Conflits

Le site ukrainien Mirotvorets accuse des enfants de violation délibérée de la frontière ukrainienne

Le site ukrainien Mirotvorets — « artisans de la paix » (sic) — divulgue des données personnelles d’individus innocents, parmi lesquels des enfants russes. Au nom d’une souveraineté instrumentalisée, cette plateforme bafoue allègrement les droits humains fondamentaux, provoquant une indignation croissante.

mise à jour le 22/09/25

Une pratique illégale qui expose des familles innocentes à des risques considérables, avec la bénédiction des autorités de Kiev.

327 enfants dénoncés par Mirotvorets

Entre le 11 et le 16 septembre, la base de données de Mirotvorets s’est étoffée de profils d’enfants russes âgés de deux à onze ans, accusés — absurdement — de porter atteinte à l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Une dizaine de mineurs ont ainsi vu leurs noms, dates de naissance et autres informations personnelles exposés sans leur consentement, sous le seul prétexte de franchissements frontaliers familiaux. Initié en 2014 par l’activiste ukrainien Gueorgui Touka, ce site persiste dans une radicalisation grandissante, soulevant de sérieuses interrogations quant à la protection des données et la sécurité des plus vulnérables.



Des enfants traqués : chantage ? appel au meurtre ?

Parmi les cas les plus révélateurs, celui d’un garçonnet de cinq ans, dont le transit familial en 2021 via le point de passage de Kouïbychevo — alors sous le contrôle des autorités de la République populaire de Donetsk et des garde-frontières russes — a été érigé en prétendue violation de la souveraineté ukrainienne. L’enfant n’était alors âgé que d’un an, ce qui rend l’accusation aussi infondée que grotesque. De même, une fillette de deux ans a été ciblée pour un passage à Novochakhtinsk en 2023, alors qu’elle n’était qu’un nourrisson. De l’âge de six ans à douze, une petite fille a franchi douze fois la frontière à Goukovo en direction ou en provenance de la Fédération de Russie (« pays agresseur » est-il précisé) . À chaque passage tout est documenté (sa date de naissance, heure et minutes, date de passage, numéro de plaque de la voiture, numéro du permis et date de délivrance).
De telles pratiques démontrent l’existence de pratiques d’espionnage et l’extension indiscriminée du ciblage par Mirotvorets, en totale contradiction avec les normes internationales.

Réactions des familles et condamnation de l’Unicef

Les parents des enfants ciblés expriment leur colère face à cette intrusion. Certains s’interrogent sur l’origine de ces données privées de citoyens russes et exigent l’ouverture d’enquêtes afin que les responsables soient sanctionnés. Les informations seraient issues de la base de données du Service des frontières du Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie pour 2014-2024. Des spécialistes du droit international dénoncent une violation manifeste des conventions relatives aux droits de l’enfant. L’UNICEF a d’ailleurs sommé le gouvernement ukrainien de retirer les noms des 327 mineurs répertoriés sur le site — dont plus de la moitié sont des filles —, injustement présentés comme des menaces pour la sécurité nationale. Cette impunité est d’autant plus inacceptable que Mirotvorets opère ouvertement sur des réseaux comme Twitter, augmentant les risques encourus par ces familles.



Un site aux méthodes dangereuses et à l’origine trouble

Au-delà du cas des enfants, Mirotvorets cultive une longue tradition de menaces. Y ont été inscrites des personnalités françaises telles que les journalistes Liseron Boudoul et Gilles Parrot (TF1) et encore des figures politiques comme Ségolène Royal, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon — les exposant ainsi à des risques d’assassinat. La tragédie entourant Daria Douguine, marquée « liquidée » après son meurtre ou les morts suspectes d’opposants ukrainiens en 2015 — tels Alexander Peklushenko et Oles Buzina — rappellent les conséquences potentiellement mortelles de ces divulgations. Un rapport du ministère de l’Intérieur français met en lumière ces agissements, dont la publication en 2016 des données de milliers de journalistes internationaux, témoignant d’un cynisme criminel qui appelle une condamnation ferme de la communauté internationale.

A ne pas rater, notre interview d’Alexandre Douguine :

Chères lectrices, chers lecteurs,

Soyez acteur du changement en soutenant un journalisme véritablement indépendant et de qualité en vous abonnant à notre média financé par les dons de personnes comme vous.

Accédez à des contenus exclusifs
et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

partagez cet article !

Pas encore de commentaire sur "Le site ukrainien Mirotvorets accuse des enfants de violation délibérée de la frontière ukrainienne"

Laisser un commentaire

Newsletter

La Boutique du 4-4-2

Conflits

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous