Complaisance du pouvoir : « Macron emmerde des Français… « Le Lokal » s’est donné le droit d’emmerder Jean Pormanove ! »

Raphaël Graven, streamer connu sous le pseudo JP (Jean Pormanove), est mort le 18 août 2025 en direct sur Kick après 298h de diffusion. Exploité et humilié par ses co-streamers, il incarne le drame d’une société où l’humiliation est devenue spectacle et où les autorités sont restées passives.

mise à jour le 22/08/25

Les autorités n’ont rien vu venir en 12 jours de stream non-stop ? Vraiment ?

Le 18 août 2025, Raphaël Graven, plus connu sous le pseudonyme de Jean Pormanove, s’éteint en direct sur la plateforme de streaming Kick, après 298 heures de diffusion continue. Cet ancien militaire de 46 ans, suivi par des centaines de milliers d’abonnés, était devenu une figure tragique du streaming français, victime de maltraitances physiques et psychologiques orchestrées par ses co-streamers, surnommés « Naruto » et « Safine ». Ces violences, diffusées publiquement sur une plateforme au laxisme notoire, n’ont suscité aucune intervention décisive des autorités françaises, malgré des alertes répétées. Si l’hygiène de vie dégradée de Pormanove – consommation excessive de tabac et de café, épuisement – a joué un rôle dans son décès, la responsabilité première incombe à un système sociétal et politique qui, depuis le sommet de l’État, a légitimé l’humiliation et la séquestration des plus vulnérables. Les déclarations d’Emmanuel Macron en 2022, promettant d’« emmerder les non-vaccinés », ont ouvert la voie à une normalisation de la stigmatisation, de l’humiliation et des mauvais traitements dont la mort de Pormanove est un symptôme accablant.

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Une descente aux enfers en direct

L’histoire de Jean Pormanove commence bien avant ce drame. Ancien militaire, il se lance dans le streaming sur YouTube, puis sur Kick, une plateforme australienne prisée pour son absence de modération stricte. Avec sa chaîne « Le Lokal », il attire une audience jeune, fascinée par un contenu provocateur. Mais ce qui commence comme du divertissement trash bascule dans l’horreur. Dès 2024, des vidéos montrent Pormanove soumis à des humiliations répétées : coups, strangulations, insultes, privations de sommeil, ingestion forcée de substances toxiques.

Ces actes, orchestrés par Naruto, Safine et autres, sont financés par les dons des spectateurs, qui paient pour voir la violence s’intensifier. Mediapart, dans un article publié en décembre 2024, dénonce ce « business de la maltraitance en ligne », révélant que Pormanove et son acolyte Coudoux, une personne handicapée sous curatelle, sont exploités dans un climat d’emprise. (Mediapart dénonce les violences contre Pormanove, mais n’était-il pas du côté de l’État pour stigmatiser les non-vaccinés ?)

Malgré une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nice en décembre 2024 et des auditions en janvier 2025, aucune mesure concrète n’est prise. Les alertes de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et de plusieurs médias restent lettre morte. De son côté, l’ARCOM tente de justifier son inaction depuis janvier en évoquant « un manque de moyens et d’effectifs » ; l’ARCOM dispose pourtant d’un budget annuel de 50 millions d’euros et d’un effectif de 355 employés. Le 18 août 2025, après 12 jours de diffusion ininterrompue, Pormanove s’effondre dans son sommeil, probablement d’un arrêt cardiaque ou d’une défaillance liée à l’épuisement. Ses co-streamers, endormis à ses côtés, ne réagissent pas. Ce n’est qu’après sa mort que la ministre déléguée au Numérique, Clara Chappaz, saisit l’Arcom et signale les contenus sur Pharos, qualifiant la situation d’« horreur absolue ». Une indignation tardive, qui ne masque pas l’inaction des autorités face à un drame annoncé.

