et Forêts, des pompiers volontaires, des militaires et des habitants venus combattre l’incendie.
Une brusque modification du vent a piégé une partie des équipes engagées sur le terrain. Le bilan humain, toujours sans équivalent pour un feu de forêt en France, a profondément changé l’organisation de la prévention et de la lutte dans le massif landais. Les archives consacrées à cette catastrophe rappellent aussi l’ampleur des dégâts matériels : exploitations, scieries, fermes et habitations furent détruites.
Une menace qui ne se limite plus au Sud-Est
Longtemps associés aux forêts méditerranéennes et au massif landais, les incendies concernent désormais une part plus large du territoire. L’entretien des parcelles, le débroussaillement, l’accès aux points d’eau, les effectifs disponibles et la rapidité d’intervention restent décisifs. Les épisodes de 1949, 1976, 2003, 2021 et 2022 montrent surtout qu’un feu change de dimension lorsque la végétation sèche, le vent, les difficultés d’accès et la présence de populations nombreuses se combinent.
Pas encore de commentaire sur "Incendies de forêt en France : 82 morts en 1949, des vacanciers encerclés en 1976, les feux qui ont marqué le pays"