Société

Zapping Devoir de mémoire : Le florilège de la servitude volontaire – Quand une crise sanitaire révèle l’état d’autonomie d’une société

Notre confrère Xavier Azalbert de France Soir signe une magnifique analyse qui, en convoquant la lucidité d’Étienne de La Boétie, démontre comment la crise sanitaire a transformé des citoyens épris de liberté en sujets dociles abdiquant leur discernement. La servitude volontaire n’est pas une théorie du XVIe siècle mais la triste réalité de nos démocraties modernes, où la peur d’un virus au risque infime a suffi à faire plier des millions d’individus.

mise à jour le 29/06/26

Les élites n’ont pas seulement trahi leur rôle de contre-pouvoir ; elles ont participé à leur propre asservissement au mensonge collectif.

La vidéo « Zapping Coronacircus : Le meilleur du pire (des moutons dociles aux collabos zélés) » dure moins de vingt minutes. Elle n’a besoin d’aucun commentaire : elle montre, avec une efficacité glaçante, ce que des sociétés modernes ont accepté.

Files d’attente interminables sous la pluie pour un test PCR nasopharyngé obligatoire, tunnels de désinfection urbains aspergés comme dans un rituel de purification, « plages dynamiques » quadrillées au sol où des familles sont séparées par des barrières, policiers verbalisant des joggeurs solitaires sans attestation, masques portés par réflexe même en pleine nature ou seul en voiture, écoles fermées pendant des mois, commerces « non essentiels » cadenassés, applaudissements collectifs aux fenêtres pour des soignants épuisés, et surtout l’acceptation massive du passe sanitaire comme sésame pour retrouver une vie sociale. Ce florilège visuel condense, sans pathos ni voix off, les contraintes inédites en temps de paix auxquelles des populations éduquées et attachées en principe aux libertés individuelles ont consenti entre 2020 et 2022.

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Face à un virus dont les méta-analyses sérologiques ultérieures (Ioannidis 2021, Pezzullo et al. 2022) ont établi un taux de létalité par infection (IFR) médian de 0,034 % chez les 0-59 ans sans comorbidité majeure, les mesures furent universelles et souvent réclamées : confinements successifs de plusieurs semaines, attestations de déplacement limitées à un kilomètre, couvre-feux nationaux, port obligatoire du masque y compris en extérieur, fermeture des écoles et des lieux culturels, puis le passe sanitaire conditionnant l’accès aux restaurants, trains, cinémas et universités. En France, l’état d’urgence sanitaire fut prorogé à de multiples reprises, jusqu’à quinze fois, concentrant un pouvoir discrétionnaire exceptionnel entre les mains de l’exécutif.

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Ce qui frappe dans ce montage, c’est l’absence de révolte massive visible. Non pas l’absence totale de contestation – il y en eut –, mais l’adhésion collective, parfois enthousiaste, à cet asservissement quotidien. C’est précisément le phénomène qu’Étienne de La Boétie, jeune humaniste de 18 ans, analysait en 1548 dans son Discours de la servitude volontaire (aussi appelé Le Contr’un). Écrit sous la plume d’un adolescent érudit, ce texte visionnaire pose la question centrale : pourquoi tant d’hommes, de villes et de nations supportent-ils un tyran seul, qui n’a de pouvoir que celui qu’ils lui donnent ? La Boétie répond avec une lucidité fulgurante : la servitude n’est pas imposée par la force brute d’une tyrannie extérieure, mais consentie volontairement de l’intérieur. La tyrannie est visible et brutale ; la servitude volontaire est insidieuse, car elle repose sur l’habitude, la peur du vide et le conformisme. La rébellion exige un sursaut individuel ; l’acceptation, elle, se nourrit du confort de la docilité collective. Ici, la peur de mourir – cette peur viscérale, amplifiée jour après jour – a joué le rôle de catalyseur ultime : elle a fait basculer l’obéissance en une forme d’obédience non critique, une perte totale de boussole morale et intellectuelle. L’être humain, confronté à la mort possible, délègue sa pensée et son jugement plutôt que de risquer l’isolement. « Soyez résolus de ne plus servir, et vous voilà libres », écrivait La Boétie. Mais quand la peur l’emporte sur le courage, la servitude devient la nouvelle normalité.

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Dans cette histoire, la peur l’a emporté sur beaucoup d’aspects – raison, dignité, discernement. Voilà la servitude volontaire dans sa forme la plus pure : une vaccination de masse… non pas seulement contre un virus, mais peut-être, ironiquement, une piqûre de rappel pour nous faire réfléchir à nos propres chaînes intérieures. Ou, plus profondément, un retour nécessaire aux fondamentaux innés de l’être humain : la pensée non linéaire, intuitive, créative, celle qui refuse les rails tout tracés et ose questionner au lieu de suivre.

Les instances parlementaires et scientifiques, censées être les garde-fous de la démocratie et de la raison, ont présenté une opposition quasi inexistante. L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté en procédure d’urgence accélérée les lois d’exception (loi du 23 mars 2020 notamment), avec des débats réduits au minimum et des votes massifs en faveur du gouvernement. Le Conseil scientifique COVID-19, présidé par Jean-François Delfraissy, a rendu près de 90 avis presque toujours suivis, sans débats internes publics ni dissensions notables malgré des conflits d’intérêts documentés chez certains membres. Quant au Conseil d’État, il s’est souvent comporté comme une simple « boîte à enregistrement » des décisions de l’exécutif : il a refusé à de multiples reprises de suspendre le passe sanitaire (ordonnances des 6 juillet 2021, 12 septembre 2021, etc.), validant ainsi l’extension des mesures sans véritable contrôle indépendant. Cette absence de contre-pouvoir institutionnel illustre parfaitement le théorème de Gödel appliqué au système social : dans tout système axiomatique (ici le narratif officiel « santé publique = urgence absolue »), il existe toujours une construction logique pour démontrer qu’une assertion est vraie ou fausse. Même les mensonges les plus visibles ou les choses les plus absurdes – masque inutile devenu obligatoire en quelques semaines, modèles catastrophistes surestimés, revirements sur l’origine du virus – ont reçu le consentement formel des instances décisionnaires.

Lire la suite de l’article de Xavier Azalbert sur le site de France Soir.

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