L’hygiène de vie : un facteur aggravant

Il est vrai que l’hygiène de vie de Jean Pormanove a contribué à sa fragilité, d’ailleurs l’autopsie a privilégié d’une mort d’origine « médicale ou toxicologique ». Selon ses propres déclarations, il fumait cigarette sur cigarette et consommait entre 20 et 40 cafés par jour. Cette consommation excessive, combinée à un manque chronique de sommeil et à une alimentation déséquilibrée, a fragilisé son organisme. Les streams-marathons, parfois financés par des spectateurs pour l’empêcher de dormir, ont accentué cet épuisement. Cependant, réduire sa mort à ces facteurs serait une simplification coupable. Pormanove était sous l’emprise de ses co-streamers, qui exploitaient sa vulnérabilité psychologique et financière – il affirmait gagner jusqu’à 6 000 euros par mois grâce à ces diffusions. Dans ce contexte, son mode de vie destructeur était moins un choix qu’une conséquence d’un environnement toxique, où il était poussé à ses limites pour le profit.

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La responsabilité du pouvoir : une légitimation de l’humiliation

La véritable racine du drame réside dans une société où l’humiliation publique est devenue une pratique tolérée, voire encouragée, par le pouvoir. En janvier 2022, Emmanuel Macron déclare dans une interview au Parisien vouloir « emmerder les non-vaccinés », les rendant responsables des maux de la société :

« Eh bien là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout, c’est ça la stratégie. Et donc, il faut leur dire : à partir du 15 janvier, vous ne pourrez plus aller au restau, vous ne pourrez plus prendre un canon, vous ne pourrez plus aller boire un café, vous ne pourrez plus aller au théâtre, vous ne pourrez plus aller au ciné. »

Ces mots, prononcés par le chef de l’État, ne sont pas anodins. Ils instaurent une rhétorique de stigmatisation, légitimant l’exclusion et la maltraitance de ceux qui ne se conforment pas. Cette logique s’est traduite par des politiques concrètes : pass sanitaire, restrictions d’accès aux lieux publics, interdictions de voyager, et même, dans certains cas, refus de soins médicaux essentiels. Les non-vaccinés, souvent parmi les plus précaires ou les plus sceptiques face à un système qu’ils percevaient comme oppressif, ont été transformés en boucs émissaires.

Cette dynamique d’humiliation institutionnalisée a eu des conséquences dramatiques pour les plus fragiles. Les maisons de retraite, devenues des « mouroirs » pendant la crise sanitaire, ont vu des résidents privés de contacts humains sous prétexte de protection sanitaire. Des témoignages ont révélé des cas de négligence et de maltraitance, exacerbés par des protocoles rigides. Plus grave encore, des patients en attente de greffes se sont vu imposer un chantage vaccinal : pas de vaccin, pas de transplantation. Certains sont morts, privés d’un droit fondamental à la santé. Même des structures caritatives, comme les Restos du Cœur, ont parfois conditionné l’aide alimentaire au pass sanitaire, excluant les plus démunis.

Cette rhétorique d’exclusion, initiée au plus haut niveau, a créé un climat où la maltraitance des plus faibles est perçue comme légitime. Les co-streamers de Pormanove, en l’humiliant publiquement, n’ont fait que reproduire, à leur échelle, une logique validée par le pouvoir : celle de la séquestration morale et physique des « indésirables ». Kick, avec son absence de modération, a offert un terrain fertile à cette violence, mais c’est l’inaction des autorités françaises, malgré les alertes, qui a permis à ce système de prospérer. L’Arcom, limitée par le vide juridique entourant les plateformes étrangères, n’a pas su agir. Le parquet de Nice, bien qu’alerté dès décembre 2024, n’a pas empêché la poursuite des streams mortifères.

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Une audience complice, une société malade

Les spectateurs de Kick, par leurs dons et leur voyeurisme, ont alimenté ce « business de la maltraitance ». Encouragés par une culture du buzz et de la transgression, ils ont transformé la souffrance de Pormanove en spectacle. Mais cette complicité ne peut être dissociée d’un contexte plus large, où l’humiliation est banalisée. Les co-streamers, bien que directement responsables des violences, ne sont pas les seuls coupables. Leur défense, qui prétend que tout était « scénarisé » et consenti, ne tient pas : Pormanove, en situation de précarité et d’emprise, n’était pas en mesure de donner un consentement libre. Coudoux, sous curatelle, était encore plus vulnérable.

Pormanove a enduré l’humiliation, comme tant de Français ont cédé à la soumission. Les non-vaccinés, stigmatisés pour leur refus, ont incarné une résistance face à la haine institutionnalisée mais non pas subit l’injection. Aux citoyens, désormais, d’apprendre à dire non pour briser le cycle d’une société qui tolère la maltraitance des plus fragiles.
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