D’entrée de jeu, l’intellectuel russe balaye les qualificatifs qui le dépeignent en fasciste, nationaliste ou conseiller de Vladimir Poutine. Il dénonce une « caricature », une « propagande politique » et une « diabolisation » systématique destinées à criminaliser toute pensée alternative à l’idéologie dominante. Selon lui, le système libéral globaliste, incapable de tolérer la contradiction, classifie immédiatement tout dissident à « l’extrême droite ». Il invite plutôt à lire son œuvre, qu’il dit accessible en de nombreuses langues, pour constater par soi-même l’absence de ces thèses.
Le plaidoyer pour un monde multipolaire des traditions
La seule accusation qu’Alexandre Douguine assume pleinement est celle d’être « l’ennemi de la philosophie libérale ». Antimondialiste, antiglobaliste, il conteste l’universalisme occidental et défend l’idée d’un monde multipolaire où chaque civilisation – russe, chinoise, islamique, indienne – aurait le droit d’affirmer son identité et ses valeurs traditionnelles, pré-modernes et sacrées. Il oppose ainsi la « religion du progrès », qu’il assimile à un satanisme démasqué par les « Lumières sombres », à la défense des spiritualités enracinées. La Russie de Poutine, affirme-t-il, incarne à ses yeux cette résistance conservatrice, portée par un peuple bien plus radical que son leader, dans un combat eschatologique pour l’avenir de l’humanité.
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