Camden, laboratoire de l’écologie punitive
Dans l’arrondissement de Camden, au nord de Londres, plusieurs résidents ont reçu l’ordre de retirer définitivement leurs unités. L’un d’eux, John Smith, s’est vu notifier qu’il n’y avait « aucune justification » à posséder deux climatiseurs. Les inspecteurs lui ont suggéré d’ouvrir les fenêtres et les portes-fenêtres de son appartement situé… au premier étage. Lorsqu’il a évoqué des questions de sécurité, on lui a répondu que le risque n’était pas plus élevé qu’au rez-de-chaussée et qu’il pouvait toujours fermer ses fenêtres la nuit. Un autre, David Wilson, a dû retirer trois unités, malgré des travaux déjà conformes aux normes. Les services d’urbanisme ont même regretté l’absence de ventilateurs de plafond… alors que cette exigence n’était même pas prévue.
Le net zero, nouvelle religion britannique
Tout cela, bien sûr, au nom du net zero. La climatisation consomme de l’énergie, donc elle émet du CO₂. Résultat : seulement 3 % des foyers britanniques en sont équipés, contre 90 % aux États-Unis. Les Britanniques sont censés « s’adapter » avec des fenêtres ouvertes et un ventilateur, même lorsque l’air devient irrespirable, que les écoles ferment, que les trains ralentissent et que les hôpitaux fonctionnent au ralenti.
Les Tories montent au créneau
Les conservateurs crient à l’absurdité. Claire Coutinho, leur responsable énergie, a qualifié ces règles de « totalement dingues ». Selon elle, les bureaucrates des conseils municipaux obligent les citoyens à cocher des cases plutôt qu’à se rafraîchir l’été. Elle dénonce un « état d’esprit misérabiliste du net zero », qui prétend que seuls les Britanniques doivent rester coincés dans l’âge de pierre et renoncer aux commodités modernes dont tout le monde profite ailleurs.
L’hypocrisie verte : la nouvelle religion
Les mêmes autorités qui vous interdisent de vous rafraîchir correctement vous expliquent qu’il faut s’adapter au sacro-saint réchauffement climatique. Une théorie sans preuves, mais qui repose le tout aussi sacro-saint consensus scientifique. Une chaleur sans précédent ? Et pourtant, les étés caniculaires de 1717 et 1718 causèrent 700 000 morts en France. Le manque d’eau frappait alors durement les campagnes, car il n’avait pas plu depuis de nombreux mois. Aussi, le 8 mai, une longue procession de trois mille personnes se dirigea en pleine nuit vers le sanctuaire de Sainte-Roseline, aux Arcs. Le jour même les pèlerins lorguais furent exaucés par une pluie abondante. En remerciement, ils déposèrent chez la sainte un tableau en guise d’ex-voto. Le 12 mai 1868 fut également très chaud avec de nombreuses vagues de chaleur. Les récoltes étant en péril, les habitants des Arcs vinrent prier sainte Roseline qui leur accorda une pluie bienfaisante.
L’écologie punitive version britannique a trouvé son nouveau symbole : la clim arrachée en pleine alerte rouge, au mépris de toute réalité. Transpirer vertueusement chez soi, fenêtres grandes ouvertes, pour sauver la planète, arracher les climatisations, est-ce un progrès ? Si Henri VIII n’avait pas rejeté l’Église de Rome, les Britanniques auraient pu faire appel à sainte Roseline. Cela n’aurait pas été moins efficace.
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